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Washington annonce avoir lancé de nouvelles frappes contre l'Iran

Washington annonce avoir lancé de nouvelles frappes contre l'Iran

Les Etats-Unis ont lancé de nouvelles frappes contre l'Iran mercredi comme annoncé par Donald Trump, qui a menacé d'en mener de "bien pires" si Téhéran poursuit ses attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz.

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"Ceci est une réponse aux bombardements de navires menés hier par l'Iran. Si ça se reproduit, ce sera bien pire !", a lancé sur sa plateforme Truth Social le président américain, qui avait promis que l'armée américaine allait "frapper fort cette nuit".

Donald Trump avait estimé plus tôt dans la journée que le cessez-le-feu ne tenait plus, après des échanges de frappes qui fragilisent les efforts en vue d'une trêve durable. Mais il avait assuré que les nouveaux affrontements meurtriers prendraient fin "très rapidement" et laissé la porte ouverte à la poursuite des tractations diplomatiques avec Téhéran.

Les deux médiateurs, Qatar et Pakistan, ont appelé, à l'instar de l'ONU, à la désescalade.

L'armée américaine a indiqué sur X que ses nouvelles frappes visent à "affaiblir davantage (la) capacité" de Téhéran "à entraver la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", que Washington "tient pour responsable" des récentes attaques contre des navires commerciaux y transitant.

Des explosions ont été entendues dans les villes portuaires de Bandar Abbas, Konarak et Chabahar, ont indiqué les médias d'État.

Le stratégique détroit d'Ormuz reste au cœur des tensions: l'Iran revendique d'y imposer, malgré l'opposition américaine, des droits de passage et menace les navires contournant le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

"Ils ont frappé quelques navires et donc on les a frappés beaucoup plus fort", mais "nous n'avons pas l'intention de continuer sur le long terme", a déclaré Donald Trump, à l'issue d'un sommet de l'Otan à Ankara.

"Je pense que ce qui se passe va prendre fin très rapidement", a ajouté le président américain.

- "Très inquiet" -

A des tirs imputés à Téhéran contre trois navires commerciaux, les Etats-Unis ont répondu par des frappes contre plus de 80 cibles dans la nuit de mardi à mercredi en Iran, selon l'armée américaine.

Huit militaires iraniens ont été tués, à Bandar Abbas (sud) et Bouchehr (sud-ouest), au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier du pays, selon la télévision d'Etat.

En représailles, Téhéran a dit avoir frappé 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.

S'il a dit ne plus vouloir "avoir affaire" avec les dirigeants iraniens, considérant que négocier était "juste une perte de temps", Donald Trump a indiqué que ses émissaires pouvaient continuer leurs discussions.

Les propos du président, coutumier des volte-face, ont fait bondir mercredi les cours du pétrole de plus de 8%, à 80,10 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale.

Le Qatar et le Pakistan ont appelé à respecter le protocole d'accord, signé le 17 juin grâce à leur médiation, et à œuvrer à la désescalade.

"Très inquiet", le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a lui aussi appelé à la reprise des négociations.

Analyste au centre de réflexion International Crisis Group (ICG), Ali Vaez ne voit pas à ce stade "un risque élevé de retour à une guerre totale".

Les deux parties essaient de négocier "par l'usage de la force" les questions en suspens et les Iraniens n'entendent pas, selon l'analyste, renoncer au contrôle d'Ormuz, qu'ils considèrent "comme leur plus grande réussite dans cette guerre".

- "Cible légitime" -

Après avoir trouvé ce terrain d'entente, Washington et Téhéran avaient repris leurs négociations en vue d'un règlement durable du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine.

Mais la rhétorique reste martiale: l'Iran a mis en garde les Etats-Unis contre une "violation" du protocole d'accord, prévenant qu'il "prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité".

"Tout soutien apporté à l'armée américaine" pour des attaques contre l'Iran "sera une cible légitime", a prévenu Téhéran, qui accuse régulièrement ses voisins du Golfe d'autoriser des frappes depuis leurs territoires.

Le Koweït et Oman ont dénoncé les frappes de leur voisin.

Ce regain de violence intervient pendant les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre et dont la dépouille a fait une halte en Irak, avant son inhumation prévue jeudi dans sa ville natale de Machhad, en Iran.

burx-cgo-es/tq/eml

L.Maurer--VB