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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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L'Argentine vote pour un président qui la sortira de la crise
Éreintés par le surendettement et l'inflation, les Argentins votent dimanche au premier tour de l'élection présidentielle, ballottés entre la tentation d'opter pour un candidat "antisystème" et la certitude de lendemains difficiles.
Rarement depuis le retour de la démocratie il y a 40 ans, un scrutin aura été aussi incertain et stressant pour l'Argentine, où l'inflation atteint des niveaux parmi les plus élevés au monde (138%).
Javier Milei, économiste ultralibéral de 53 ans, qui se dit "anarcho-capitaliste" et promet de "tronçonner" l'Etat, admire Donald Trump et nie toute responsabilité de l'homme dans le changement climatique, a renversé la table en deux ans à peine en politique, au point de se trouver en tête des intentions de vote au premier tour.
"Qu'ils s'en aillent tous, qu'il n'en reste plus un !", a encore crié M. Milei, le visage de la "bronca" (colère), en meeting de clôture cette semaine, fidèle au fil rouge "dégagiste" de sa campagne contre la "caste politique parasite" dont les représentants, tantôt péronistes (centre-gauche) tantôt libéraux, alternent au pouvoir depuis vingt ans, dit-il.
Dans ce "scénario à trois", comme l'ont baptisé les sondeurs, M. Milei recueille environ 35% des intentions de vote, devant Sergio Massa (autour de 30%), ministre de l’Économie actuel et candidat du bloc gouvernemental de centre-gauche, et Patricia Bullrich (26%) de l'alliance d'opposition (centre-droit), une ex-ministre de la Sécurité sous le président libéral Maurico Macri (2015-2019).
Derrière eux, deux candidats mineurs, Myriam Bregman (gauche radicale) et Juan Schiaretti (coalition centriste), ne dépassent pas 4%.
- Austérité, ou ajustements ? -
Les Argentins ont appris à vivre avec l'incertitude du lendemain : 12,4% d'inflation en août, 12,7% en septembre - plus fort indice mensuel en 32 ans - et des étiquettes qui valsent d'une semaine sur l'autre. Et une guérilla quotidienne pour déjouer les prix: achats en début de mois, jonglage entre divers crédits...
"On a besoin d'un changement. Ce pays est un désastre, vraiment, entre la pauvreté, l'inflation, les gens ne vont pas bien", se désolait Gabriela Paperini, 57, ans, dimanche à l'ouverture d'un bureau de vote dans le quartier Palermo. Elle s'apprêtait a voter en faveur de Bullrich - mais sa fille, elle, a choisi Milei - et disait ressentir "tellement" d'incertitude sur l'issue du vote.
Là se joue sans doute le scrutin, quelque part entre colère, inquiétude et scepticisme.
Envers Mme Bullrich, qui promet "le gouvernement le plus austère de l'histoire de l'Argentine", et un audit sévère du millefeuilles social, dans un pays à 40% de pauvres, 10% de plus qu'il y a huit ans.
Envers M. Massa aussi, qui assure que "le pire de la crise" est passé grâce à un prochain boom exportateur, mais ne pourra éviter un tour de vis à une économie pathologiquement sur-subventionnée, sous l'oeil du FMI auquel l'Argentine peine à rembourser un prêt colossal de 44 milliards de dollars.
Ou encore envers M. Milei, au projet de "dollarisation", soit le remplacement de la monnaie nationale par la devise américaine, décrié dans un manifeste par 170 économistes de divers bords comme un "mirage" au périlleux coût social et inflationniste.
- Le "baromètre d'angoisse" -
"L'arrivée de Milei a engendré un terrible sens d'inconnu (...) Il y a une volonté de changement, mais même s'il est populaire, la perspective d'un virage drastique met les gens sur les nerfs", analyse Benjamin Gedan, économiste spécialiste de l'Argentine au think tank Wilson Center.
"Milei pour moi, ce serait comme confier un revolver à un singe !", s'inquiète Irene Landa, retraitée de 70 ans. Pour qui dans l'incertitude actuelle, "le plus sûr, pour se couvrir, c'est d'acheter des dollars. C'est ce que j'ai fait toute ma vie".
La devise nationale, le peso, a dégringolé en deux ans de 99 à 365 pesos pour un dollar au taux officiel - et près de 1.000 pesos au taux parallèle de la rue, véritable "baromètre de l'angoisse" des Argentins, selon M. Gedan.
Au lendemain de la primaire d'août, sorte de "répétition" de la présidentielle qui avait vu la percée de M. Milei (30%), le peso, sous pression, avait été dévalué de 20%.
Pour être élu au premier tour, un candidat doit obtenir au moins 45% des voix, ou 40% des suffrages mais avec 10% d'avance sur le deuxième. Dans le cas contraire, un deuxième tour aura lieu le 19 novembre.
Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (11H00 GMT) pour quelque 35,8 millions d'électeurs lors d'un scrutin qui doit renouveler aussi dimanche la moitié des députés, et un tiers du Sénat.
Les premiers résultats sont attendus vers 22H00 locales (01H00 GMT).
H.Weber--VB