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A la Fed, un compte-rendu de réunion très attendu pour prendre le pouls des débats sous Warsh
Qu'ont dit les membres de la banque centrale des Etats-Unis (Fed) lors du premier huis clos présidé par leur nouveau patron, Kevin Warsh? Les investisseurs en auront une idée mercredi avec la publication d'un compte-rendu plus attendu que d'ordinaire.
A l'issue de la réunion les 16 et 17 juin derniers, qui a abouti à un quatrième statu quo d'affilée sur les taux d'intérêt, M. Warsh avait rapporté que les responsables avaient eu "une bonne dispute de famille".
C'est ce qu'il avait auparavant dit vouloir: des débats animés, pas conventionnels ni corsetés.
Le hic, pour les investisseurs, c'est qu'il a donné très peu d'indices sur leur teneur et leur implication sur l'orientation de la politique monétaire de la première économie mondiale.
C'est pourquoi une attention inhabituelle se porte mercredi sur le compte-rendu, appelé "minutes", traditionnellement publié trois semaines après la dernière réunion, à 18H00 GMT.
"Comme il s'agira des premières +minutes+ publiées sous l'égide du nouveau président, les investisseurs sont pressés de savoir à quel point elles pourraient lever le voile" sur ce qui pourrait se passer par la suite, a souligné auprès de l'AFP Sam Stovall, analyste chez CFRA.
Le compte-rendu retrace deux jours de discussions mais sans rapporter de propos directs entre guillemets ni désigner ceux ou celles qui les ont émis.
Les formulations sont générales, du type "plusieurs participants ont estimé que" ou encore "quelques-uns ont suggéré que"...
Douze personnes en tout votent sur les taux d'intérêt, 19 donnent leur avis au cours de la réunion.
- Flou volontaire -
La Fed est chargée de fixer ses taux d'intérêt - qui guident les coûts d'emprunt - de manière à ce qu'un maximum d'Américains puissent avoir un travail dans un environnement peu inflationniste.
Kevin Warsh a été désigné par le président américain Donald Trump, qui ne cache pas attendre de lui des taux plus bas, ce qui lui a valu d'être décrit par l'opposition en "pantin" du chef de l'Etat.
Les conditions économiques ont vite mué entre sa nomination en début d'année et sa prise de fonction en mai: la guerre avec l'Iran, déclenchée par les Etats-Unis aux côtés d'Israël, a fait bondir l'inflation. A l'inverse, le marché du travail est apparu plus robuste qu'en 2025.
Nombre de responsables monétaires américains ont érigé comme priorité la lutte contre l'inflation, excluant toute détente des taux.
Kevin Warsh a posé pour principe de laisser les marchés dans le flou concernant les prochaines étapes, dans le but de ne pas se sentir lié en cas de changement du contexte économique.
Les investisseurs restent toutefois sur leur faim et soupèsent chacun de ses propos.
Sa première participation à un forum de banquiers centraux, la semaine dernière, a ainsi donné lieu à des interprétations contrastées.
D'un côté, Kevin Warsh a été perçu comme un "faucon", c'est-à-dire focalisé sur l'inflation, en affirmant de but en blanc que les prix étaient "trop élevés".
Il s'est aussi adressé indirectement à ceux qui émettaient des doutes quant à sa crédibilité en raison de sa nomination par Donald Trump: il a affirmé qu'ils "seraient déçus" s'ils pensaient que la Fed tolérerait une inflation au-dessus de 2%.
En parallèle, le chef de la Fed a mis en avant le fait que la situation semblait s'améliorer en raison de la détente au Moyen-Orient - des propos tenus avant que les hostilités ne reprennent mardi soir.
H.Weber--VB