-
Ethiopie: l'armée fédérale est entrée dans Mekele, capitale du Tigré, selon une source humanitaire
-
Dans l'Eure, des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides
-
Espagne : manifestations monstres pour le logement, après le rejet des mesures du gouvernement
-
Les Houthis accusent Ryad de pilonner Sanaa, qu'ils contrôlent, incendie sur un site saoudien d'Aramco
-
Mode/Paris : Allure légère pour contexte lourd chez Hermès
-
Equipe de France : Jacquet le bienheureux
-
Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré
-
Des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides dans l'Eure
-
Equipe de France : Dembélé, le débat relancé
-
Espagne : après le rejet des mesures du gouvernement, des manifestations monstres pour le droit au logement
-
La Russie appelle les diplomates et étrangers à quitter Kiev, ciblée à répétition
-
La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA
-
Fortes explosions entendues dans la capitale yéménite, aux mains des combattants Houthis
-
GP de Bahreïn en Malaisie: Verstappen (Red Bull) s'élancera juste devant Hamilton (Ferrari)
-
Ethiopie: les forces tigréennes quittent Mekele, capitale du Tigré
-
Fin de quinquennat lugubre pour la Macronie
-
Vol flydubai: l'enquête établit un "acte terroriste"
-
Cancer du sein avant 40 ans: plus agressif, plus toxique et une vie sociale bouleversée
-
La responsabilité climatique des pétroliers devant la Cour suprême
-
Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand
-
Venezuela: lumière dans le ciel pour les morts, 100 jours après le double-séisme
-
La Bulgarie accueille les restes attribués au tsar Samouil
-
Législatives en Lettonie, entre menace russe et coût de la vie
-
Ligue des nations: Olise, le sauveur des Bleus
-
Ligue des nations: premier accroc pour les Bleus de Zidane
-
Affaire Cornell: la gouverneure de New York veut changer la loi sur les victimes de viol en état d'ébriété
-
Wall Street termine en hausse, l'emploi plaide pour un statu quo de la Fed
Aux Etats-Unis, les ondes radio saturées de talk-shows conservateurs
Casque sur les oreilles et chihuahua sur les genoux, Jeff Katz se penche vers le micro, distillant sur les ondes un discours qui tranche avec l'atmosphère feutrée de son studio: Joe Biden et les démocrates détruisent l'Amérique.
"Je ne l'aime pas", glisse cet animateur de 59 ans à ses auditeurs de Newsradio WRVA, depuis un studio décoré de souvenirs installé dans sa maison d'Ashland, en Virginie (est). "Il a amené une bande d'escrocs à la Maison Blanche. C'est un méchant."
Comme Jeff Katz, de nombreux commentateurs conservateurs, certains très célèbres, saturent les ondes aux Etats-Unis avec des milliers d'émissions visant un auditoire principalement masculin, blanc et plutôt âgé.
Dans les quelque 1.500 stations de radio conservatrices, l'indignation fonctionne en général à plein, par exemple contre le "déclin cognitif" de Joe Biden, 80 ans.
Ces dernières années, elles ont nourri des millions d'auditeurs en théories du complot, qu'elles traitent de Barack Obama, de fusillades en milieu scolaire ou de vaccins.
Ce faisant, elles ont poussé les thèmes de la droite radicale et aidé l'émergence de Donald Trump.
A l'antenne, les déboires judiciaires de l'ancien président sont souvent balayés d'un revers de la main, et les critiques qui le peignent comme une menace pour la démocratie sont attaqués.
Dans l'émission de radio de Sean Hannity, la plus écoutée aux Etats-Unis avec 16 millions d'auditeurs hebdomadaires, l'élection présidentielle de 2020 a souvent été faussement décrite comme frauduleuse, truquée ou volée. C'est le cas de 35 des 45 épisodes sur lesquels s'est basée une étude universitaire reprise par le New York Times en 2021.
- Ton populiste -
"Trump est le choix des Républicains, haut la main", pour affronter le sortant Joe Biden en novembre 2024, estime auprès de l'AFP Jeff Katz.
Selon lui, la popularité de Trump a décollé parce qu'il a su imiter le ton populiste des talk-shows et, comme eux, laissé tomber le programme républicain traditionnel.
En 2007, les radios conservatrices avaient joué un rôle dans l'abandon d'une réforme de l'immigration concoctée par l'état-major républicain. L'historien Paul Matzko y a vu "l'émergence" d'une forme de nationalisme ethnique dans la politique américaine.
Trump a usé de cette idéologie pour dominer la scène politique, et les ondes, selon M. Matzko.
Dom Giordano, 74 ans, le doyen des animateurs radio de Philadelphie, assure à l'AFP retrouver "beaucoup" des éléments des émissions conservatrices dans les propos de M. Trump.
Ses auditeurs, comme les millions d'autres qui se branchent sur Hannity, Glenn Beck, Mark Levin ou Dana Loesch aux heures de pointe, soutiennent sans équivoque le milliardaire gouailleur.
En ce moment, le nom de Trump est cité sur ces ondes --- et pas toujours comme une plaisanterie -- pour remplacer le président de la Chambre des représentants Kevin McCarthy, destitué cette semaine à l'initiative de la frange trumpiste de son parti républicain. C'est techniquement possible mais hautement improbable.
- "Divertissement" -
La colère qui inonde ces antennes flirte aussi parfois avec le spectacle.
"Nous faisons du divertissement", concède Jeff Katz. Pour lui, les insultes -- par exemple Joe Biden qualifié de "légume sur pieds" chez Glenn Beck -- sont juste la conséquence d'une "passion" débordante.
Wendy Yohman, auditrice de Virginie, apprécie ce ton cru.
Les conservateurs "ont longtemps été trop soumis et pas assez agressifs", dit-elle. "Ils en ont marre de jouer les gentils".
Une réforme des ondes en 1987 a ouvert les vannes à ces programmes, avec comme pionnier Rush Limbaugh, ancien disc jockey devenu maître dans l'art de la grandiloquence politique.
Il a montré la voie aux idées de la droite radicale en défiant le réseau des radios publiques (NPR), cataloguées trop progressistes. Il a été décoré par Trump, peu avant son décès en 2021.
"L'influence des animateurs conservateurs est grande", juge Michael Harrison, du magazine spécialisé Talkers. Selon cette publication, les dix principaux talk-shows radio sont aujourd'hui estampillés à droite.
Pour Brian Rosenwald, auteur du livre "Talk Radio's America", le relatif effacement de la gauche sur les ondes s'expliquent par le fait que "nuance et compromis ne font pas de la bonne radio".
Dans les années 2000, les progressistes ont lancé le réseau Air America, marqué à gauche. Dépourvu d'humour et boiteux, il n'a pas su trouver le bon ton. Il a vécu six ans.
R.Fischer--VB