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Royaume-Uni: la justice valide en appel l'interdiction du groupe Palestine Action
La justice britannique a validé lundi en appel l'interdiction du groupe Palestine Action, dont le classement comme organisation terroriste par le gouvernement en juillet 2025 a conduit à l'arrestation de plus de 3.000 de ses soutiens.
La décision du ministère de l'Intérieur était "proportionnée" et "n'était pas illégale", a tranché la Cour d'appel.
L'interdiction du groupe propalestinien et son classement comme organisation terroriste sont "hautement controversés", a reconnu la juge Sue Carr.
"Mais c’est une erreur fondamentale de négliger le fait que Palestine Action promeut ouvertement une violence illégale qui s'apparente au terrorisme", a-t-elle ajouté.
L'une des fondatrices du groupe Huda Ammori a rapidement réagi sur X: "Nous ne cesserons pas de nous battre pour que cette interdiction soit levée, pour que l'on cesse d'utiliser la législation antiterroriste contre nous et, surtout, pour une Palestine libre", a-t-elle écrit.
En première instance, en février, la Haute Cour de Londres avait jugé "disproportionnée" l'interdiction. Celle-ci "s'est traduite par une atteinte très substantielle aux droits à la liberté d'expression et à la réunion", avait alors estimé la juge.
La ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood avait aussitôt fait appel, invoquant la nécessité de "conserver la capacité d'agir pour protéger la sécurité nationale".
La décision était particulièrement attendue par les centaines de personnes inculpées pour avoir affiché leur soutien à Palestine Action lors des nombreuses manifestations qui ont eu lieu à travers le Royaume-Uni après son interdiction.
Le gouvernement de Keir Starmer avait classé Palestine Action comme "terroriste" - au même titre qu'Al-Qaïda, le Hezbollah ou l'Armée républicaine irlandaise (IRA) - après des actes de vandalisme perpétrés par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force en juin et contre l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems en août 2024.
- "Vandalisme" -
Cette interdiction avait été jugée "disproportionnée" par l'ONU et dénoncée par des personnalités comme le cinéaste britannique Ken Loach ou la romancière irlandaise Sally Rooney.
Des soutiens du groupe se sont regroupés devant la Royal courts of justice lundi matin.
Parmi eux, Mary Bartlam, une retraitée de 68 ans. Pour elle, les membres de Palestine Action "ont enfreint la loi en commettant des actes de vandalisme, mais les qualifier de terroristes constitue une violation flagrante des principes du droit et de la justice". "Ce n'est pas le Hamas, ils ne devraient pas être classés dans la même catégorie", juge cette ancienne chercheuse dans le domaine de la santé.
Au total, plus de 3.300 personnes ont été arrêtées - dont la militante suédoise Greta Thunberg en décembre - et des centaines d'autres ont été inculpées depuis juillet lors des nombreuses manifestations de soutien au groupe, selon l'association Defend Our Juries qui les organise.
L'AFP a rencontré certaines d'entre elles, parmi lesquelles des retraités, des étudiants ou encore une femme médecin.
Le 11 avril, la police a arrêté plus de 500 manifestants rassemblés à Trafalgar Square à Londres pour demander la levée de l'interdiction. Ils arboraient la pancarte proscrite "Je m'oppose au génocide, je soutiens Palestine Action".
Vendredi encore, les forces de l'ordre ont interpellé 125 personnes qui protestaient devant le tribunal où comparaissaient quatre militants poursuivis pour les dégradations sur l'usine d'Elbit Systems.
Les militants ont été condamnés à des peines allant de 5 à 7 ans d'emprisonnement pour cette action considérée comme "terroriste" par le juge.
Depuis l'interdiction, toute expression de soutien à Palestine Action est passible de peines allant jusqu'à six mois de prison, tandis que l'appartenance au groupe ou l'organisation d'évènements de soutien peut entraîner jusqu'à 14 ans d'emprisonnement.
Créé en 2020, Palestine Action se présente comme un "mouvement d'action directe engagé à mettre fin au soutien mondial au régime génocidaire et d'apartheid d'Israël".
Le mouvement a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
La guerre de représailles lancée par Israël a fait des dizaines de milliers de morts et lui vaut des accusations de "génocide" envers les Palestiniens. Israël rejette ces accusations.
T.Zimmermann--VB