-
Bracelets thermiques, horaires adaptés: le "modèle espagnol" pour travailler lors de chaleurs extrêmes
-
La canicule s'étend, le vent attise les incendies
-
Le calvaire des livreurs à vélo dans la fournaise bordelaise
-
La sixième étape du Tour: première vraie bagarre en montagne
-
Canicule: Uber Eats et Deliveroo suspendront les livraisons dans les départements en vigilance rouge
-
Rémunération de la presse : le gendarme français de la concurrence porte un coup de semonce à Meta
-
Mondial-2026: démission de Zlatko Dalic, sélectionneur des années fastes de la Croatie
-
Pour accompagner les mourants, l'émergence de "thanadoulas", entre "réel besoin" et méfiance
-
Netflix s'entend avec des médias pour proposer leurs courtes vidéos sur sa plateforme
-
Rémunération de la presse: le gendarme de la concurrence porte un coup de semonce à Meta
-
Pour Thomas Pesquet, le spatial ne doit pas être "une tour de verre"
-
Soupçons d'entrave à la concurrence: Sanofi propose des mesures correctives à l'UE
-
Cinquante ans après l'éruption de 1976, la Soufrière de Guadeloupe sous étroite surveillance
-
La fièvre monte dans le coeur de l'Espagne rurale avant l'éclipse solaire totale du 12 août
-
Procès ordonné contre Booba, accusé d'avoir cyberharcelé l'agente d'influenceurs Magali Berdah
-
La Chine met en garde contre une faille de sécurité dans l'outil de programmation d'IA d'Anthropic
-
Plateformes étrangères: Que Choisir Ensemble alerte sur les dangers de certaines crèmes solaires
-
Victoire de Vincent Bolloré devant la cour d'appel sur la scission de Vivendi
-
UniCredit a sécurisé 17,6% des actions de Commerzbank
-
Cambodge: le retour du tigre pas toujours vu d'un bon œil
-
Inondations en Chine : les secours en quête de sinistrés, un super-typhon menace
-
La canicule s'étend, journée à haut risque pour les incendies
-
Otan: au sommet d'Ankara, Trump se défoule contre les alliés européens
-
OpenAI va rendre public son nouveau modèle d'IA, GPT-5.6
-
Meta porte "une atteinte grave" à la presse en ne payant pas les droits voisins, estime l'Autorité de la concurrence
-
Après la reprise des hostilités, Trump déclare le cessez-le-feu avec l'Iran "terminé"
-
Le Pen, condamnée mais candidate, lance sa campagne sous le feu des critiques
-
Apple perd des recours contre l'application d'une loi emblématique de l'UE
-
Venezuela: le petit immeuble de La Guaira qui a survécu aux séismes
-
Le chef de l'Otan tente de rassurer les alliés secoués par les attaques de Trump
-
Entre océan et désert, le paradis menacé des Imraguen mauritaniens
-
Dernier hommage en Irak à Ali Khamenei, sur fond de frappes entre Washington et Téhéran
-
Les Etats-Unis lancent des frappes massives contre l'Iran, qui riposte dans deux pays du Golfe
-
En Irak, dernière étape des funérailles de Khamenei avant l'inhumation
-
Santé périnatale: alerte sur des "défis persistants", malgré certains progrès
-
Choyé par les alliés, Trump entre en scène au sommet de l'Otan
-
Allemagne: verdict pour un médecin de soins palliatifs accusé d'avoir tué 15 patients
-
Mondial-2026: Messi renverse tout et momifie l'Egypte, Argentine-Suisse en quart
-
Mondial-2026: la Suisse sort la Colombie au bout du suspense et renoue avec les quarts
-
Nouvelle décision de la Cour d'appel sur le rôle de Bolloré dans la scission de Vivendi
-
Gucci et L'Oréal concluent un accord de licence beauté de 50 ans
-
Wimbledon: au bout du suspense, Djokovic s'offre une affiche contre Sinner
-
Wall Street dans le rouge, turbulences sur les semi-conducteurs
-
Cuba: rétablissement progressif du réseau électrique
-
Mondial: encore miraculée, l'Argentine de Messi foudroie l'Egypte
-
Le CIO réintègre les Russes, sans leur rendre hymne et drapeau
-
Tour de France: torpeur partout, fraîcheur nulle part
-
Sans Nice, une carte olympique et paralympique plus compacte pour 2030
-
Le freeride et le patinage synchronisé seront aux JO-2030, pas le combiné nordique
-
La Bourse de Paris finit emportée par les doutes sur les semi-conducteurs
"Ici, c'est le Guyana", clame-t-on dans l'Essequibo revendiqué par le Venezuela
Au sommet du Tepuy Pakaramba flotte le drapeau du Guyana. A son pied, dans le petit village d'Arau, les habitants se disent Guyaniens, malgré les revendications du Venezuela voisin sur ce territoire, l'Essequibo, riche en pétrole.
"Sur cette montagne, il y a notre drapeau. Chaque matin, nous le regardons et nous nous sentons heureux et fiers", affirme Jacklyn Peters, une infirmière de 39 ans du village de 280 âmes situé à moins de dix kilomètres de la frontière avec le Venezuela.
"C'est le président lui-même qui l'a planté pour montrer que nous appartenons tous au Guyana", explique cette mère de six enfants tous nés comme elle à Arau.
Le président guyanien Irfaan Ali est venu en hélicoptère fin novembre pour assister à l'installation du drapeau au sommet du Tepuy Pakaramba, qui culmine à 2.300 mètres.
Dans le village, une église adventiste blanche austère, sans sculpture ni peintures, et une école avec un drapeau guyanien à mi-mât en signe deuil pour les cinq soldats morts début décembre, non loin de là, dans un accident d'hélicoptère.
Des maisons en bois sur pilotis, des arbres à cajou et des hamacs un peu partout. Ici, un père y dort avec sa fille. Là, quatre enfants jouent sur des téléphones portables.
"Ici, c'est le Guyana", insiste l'infirmière. "Nous avons peur, nous sommes terrifiés. Les soldats (vénézuéliens) nous maltraitent en nous empêchant de circuler sur la rivière" Cayuni, qui marque la frontière.
"Nous ne voulons pas la guerre. Il y a des enfants, des femmes enceintes", poursuit-elle.
"Ici, c'est la terre des Akawaio. Ca l'était avant l'arrivée des Espagnols. Depuis des temps immémoriaux. Pour nous, il n'y a pas de frontière mais maintenant avec la politique, il y en a une", raconte Thomas Devroy, 59 ans, un ancien chef du village.
- Bons voisins -
"L'Essequibo appartient au Guyana", assure-t-il. "Nous ne voulons pas de guerre. Nous pouvons vivre en bons voisins. Mais, nous sommes fermes. L'Essequibo nous appartient".
"Nous accueillons des Vénézuéliens. Nous sommes frères des deux côtés de la frontière. Nous sommes tristes pour eux. Ils fuient leur pays. Mais nous ne voulons pas de Maduro (le président vénézuélien, ndlr), de la corruption, de la pauvreté. Comment peut-il prétendre gouverner ici?" s'offusque-t-il.
Quelque sept millions de Vénézuéliens ont fui la crise économique et politique que traverse leur pays.
Des milliers d'entre eux ont traversé la frontière avec le Guyana. Beaucoup travaillent dans les mines d'or artisanales de la région.
Pourtant, à Arau, on ne roule pas précisément sur l'or. Les familles vivent de l'orpaillage et d'agriculture de "survie", explique Lindon Cheong, 53 ans, en faisait visiter la maison qu'il a "construite de ses propres mains".
De descendance chinoise lointaine, ce père de cinq enfants allait de mine en mine jusqu'à son arrivée à Arau, il y a 17 ans.
Sa petite maison compte trois pièces. Dans la chambre à coucher, un miroir couronné du portrait de "mon" président Irfaan Ali. Appuyé contre un mur, un détecteur de métaux.
L'Essequibo est revendiqué depuis des décennies par le Venezuela. La tension est montée avec la découverte d'importantes réserves de pétrole. Quelque 125.000 personnes, soit un cinquième de la population du Guyana, vivent dans ce territoire qui couvre les deux tiers de la superficie du pays.
- Les prix ont explosé -
Mais, à Arau, situé à des centaines de kilomètres de la capitale Georgetown ou des gisements offshore, on "attend toujours" de voir la couleur de l'argent de l'or noir.
"Regardez comment on vit. Il n'y a pas de routes. A l'école, à la cantine, la première semaine du mois, il y a un peu de viande. Mais, après c'est riz blanc!" s'insurge Lindon Cheong, estimant que le pouvoir délaisse l'Essequibo au profit des régions de l'Est. "Où va l'argent?"
L'orpailleur dit avoir du mal à joindre les deux bouts. "L'or devient rare. Il parait qu'il y en a en profondeur mais nous sommes des mineurs de surface", dit-il.
Depuis septembre, les militaires vénézuéliens prélèvent en outre une dime sur les bateaux qui approvisionnent le village par le Cayuni.
Et les prix ont explosé. Un petit avion amène du fret quatre ou cinq fois par semaine. Mais une bouteille de Coca-Cola coute 10 dollars américains.
L'essence est passée, elle, de 10 dollars les cinq gallons (19 litres environ) à 350 dollars. Conséquence, les heures de courant produites par un générateur ont été réduites.
"On lutte pour vivre", lance Lindon Cheong qui a installé une bannière guyanienne dans son jardin. Le président Nicolas "Maduro peut faire ce qu'il veut. Mais, ici, c'est le drapeau guyanien. Celui du Venezuela ne flottera jamais à Arau".
M.Vogt--VB