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Wimbledon: Arthur Féry, le conte de fées du plus Français des Britanniques
Il a grandi à quelques encablures de Wimbledon et rêvait un jour d'y briller... A 23 ans, Arthur Féry, le fils de Loïc, le président du FC Lorient, réalise le tournoi de sa vie sur le gazon londonien, où il affrontera mercredi l'Italien Flavio Cobolli en quarts de finale.
Issu du circuit secondaire, encore 461e mondial il y a près d'un an, il est assuré désormais d'intégrer le top 100. Une éclosion aux yeux du monde, dans son jardin.
. Sang bleu, passeport britannique
Né à Sèvres, en banlieue de Paris, le 12 juillet 2002 - il aura 24 ans le jour de la finale de Wimbledon - Arthur Féry est le fils du président du FC Lorient, Loïc Féry, et de l'ancienne joueuse de tennis professionnelle Olivia Gravereaux.
Même si ses deux parents sont français, le droitier représente la Grande-Bretagne sur le circuit, un choix logique pour un joueur qui a grandi à quelques minutes à peine du All England Club et fait sa scolarité au King's College de Wimbledon.
"J'ai brièvement joué pour la France quand j'avais dix ou douze ans", a raconté Féry en conférence de presse. Mais ensuite, "j'ai joué la Summer Cup ou la Winter Cup (des tournois de jeunes, NDLR) pour la Grande-Bretagne."
"A partir de là, je ne me suis pas trop posé de questions: je vivais ici, je m'entraînais au centre national d'entraînement britannique..." D'où son choix d'accoler l'Union Jack plutôt que le drapeau bleu-blanc-rouge à son patronyme sur le circuit.
. Ancien de Stanford
A la fin de sa carrière chez les juniors, Arthur Féry a choisi comme de nombreux autres joueurs d'aller étudier aux Etats-Unis et de poursuivre son apprentissage sur le circuit universitaire américain.
"Je suis arrivé à Stanford à 18 ans. Je n'étais pas nécessairement prêt à jouer à plein temps sur le circuit Futures ou Challenger", les troisième et deuxième divisions du tennis professionnel, a-t-il expliqué.
"J'ai passé trois ans là-bas. Je pense que ça m'a aidé à mûrir (...) et à me développer, humainement plus que tennistiquement", a jugé le dernier Britannique en lice à Wimbledon.
"Et Stanford était un super plan de secours au cas où ma carrière tennistique ne décollait pas", souligne le diplômé de la faculté de sciences, technologie et société de l'université américaine.
. Amoureux du court N.18
Le court N.18 de Wimbledon était déjà célèbre pour avoir accueilli le match le plus long de l'histoire du tennis, un duel homérique de 11h05 en 2010 entre le Français Nicolas Mahut et l'Américain John Isner, immortalisé par une plaque commémorative.
C'est au même endroit qu'Arthur Féry a remporté deux bras de fer cette année, au deuxième tour contre le Finlandais Otto Virtanen et au troisième contre le Belge Zizou Bergs, vaincu en cinq sets et 4h39.
Contre Virtanen, tombeur du N.5 mondial Ben Shelton au premier tour, Féry a bénéficié d'un soutien de choix, puisque la princesse de Galles s'est invitée quelques instants en tribunes.
"Je garderai en moi ces souvenirs formidables du court N.18 pour le reste de ma vie et je suis sûr que j'y rejouerai à un moment donné", a déclaré le Britannique samedi après sa qualification pour les huitièmes de finale.
Mais en deuxième semaine, il était "temps de passer à autre chose", avait jugé Féry avant de battre Dimitrov sur le Central... sous les yeux de Philippa Matthews, la sœur de la princesse Kate.
. Dans son jardin londonien
Quart-de-finaliste au Queen's mi-juin, Arthur Féry n'est jamais aussi à l'aise que sur le gazon londonien.
Sur les cinq Grands Chelems qu'il a disputés dans sa carrière, il en a joué quatre à Wimbledon et un à l'Open d'Australie - où il avait justement battu en janvier son prochain adversaire à Londres, l'Italien Flavio Cobolli (10e).
"Il a un jeu adapté à toutes les surfaces", estime son entraîneur Jeroen Benard. Mais "comme ce n'est pas le plus grand des joueurs (il fait 1,75 m, NDLR), son centre de gravité est plus bas et ça lui permet de bien jouer" sur gazon, où les joueurs frappent souvent leur balle accroupis, développe le Néerlandais auprès de l'AFP.
Encore 461e mondial il y a un an, Féry a commencé l'édition 2026 au 114e rang du classement ATP et va intégrer pour la première fois le cercle des 100 meilleurs mondiaux grâce à son parcours londonien.
"C'est une étape importante", a-t-il souligné. "La franchir ici, à l'endroit où j'ai grandi, c'est juste incroyable!"
A.Ruegg--VB