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Attentats à la bombe à Damas en pleine visite de Macron, 18 blessés
Dix-huit personnes ont été blessées mardi matin à Damas dans l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où Emmanuel Macron avait passé la nuit, illustrant la sécurité précaire en Syrie où le président français achève une visite inédite.
Les deux engins ont explosé après le départ du chef d'Etat pour le palais présidentiel, et l'Elysée a assuré qu'il poursuivait normalement sa visite.
Quatre policiers figurent parmi les victimes, selon le ministère syrien de l'Intérieur. L'une des bombes "artisanales" était placée dans une benne à ordures et l'autre dans un véhicule à proximité de l'hôtel Four Seasons, dans le centre de la capitale, ont précisé les autorités.
Après ces explosions, Emmanuel Macron a été vu par des journalistes de l'AFP au palais, où il s'entretenait avec son homologue Ahmad al-Chareh.
Sur les lieux des attentats, d'autres journalistes ont vu des traces de sang sur le trottoir et des fragments métalliques, près du luxueux hôtel. En face, des fenêtres du ministère du Tourisme ont été brisées.
- "Porte de l'Orient" -
Emmanuel Macron était arrivé lundi soir en Syrie, quelques jours après un attentat à la bombe qui avait fait dix morts dans un café du centre de Damas. Le pays traverse un fragile processus de pacification après 13 ans de guerre civile.
Au cours de cette visite, la première d'un dirigeant occidental depuis la chute de Bachar al-Assad et l'arrivée au pouvoir fin 2024 d'une coalition islamiste, le président français a prévu de discuter avec son homologue de la reconstruction du pays et de marteler son message sur l'"unité" et la "pluralité" de la Syrie.
Il doit participer mardi à un "forum économique consacré à la reconstruction de la Syrie et aux corridors stratégiques".
Au sortir d'une guerre civile qui l'a isolée sur la scène internationale, la Syrie aimerait "se repositionner comme porte de l'Orient pour l'Union européenne", analyse Arthur Quesnay, chercheur affilié à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. L'enjeu est d'offrir des routes maritimes, terrestres et de connectivités alternatives vers l'Irak et le Golfe.
Emmanuel Macron est accompagné de plusieurs dirigeants d'entreprises françaises, dont ceux de CMA-CGM Rodolphe Saadé et de TotalEnergies Patrick Pouyanné. Des signatures d'accords sont prévues, même si les investisseurs se montrent encore timides.
Dans un entretien avec la chaîne française BFMTV lundi, Ahmad al-Chareh a souligné "les énormes opportunités d'investissement" dans son pays. La France va participer à "la reconstruction d'infrastructures dans des secteurs comme le tourisme, l'agriculture, l'industrie", et Damas s'apprête à commander huit avions au constructeur européen Airbus, a-t-il ajouté.
- Mosquée des Omeyyades -
Lors d'une conférence de presse conjointe avec le dirigeant de la transition, prévue à la mi-journée, le président français pourra redire "l'engagement de la France auprès du peuple syrien", comme il l'a fait sur X à son arrivée lundi soir.
Il devrait insister sur le "respect" du Liban voisin, et la nécessité d'une non-ingérence d'Israël en Syrie.
Après son atterrissage, il s'est affiché dans un cadre informel avec le président Chareh, dans un restaurant du vieux Damas puis, tous deux en bras de chemise, dans la célèbre mosquée des Omeyyades à Damas.
Emmanuel Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à accueillir Ahmad al-Chareh, en mai 2025, lorsqu'il avait fait le pari d'accompagner la transition syrienne en s'affichant à l'Elysée avec cet ancien jihadiste. Malgré les critiques de ses opposants de droite et d'extrême droite en France, pays encore marqué par les attentats jihadistes de 2015, orchestrés depuis la Syrie.
Si l'Elysée inscrit ce déplacement à Damas dans le droit fil du soutien français à la révolution syrienne, Emmanuel Macron devrait insister sur la nécessité d'inclure pacifiquement à l'Etat syrien les Kurdes, qui ont combattu avec les Occidentaux contre le groupe jihadiste Etat islamique. Et de protéger les minorités.
Ahmad al-Chareh s'est engagé en ce sens, mais le pays a été le théâtre de massacres d'alaouites en mars 2025 et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes il y a un an.
N.Schaad--VB