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Action coup de poing de la Confédération paysanne à Paris, 50 gardes à vue
Une centaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne sont parvenus mercredi à entrer dans une annexe du ministère de l'Agriculture à Paris, qu'ils ont occupée pendant une heure avant d'être délogés, ce qui a conduit au placement en garde à vue de 50 d'entre eux, selon la préfecture de police.
Peu après 16H00, les manifestants réunis dans l'enceinte de la direction générale de la performance économique, à quelques mètres de l'entrée du ministère dans le VIIe arrondissement de Paris, ont déployé une banderole plaidant: "L'agriculture, on veut en vivre, pas en mourir".
"Un groupe de personnes se revendiquant de la Confédération Paysanne a pénétré sans autorisation l'enceinte extérieure d'une annexe du ministère de l'Agriculture", a relaté la préfecture de Paris dans la soirée, précisant que "ces faits sont constitutifs d’un grave trouble à l'ordre public et de plusieurs délits".
Les policiers ont évacué les lieux et interpellé 50 personnes ensuite placées en garde à vue, a ajouté la préfecture, indiquant qu'un représentant du ministère de l’Agriculture avait déposé plainte.
La Confédération paysanne évoque 52 gardes à vue parmi lesquelles ses trois porte-parole nationaux ainsi que le président de la chambre d’agriculture de Guyane Jean-Yves Tarcy, et a appelé à un rassemblement devant le commissariat du XVIIIe arrondissement, dans le nord de Paris, pour protester contre le "mépris constant" du gouvernement envers les paysans.
"La ministre de l'Agriculture a porté plainte contre une action pacifique, menée sans aucune violence", a dénoncé le syndicat dans un communiqué appelant à la libération des militants et dénonçant "le deux poids deux mesures de ce gouvernement dans la répression syndicale et dans les réponses politiques aux demandes" des agriculteurs.
Etaient présents des agriculteurs venus d'Outre-mer, pour clamer "la solidarité entre les paysans" et dénoncer la politique agricole du gouvernement et l'accaparement selon eux des subventions publiques par un petit nombre d'exploitants et de grands groupes agroindustriels.
Fanny Métrat, une des porte-parole de la Confédération paysanne a demandé la "décolonisation de l'agriculture" et "la fin de cette cogestion insupportable de la FNSEA (premier syndicat agricole) et du ministère de l'Agriculture".
La FNSEA, qui a longtemps été le seul interlocuteur de l'Etat avant l'émergence d'autres syndicats et notamment la Confédération paysanne en 1987, est régulièrement accusée par les autres forces d'imposer son ordre du jour à l'État.
"La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu'on se mobilise, tout ce qu'on obtient c'est de la répression", a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.
Vendredi, Thomas Gibert et Stéphane Galais, le troisième porte-parole, avaient été interpellés brutalement au pied de l'Arc de Triomphe, où il étaient venus attendre six tracteurs de leur syndicat après une opération escargot sur le périphérique.
clf-sb-mdz-sc/abb/bfi
D.Schlegel--VB