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Mondial-2026: le choix de Bouaddi, sans regret pour les Bleus ?
International français dans toutes les catégories d'âge, capitaine des Espoirs il y a moins de quatre mois, Ayyoub Bouaddi sera pourtant jeudi dans le camp d'en face, celui du Maroc, avec qui il brille depuis le début du Mondial-2026. Au point de donner quelques regrets à l'équipe de France ?
Le 30 mars dernier, Bouaddi était titulaire avec les Bleuets de Gérald Baticle, vainqueurs de l'Islande à Auxerre en match de qualifications pour l'Euro. Quatre jours plus tôt, au Luxembourg, il portait même le brassard de capitaine.
Mais jeudi à Foxborough, quand Français et Marocains entreront sur la pelouse pour disputer leur quart de finale de Coupe du Monde, le jeune milieu de terrain portera le maillot rouge des Lions de l'Atlas et viendra s'aligner aux côtés d'Achraf Hakimi, Brahim Diaz ou Neil El-Aynaoui.
Titulaire lors de quatre des cinq premiers matches disputés par les Marocains au Mondial, le très précoce Bouaddi (18 ans) est désormais une pièce maîtresse de la sélection, comme il l'est à Lille depuis deux saisons. Lors du premier match de son équipe, contre le Brésil (1-1), il avait même livré une prestation éblouissante, pleine de qualité, de maturité et de personnalité.
Bouaddi "ne m'a pas impressionné, parce qu'on savait très bien quel joueur c'était", avait alors assuré le sélectionneur Mohamed Ouahbi. "C'est pour ça qu'on a eu beaucoup de rencontres pour qu'il choisisse le Maroc", avait-il ajouté.
- L'effet Mondial -
Depuis plusieurs années, la fédération marocaine est en effet très active auprès des binationaux, via un efficace réseau de recruteurs dans toute l'Europe. Les investissements du royaume dans les infrastructures et l'encadrement, ainsi que les excellents résultats sportifs des différentes sélections sont ensuite un argument supplémentaire.
"Nous avons un modèle hybride et intelligent: certains joueurs sont issus de la formation locale, via les académies nationales et les centres de formation des clubs, tandis que d'autres ont été détectés en Europe, grâce à une cellule dédiée qui suit les jeunes talents binationaux", a expliqué le directeur technique de la Fédération marocaine, Fathi Jamal.
Dans le cas de Bouaddi, né en 2007 à Senlis dans une famille marocaine et qui a grandi à Creil, à une heure au nord de Paris, la possibilité de jouer le Mondial dès cette année, et d'y être ambitieux, a également été déterminante.
"Il a suivi tout notre parcours de sélections, il a été avec les Espoirs pendant un an et demi. Il savait qu'il était sur une liste élargie. Mais nous ne pouvions pas lui offrir l'opportunité d'aller immédiatement à la Coupe du Monde", a ainsi reconnu le DTN Hubert Fournier, interrogé au début du mois de juillet par The Athletic.
"On sait que dans sa classe d'âge, il n'y a pas d'autre Bouaddi. C'est une perte importante pour notre fédération. Mais c'est son choix", avait ajouté le DTN, pointant la "forte concurrence" en équipe de France.
- "Fierté et reconnaissance" -
"On est fournis dans ce secteur et Didier ne veut bloquer personne", a d'ailleurs encore rappelé en début de semaine Guy Stéphan, l'adjoint de Didier Deschamps. "Tchouaméni, Rabiot, Kanté, Zaïre-Emery, Koné... Si je vous demande lequel il faut enlever, pas sûr que vous aurez tous la même réponse..."
Au mois de mars, alors que Bouaddi n'avait pas encore tranché entre France et Maroc, Deschamps avait expliqué son point de vue. "Il a cette liberté de pouvoir choisir. Je ne suis pas là pour lui enlever. (...) Quand j'appelle un joueur, quel qu'il soit, c'est parce que je pense que c'est le moment où il peut être utile aux Bleus", avait expliqué le sélectionneur.
Quelques semaines après, Bouaddi, jeune homme brillant, bachelier à 16 ans avec mention très bien, actuellement inscrit en licence de mathématiques, avait parfaitement résumé la situation sur les réseaux sociaux: "Mon choix n'enlève en rien la fierté et la reconnaissance d’avoir pu porter ce maillot (bleu, NDLR) en jeunes. Je suis et resterai toujours fier de ma double culture, de mon parcours et de mes racines", avait-il écrit.
T.Egger--VB