Volkswacht Bodensee - Des responsables talibans attendus mardi à Bruxelles pour parler immigration

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Des responsables talibans attendus mardi à Bruxelles pour parler immigration
Des responsables talibans attendus mardi à Bruxelles pour parler immigration / Photo: © AFP/Archives

Des responsables talibans attendus mardi à Bruxelles pour parler immigration

Des responsables talibans sont attendus mardi à Bruxelles pour évoquer avec la Commission européenne le renvoi d'exilés afghans vers leur pays d'origine, une perspective dénoncée par les ONG.

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Cinq responsables talibans ont reçu l'autorisation d'entrer en Belgique, a indiqué lundi soir une porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères.

La Belgique n'a pas précisé la date de ce déplacement, invoquant des raisons de sécurité, mais plusieurs sources et des médias afghans ont assuré qu'il aurait lieu mardi. La délégation afghane devait d'abord transiter en Turquie avant de parvenir en Belgique, selon ces sources.

"Les cinq visas demandés ont été octroyés ce lundi en fin d’après-midi (...) seulement pour la Belgique et seulement pour un jour", avait déclaré Audrey Jacquiez, porte-parole du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot.

Le gouvernement taliban est revenu au pouvoir en 2021, après un retrait précipité des forces américaines d'Afghanistan, mais n'a depuis jamais été reconnu par l'Union européenne.

La perspective de cette rencontre, s'inscrivant dans la volonté de l'UE de durcir sa politique migratoire, a suscité de vives critiques à gauche et parmi les ONG de défense des droits humains.

"Les pays de l'UE sapent leur crédibilité en condamnant d'un côté les exactions des talibans, exigeant que leurs auteurs rendent des comptes, tout en coopérant avec les talibans sur les retours forcés d'autre part", a dénoncé Human Rights Watch (HRW).

- "Niveau technique" -

Pour se défendre la Commission européenne souligne depuis des semaines que cette réunion, coordonnée avec la Suède, se déroule à un "niveau technique", et donc pas directement avec les leaders du gouvernement afghan.

"Nous n'allons pas reconnaître le régime taliban, certainement pas, mais je pense qu'il est malgré tout important de leur parler", avait mis en avant le commissaire européen en charge de l'immigration, Magnus Brunner, il y a une dizaine de jours.

La rencontre fait suite à deux déplacements de responsables européens en Afghanistan, portant sur le même sujet, a aussi fait valoir l'exécutif européen.

Les pays de l'UE ont reçu environ un million de demandes d'asile déposées par des Afghans entre 2013 et 2024, selon l’agence de statistiques de l'UE. Environ deux fois moins ont été approuvées sur cette période.

Une vingtaine de pays de l'UE cherchent des voies pour renvoyer des migrants vers l'Afghanistan, et particulièrement "des personnes qui constituent une menace pour la sécurité".

"La priorité pour les États membres porte très clairement sur les personnes qui ont commis des crimes graves ou qui représentent une menace pour la sécurité", a souligné lundi à la presse un porte-parole de la Commission, Markus Lammert.

Dans une lettre en octobre, ces Etats membres avaient réclamé à Bruxelles "des solutions diplomatiques et pratiques" pour avancer sur ce dossier.

La Belgique est un des pays qui a poussé l'initiative sous l'autorité de la ministre de la Migration Anneleen Van Bossuyt, issue du camp conservateur flamand comme le Premier ministre Bart De Wever.

Le chef de la diplomatie belge, le centriste francophone Maxime Prévot, a dit la semaine dernière "désapprouver personnellement la démarche d'inviter des représentants du régime des talibans à Bruxelles".

Mais, a-t-il ajouté, en tant que pays hôte des institutions européennes, la Belgique doit "faciliter les réunions organisées par celles-ci et ne pas créer d'obstacles". "Cela ne vaut pas invitation par la Belgique".

Les visas ont été octroyés lundi après un examen du profil des cinq responsables par les services de renseignement belges, a précisé la porte-parole du ministre. Cette analyse a montré qu'ils ne constituaient pas une menace.

H.Weber--VB