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Les convois antipass à Paris, les forces de l'ordre mobilisées
Des milliers d'opposants au pass vaccinal venus en convois de toute la France ont rejoint Paris samedi dans le but de manifester malgré l'interdiction par la préfecture de police, déterminée à empêcher tout blocage.
Rassemblement hétéroclite d'opposants au président Emmanuel Macron, au pass vaccinal et de "gilets jaunes", les "convois de la liberté" se sont constitués sur le modèle de la mobilisation qui paralyse la capitale canadienne Ottawa.
Voitures, camping-cars et camionnettes sont partis de Nice, Lille, Strasbourg, Vimy (Pas-de-Calais) ou Châteaubourg (Ille-et-Vilaine), circulant pendant deux ou trois jours à vitesse réduite sur des routes secondaires pour rejoindre la capitale.
Porte de Saint-Cloud, la circulation était bloquée sur une voie par les forces de l'ordre, qui contrôlaient les automobilistes avant de les laisser repartir dans un concert de klaxons, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Image saisissante: des véhicules blindés de la gendarmerie, déployés pour la première fois dans la capitale depuis fin 2018 et les manifestations des "gilets jaunes", ont été stationnés au pied de l'Arc de triomphe.
Parmi les consignes disparates qui circulaient dans le mouvement: un appel au rassemblement sur les Champs-Elysées.
Vers 14H00, plus d'une centaine de véhicules avaient rejoint l'avenue, des automobilistes, certains dorénavant à pied, agitaient des drapeaux ou scandaient "liberté". La situation s'est tendue: une pluie de lacrymogène a été tirée, selon un journaliste de l'AFP.
- Pique-nique -
A un point de rassemblement dans la forêt de Fontainebleau, environ 400 véhicules étaient stationnés à la mi-journée selon une source policière. Les convoyeurs ont participé sous le soleil à un pique-nique dans une ambiance bonne enfant.
"J'ai envie de pouvoir de nouveau chanter, de rire avec un gosse et voir son sourire, de retrouver une vie normale", a déclaré à l'AFP Michel, 67 ans, venu de Strasbourg en camping-car et qui ne souhaite pas donner son nom, accusant les responsables politiques d'avoir "embobinés" et fait "peur" aux gens.
Le convoi venu du sud-est avait atteint Provins à la mi-journée et se dirigeait vers Paris, a indiqué un père de famille niçois, Charly, à un correspondant de l'AFP. Il comprend plusieurs centaines de véhicules, selon lui.
Dans la capitale, près de 7.200 policiers et gendarmes ont été déployés, selon la PP. Le préfet de police Didier Lallement a "créé un certain nombre de fourrières provisoires qui (...) permettront avec plusieurs dizaines de véhicules de remorquage de mettre fin à tout blocage".
Le Premier ministre Jean Castex a promis d'être inflexible face au mouvement. "S'ils bloquent la circulation ou s'ils tentent de bloquer la capitale, il faut être très ferme", a-t-il insisté sur France 2.
"Nous sommes tous collectivement fatigués par ce que nous vivons depuis deux ans", a déclaré le président Emmanuel Macron dans un entretien au quotidien Ouest-France.
"Cette fatigue s'exprime de plusieurs manières: par du désarroi chez les uns, de la dépression chez d'autres. On voit une souffrance mentale très forte, chez nos jeunes et moins jeunes. Et parfois, cette fatigue se traduit aussi par de la colère. Je l'entends et la respecte".
"Mais", a-t-il ajouté, "j'en appelle au plus grand calme".
- "Mensonge" -
Quatre cortèges anti-pass sont prévus samedi dans la capitale.
Au départ de l'un d'eux, place d'Italie, quelques centaines de personnes, dont Jean-Paul Lavigne, 65 ans, 40 ans d’usine, venu d’Albi en convoi, se dit là pour manifester contre la hausse des carburants, de l’électricité, de l’alimentation et dénonce le vaccin, "mensonge de notre gouvernement".
Les forces de l'ordre ont là aussi tiré des gaz lacrymogènes.
L'interdiction de rassemblement des convois a été maintenue vendredi soir par le tribunal administratif de Paris, qui a rejeté deux recours.
"C'est une trahison. Les fondements de l'arrêté ne sont pas respectueux de la loi, de la liberté de manifester", a réagi la militante anti-vaccin et "gilet jaune" Sophie Tissier.
"Le droit de manifester et d'avoir une opinion sont un droit constitutionnellement garanti dans notre République et dans notre démocratie. Le droit de bloquer les autres ou d'empêcher d'aller et venir ne l'est pas", a répondu Jean Castex.
A deux mois de l'élection présidentielle, les manifestants exigent le retrait du pass vaccinal et défendent des revendications sur le pouvoir d'achat ou le coût de l'énergie.
Le gouvernement affirme envisager pour fin mars ou début avril la levée du pass vaccinal et compte supprimer dès le 28 février l'obligation de porter un masque dans les lieux où le pass est exigé.
burx-alv/cb/dlm
J.Bergmann--BTB