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Mondial-2026: Mexico prêt à donner le coup d'envoi d'un tournoi inédit et sous tension
Le "futbol" s'apprête à reprendre ses droits avec le match d'ouverture du Mondial-2026 opposant le Mexique à l'Afrique du Sud jeudi à 13h00 locales, sur fond de tensions géopolitiques et de polémiques en séries.
. "Ahorita, Mexico !"
"Mexico, c'est maintenant !" C'est à 13h00 locales (21h00 à Paris) exactement que sera donné le coup d'envoi du premier des 104 matches de cette Coupe du monde hors norme, disputée à 48 équipes et dans trois pays différents (Etats-Unis, Mexique, Canada). Une affiche en forme de remake du match d'ouverture du Mondial-2010, que les aficionados du ballon rond espèrent spectaculaire, histoire de lancer sous les meilleurs auspices ce tournoi déjà bien tourmenté.
Dans le stade Aztèque, qui va accueillir son troisième match d'ouverture, un record, le spectacle devrait être caliente et humide, niveau météo, coloré et festif, niveau ambiance, avec une cérémonie d'ouverture mêlant musique, danse et arts typiques de la culture mexicaine.
Depuis plusieurs jours, la mythique enceinte est devenue l'épicentre de protestations dans les rues de la capitale, où des centaines de manifestants ont dénoncé à nouveau mercredi soir le fléau des "personnes disparues", souvent tuées ou enlevées par des cartels de la drogue. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a cependant affirmé que tout était "sous contrôle".
Cette journée inaugurale 100% mexicaine offrira une deuxième rencontre en soirée à Guadalajara, entre la Corée du sud et la République tchèque, avant que le curseur ne se déplace vendredi 4.000 km plus au nord-est, à Toronto pour Canada-Bosnie, puis 3.500 km plus au sud-ouest à Los Angeles pour Etats-Unis-Paraguay.
. Infantino combatif face aux médias...
A la veille du grand rendez-vous, le patron de la Fifa en avait fixé un aux médias mercredi. Et c'est peu dire qu'il était attendu au tournant, alors que la préparation de ce Mondial a été perturbée comme rarement par l'extrasportif, entre les tensions internationales et l'impact de la politique migratoire de Donald Trump.
Peu poussé dans ses retranchements, en raison d'un mode de communication bien calibré, le président de la Fifa a notamment jugé "malheureux" que l'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan ait été refoulé par les autorités américaines à son arrivée à Miami (Floride), malgré un visa accordé. "Nous ne contrôlons pas tout", a-t-il répété plusieurs fois, concédant son impuissance face aux autorités américaines.
A un journaliste britannique qui l'interrogeait sur le fait que 15 membres de la délégation iranienne n'aient pas obtenu de visa pour les Etats-Unis, il a répliqué: "En 2035, le Mondial féminin sera au Royaume-Uni. Trouveriez-vous normal que la Fifa dise au gouvernement britannique qui il doit laisser entrer dans son pays?"
Sur quoi, Gianni Infantino, souvent moqué pour sa grande proximité avec le président américain, en a profité pour saluer "l'engagement et l'implication" de Donald Trump, sans qui il aurait été "impossible d'organiser une Coupe du monde aux Etats-Unis".
Avant toute autre considération, Infantino avait tenu à faire part de son soutien au journaliste français Christophe Gleizes détenu depuis un an en Algérie.
. "Victoire à Omar ! Victoire à la Somalie !"
Pendant ce temps à Mogadiscio, un homme a été accueilli en héros: quelques jours après son refoulement par les autorités américaines, Omar Artan, désigné meilleur arbitre africain l'an dernier, effectuait son retour au pays.
L'immense déception subie par M. Artan a suscité l'indignation en Somalie, qui pensait envoyer pour la première fois un de ses arbitres à la Coupe du monde. A l'international, son cas est devenu le symbole du durcissement de la politique migratoire des Etats-Unis, censés accueillir la planète entière lors de la plus grande compétition de football au monde.
"Je serai là à la prochaine Coupe du monde" en 2030, a lancé Omar Artan, drapeau national sur les épaules. Il sera chargé, avant cela, d'arbitrer la finale de la Supercoupe d'Europe en août prochain entre le PSG et Aston Villa, a annoncé l'UEFA en guise de soutien.
. Les Bleus installés, la RD Congo attendue
Finaliste malheureuse en 2022, l'équipe de France arrivée mercredi après-midi, a pris ses quartiers à Boston, accueillie à son hôtel par une centaine de fans déchaînés, six jours avant son entrée en lice face au Sénégal.
Une toute autre ambiance devrait régner à Houston (Texas) jeudi, pour le débarquement des joueurs de la République démocratique du Congo, dont la préparation a dû être effectuée en Belgique et en France, loin de l'épidémie d'Ebola qui frappe le pays et inquiète les autorités américaines.
Rassemblée à Tijuana (Mexique), l'Iran, sans faire de bruit, a continué sa préparation à huis clos par une victoire contre une équipe locale de jeunes (3-0).
La Côte d'Ivoire, autre victime de la politique migratoire très stricte imposée par Donald Trump, ne pourra pas compter sur le soutien de ses supporters, privés de visa, a déploré à l'AFP le président du comité national des supporters ivoiriens.
B.Wyler--VB