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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Les bâtisseurs turcs de Kinshasa, "encore plus rapides que les Chinois"
Les Kinois n'en reviennent pas, de la vitesse à laquelle une entreprise turque a construit un imposant complexe financier au cœur de la capitale de la République démocratique du Congo, plus habituée aux grands travaux chinois qu'à ces nouveaux bâtisseurs du continent africain.
"Ça a changé brutalement", constate en riant un vendeur de rue, contraint depuis un peu plus d'un an de déplacer sa marchandise au rythme des changements de périmètre du chantier. "Ils travaillent jour et nuit, encore plus vite que les Chinois", ajoute, un brin admiratif, un agent de sécurité.
En février 2022, le président turc Recep Tayyip Erdogan venait en visite officielle en RDC, son énième déplacement en Afrique.
Sous sa direction, Ankara s'est beaucoup investi sur le continent ces deux dernières décennies, pour développer des liens diplomatiques mais aussi économiques. Des entreprises turques ont par exemple construit une mosquée au Ghana, des stades au Rwanda ou au Sénégal, des aéroports dans plusieurs pays.
A Kinshasa, il avait conclu des accords de coopération concernant notamment la sécurité, la défense et la construction d'infrastructures, parmi lesquelles le "Centre des Finances" dont les travaux étaient rapidement lancés, dans une concession située près de l'école turque, dans la commune des affaires de la Gombe.
Il y avait à cet endroit, entre le palais de justice et le ministère des Affaires étrangères, un rond-point pompeusement appelé Place de l'Indépendance, orné d'une sorte de plateforme en ciment défraîchi portée par des escaliers ne menant vers aucun monument.
Des visiteurs s'y promenaient parfois, entre les alignements de plantes en petits sacs qu'achètent les occupants des villas avec jardin construites dans le quartier du temps des colons belges.
Puis les palissades et bungalows de chantier sont apparus, vite dominés par une demi-douzaine de tours de béton peu à peu recouvertes de panneaux de verre.
Deux d'entre elles, d'une vingtaine d'étages, vont accueillir les ministères des Finances et du Budget. Le complexe, qui comprend neuf bâtiments au total, abritera aussi un centre de congrès, des bureaux, un grand hôtel...
- Téléphérique -
Le maître d'œuvre est l'entreprise Milvest, filiale de la holding turque Miller.
Selon son PDG Turhan Mildon, qui donnait mi-septembre un point de presse sur le site, ce chantier aura employé quelque 3.000 personnes - 1.800 Congolais et 1.200 Turcs.
Le coût des travaux est chiffré à 290 millions de dollars, pré-financés par la compagnie, qui investit aussi 60 millions de dollars dans l'hôtel dont elle assurera la gestion pendant 49 ans.
Le centre des finances doit être inauguré le 2 décembre. Avant les élections prévues le 20 du même mois, auxquelles l'actuel président Félix Tshisekedi est candidat à un second mandat.
Avec ses échafaudages poussiéreux, le chantier tout proche de la nouvelle ambassade de Chine semblerait presque piétiner, et les ouvriers chinois n'ont plus auprès des Congolais l'attrait de la nouveauté.
Très présents dans le pays depuis l'époque de Mobutu Sese Seko (1965-97), ils ont construit le "palais du peuple", siège du Parlement, ou encore le stade des Martyrs, immense enceinte de 80.000 places.
Sous Joseph Kabila (2001-2019), aux termes d'un méga-contrat "mines contre infrastructures", ils ont refait et agrandi de grandes avenues, dont le boulevard du 30 Juin aux allures d'autoroute en pleine ville. Sous Félix Tshisekedi, ils continuent à construire, entre autres un gigantesque complexe culturel en cours d'achèvement.
Mais face à eux, la Turquie avance ses pions. En plus du centre financier, la société Milvest est sur les rangs pour la rénovation et l'extension de l'aéroport de Kinshasa, un projet initialement attribué à une entreprise chinoise mais non abouti.
Il est aussi prévu la construction d'un téléphérique urbain dans un secteur excentré, vallonné et embouteillé de Kinshasa, pour lequel Milvest est en contrat avec la société française Poma, spécialiste du transport par câbles.
Ce projet, encore dans sa phase administrative, intrigue particulièrement les habitants de Kinshasa, une ville chaotique de 15 millions d'âmes où l'électricité et l'eau courante sont des denrées rares dans certains quartiers.
J.Marty--VB