-
Merz "regrette profondément" que la France n'ait pas voté pour l'accord UE-Mercosur
-
Allemagne: baisse des recettes fiscales liée à la "guerre irresponsable" de Trump (ministre)
-
PAC: Bruxelles "prend note" de possibles versements en faveur de la famille royale émiratie
-
"Arracher, implanter, facturer!": sept années de prison requises contre un dentiste jugé pour des mutilations
-
Wall Street sans direction claire, guette une avancée diplomatique sur le Moyen-Orient
-
Incidents à Paris après Bayern-PSG: une centaine de gardes à vue
-
Libération: Sonia Delesalle-Stolper nommée directrice de la rédaction
-
A Rennes, la Vilaine désormais à ciel ouvert afin de servir d'"îlot de fraîcheur"
-
DeepL supprime un quart de ses effectifs pour accélérer dans l'IA
-
Prime Video prévoit de doubler son versement pour la création française
-
Allemagne: un touriste indemnisé pour un manque de transats à la piscine
-
La LGV Bordeaux-Toulouse "irréversible", assure Lecornu, les élus locaux satisfaits mais vigilants
-
La Banque de Norvège relève son taux, citant la guerre au Moyen-Orient
-
Allemagne: plus d'un quart des immatriculations 100% électriques en avril
-
Le gouvernement présente une feuille de route pour les eaux littorales
-
Hantavirus: trois rapatriements en Europe, la bateau en route pour les Canaries
-
Bonnie Tyler en convalescence après une opération "d'urgence" au Portugal
-
Ligue des champions: le PSG et sa nouvelle force de l'habitude
-
Rubio en émissaire au Vatican pour apaiser les tensions avec le pape
-
Les taxis G7 veulent se développer en province, à commencer par Bordeaux
-
Bayern-PSG: 127 interpellations dans l'agglomération parisienne, des blessés dont un grave
-
AirAsia commande 150 Airbus A220-300 pour 19 milliards de dollars
-
La Bourse de Paris en petite hausse, dans l'attente d'un accord Iran/Etats-Unis
-
Jeux d'argent, hypersexualité: l'agence du médicament alerte sur les risques des traitements contre Parkinson
-
La Banque de Norvège première en Europe à relever son taux depuis la guerre au Moyen-Orient
-
Trafic de médicaments: près de 270 arrestations dans 90 pays, annonce Interpol
-
Crédit Agricole descend dans l'arène de la banque gratuite
-
Le Premier ministre des Îles Salomon destitué par les parlementaires
-
79e Festival de Cannes: les 22 films en compétition
-
Cannes 2026: Eye Haïdara, maîtresse de cérémonie toute en "sincérité"
-
MSF dénonce une "crise de malnutrition artificielle" entretenue par Israël à Gaza
-
79e festival de Cannes: ce qu'il ne faudra pas rater
-
La Corée du Sud en pleine traque à la désinformation par IA avant des élections
-
Salvador, le procès collectif entre "exhumation de la vérité" et opération "médiatique"
-
De pêcheurs à jardiniers des mers: la restauration des coraux en Colombie
-
Dans les coulisses de la course au dépistage de l'hantavirus sur le bateau de croisière
-
Le méga-projet du corridor de Lobito doit encore tenir ses promesses
-
Ligue Conférence: pour voir sa première finale, Strasbourg doit mater le Rayo
-
Play-offs NBA: les Spurs de Wembanyama se rattrapent et corrigent Minnesota
-
Indonésie: le sapu-sapu, un poisson invasif qui prospère malgré la pollution
-
L'Australie va réserver 20% de sa production de gaz à la consommation intérieure
-
Elections locales au Royaume-Uni, le Labour de Keir Starmer menacé d'un vote sanction
-
Rubio en émissaire pour apaiser les tensions avec le pape
-
L'affaire Dany Leprince, condamné pour quadruple meurtre en 1994, revient devant la Cour de révision
-
Œuvres pillées durant la colonisation: après des années d'attente, ultime étape au Parlement français
-
Lula à Washington pour rencontrer Trump, entre dossiers sensibles et enjeu électoral
-
Foot: nouveau record de longévité pour l'inusable gardien brésilien Fabio
-
Ligue des champions: "On doit profiter de ce moment", estime Luis Enrique
-
Le tournage du film sur Johnny Hallyday débute le 1er juin avec Benjamin Voisin
-
Ligue des champions: Paris est magique et encore en finale
Viols de Mazan: Dominique Pelicot, un "criminel sexuel" qui a brisé toute une famille
Au-delà de Gisèle Pelicot, violée pendant dix ans par des dizaines d'inconnus recrutés sur internet par son mari, c'est toute une famille qui a été brisée, a estimé sa fille, le qualifiant d'"un des plus grands criminels sexuels des 20 dernières années".
"Comment on fait pour se reconstruire", a demandé Caroline Darian, 45 ans, fille du principal accusé, qui se présente désormais publiquement sous le nom de plume avec lequel elle a publié un livre ("Et j'ai cessé de t'appeler papa"), afin de protéger son couple et son enfant.
Entendue par la cour criminelle de Vaucluse, où sont jugés depuis lundi et pour quatre mois son père et 50 autres hommes, âgés de 26 à 74 ans, elle est revenue sur ce jour où elle a tout découvert.
"Ce 2 novembre 2020, à 20h35, ma vie a littéralement basculé", a-t-elle expliqué, racontant ce moment où sa mère, après avoir elle aussi tout appris des policiers de Carpentras (Vaucluse), l'a appelée pour l'informer.
"Ma maman me dit, +J'ai passé une bonne partie de la journée au commissariat, ton père me droguait pour me violer avec des inconnus+", déroule-t-elle. "J'appelle mes frères, on est démunis, on pleure, on ne comprend pas".
Le lendemain, les trois enfants se retrouvent à Carpentras, devant les policiers.
"Je reverrai toujours David, blanc, stoïque, et mon petit frère, Florian, s'affaisser", décrit-elle, à propos de ce moment où un policier estime "entre 30 et 50" le nombre d'agresseurs de sa mère.
- "La fin de l'innocence" -
Au terme de l'enquête, 72 hommes ont finalement été recensés comme ayant abusé de Mme Pelicot, entre juillet 2011 et octobre 2020, dont 50 seulement ont été identifiés et sont jugés à Avignon.
Ce même 3 novembre 2020, les policiers lui montrent deux photos d'une femme nue, apparemment endormie: "On voit ses fesses en gros plan, cette femme dort en position foetale, je ne la reconnais pas", explique Caroline Darian.
"Mais madame, c'est bien vous qui avez une tache sur la joue droite", lui fait remarquer l'enquêteur.
"Je découvre que mon père m'a photographiée, à mon insu, dénudée. Pourquoi?", s'interroge sa fille, persuadée désormais que son père l'avait également droguée, comme il l'avait fait avec sa mère, qu'il assommait d'anxiolytiques. Des photos que son père avait également diffusées sur internet.
Et Caroline n'est pas la seule, avec sa mère, à avoir été victime de Dominique Pelicot, 71 ans aujourd'hui, resté toute la matinée tassé sur lui-même dans un angle du box des accusés détenus.
Céline, 48 ans, épouse de David Pelicot, et Aurore P., 37 ans, ex-épouse de Florian Pelicot, ont elles aussi été photographiées, nues, toujours à leur insu, par leur beau-père. Elles avaient pourtant le sentiment d'avoir intégré la "famille idéale", "démonstrative" et "aimante", avec un beau-père "serviable" malgré ses quelques accès de colère.
"Des photos de moi enceinte de nos jumelles, nue, (...) zoomées sur mes parties intimes", datant de 2011, a précisé Céline devant la cour. Et d'autres, de 2019.
Ces images elles aussi ont été diffusées sur internet. "Mais à qui et où sont-elles maintenant, dans 5 ans, dans 10 ans ?", s'interroge la mère de famille, selon qui "tous les petits-enfants de la famille (NDLR: six au total) ont perdu leur innocence".
- "J'avais une telle rage" -
Céline Pelicot rappelle ainsi ce jour où ses enfants avaient trouvé leur grand-mère inanimée, vers 11h00 du matin: "Ils ont essayé de la secouer, elle ne réagissait pas, elle a émergé vers 17h00". La nuit précédente, "nos enfants auraient pu entendre des choses, étaient donc présents", pendant que leur grand-mère se faisait sans doute violer, en déduit-elle.
Pour Aurore, elle même victime d'abus dans son enfance, cette affaire aussi a fait des dégâts. Les enquêteurs lui montrent des photos d'elle, nue dans une salle de bain, ou à la piscine. Parmi elles, "une photo du sexe de mon beau-père sur mon maillot de bain, un montage avec +Ma salope de belle-fille+" comme légende.
"Le sentiment que j'ai eu, c'était une telle colère de voir avec quel manque de respect on peut traiter un être humain, j'avais une telle rage", dit-elle, évoquant sa culpabilité de n'avoir rien perçu, sans doute parce que c'était simplement "inconcevable".
Par l'intermédiaire de ses avocats, Gisèle Pelicot, qui avait livré jeudi un témoignage bouleversant, a demandé vendredi l'arrêt des cagnottes de soutien ouvertes pour elle, dont celle lancée par l'ex-star de la téléréalité Nabila, désormais fermée après avoir approché les 40.000 euros.
Elle a aussi souhaité "la plus grande modération sur les réseaux sociaux", où circulent les noms de tous les accusés.
G.Haefliger--VB