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Choyé par les alliés, Trump entre en scène au sommet de l'Otan
Accueilli mardi en grande pompe à Ankara, cajolé par le chef de l'Otan qui s'emploie à le convaincre du réveil des alliés européens en matière de défense, Donald Trump entre en scène mercredi à Ankara au dernier jour d'un sommet de l'Alliance sous tension.
Quelle sera la tonalité? Conciliante comme en 2025 à La Haye où il avait célébré un "succès monumental" après l'engagement des pays à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut à leur sécurité? Grinçante, voire franchement menaçante, comme au cours des derniers mois où il a fustigé l'absence de soutien des Européens dans son opération militaire contre l'Iran?
Au programme: la traditionnelle photo de famille avec les 32 dirigeants des pays de l'Alliance, une - brève - séance de travail, et une rencontre très attendue avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
A son arrivée dans la capitale turque mardi après-midi, Donald Trump, a dit beaucoup de bien de son hôte, le président turc Recep Tayyip Erdogan, et un peu de mal de ses alliés européens, accusés de ne pas avoir répondu présents lors de l'offensive américaine en Iran.
"J'ai été très déçu par l'Otan", a-t-il lancé, laissant entendre que si le rassemblement n'avait pas été organisé en Turquie par son "ami", il n'aurait même pas pris la peine de traverser l'Atlantique.
- Zelensky après l'appel à Poutine -
Chiffres et graphiques à l'appui et fidèle à une stratégie de séduction dont il n'a jamais dévié, le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, se démultiplie, lui, pour démontrer à Trump que les engagements des pays de l'Otan sont suivis d'actes. Et que ses appels à un meilleur partage du fardeau ne restent pas vains.
En 2025, "les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20% de plus pour leur défense que l'année précédente. Si l'on considère 2025 et 2026 réunies, cela représente 258 milliards de dollars d'investissements supplémentaires", a-t-il martelé à Ankara. Et tant pis si la hausse n'est plus que de 11% cette année.
Le consensus est là: l'Alliance doit devenir beaucoup plus européenne et un peu moins américaine. Mais le chantier est immense et complexe. Et les coups de pression de Washington créent un climat difficile.
Mi-juin, à Bruxelles, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a dénoncé les "passagers clandestins" et les "excuses" irrecevables. Et annoncé dans la foulée un "réexamen" dans les six mois de la présence des forces américaines en Europe.
Sur l'Ukraine, la tête-à-tête du locataire de la Maison Blanche avec le président ukrainien sera scruté avec attention, quelques jours après une "très bonne conversation" avec le président russe Vladimir Poutine.
"Je pense qu'ils veulent tous les deux conclure un accord", a-t-il affirmé mardi, comme il 'avait déjà fait pas par le passé. "Je pense qu'on va y arriver (...) J'espère bientôt.
- Réaffirmer l'engagement -
En l'absence d'indications tangibles en ce sens, les Européens veulent pour l'heure réaffirmer leur engagement derrière Kiev. Ils vont s'engager, avec le Canada, à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027, dont 30 milliards pour chacune de ces deux anées, déjà prêtés à Kiev par l'Union européenne.
Plus de quatre ans après son invasion à grande échelle par la Russie, Kiev a développé une véritable expertise en matière de drones, mais elle est aussi parvenue en peu de temps à créer de toutes pièces une capacité de production de missiles, comme le missile de croisière Flamingo.
"Pensez-vous vraiment que ce serait la bonne chose à faire que de laisser à l'extérieur de l'Otan un pays et un peuple avec ce niveau de capacités de défense?", a-t-il lancé.
S'il a participé au dîner de gala mardi soir avec les dirigeants de l'Alliance atlantique, le dirigeant ukrainien ne participera pas mercredi au sommet proprement dit.
C.Koch--VB