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Les syndicats mobilisés pour le maintien d'un 1er-Mai chômé et des augmentations de salaire
Les syndicats affichent vendredi leur détermination à défendre un 1er-Mai obligatoirement chômé et l'urgence d'augmentations salariales, face au retour de l'inflation provoqué par la guerre Moyen-Orient.
Après plusieurs semaines de débat houleux, le gouvernement veut permettre aux artisans boulangers et fleuristes de faire travailler leurs salariés.
"Le 1er-Mai 2026 ne doit pas être différent du 1er-Mai 2025 ou de 2024", a toutefois insisté sur France Info la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon. "La règle, ce n'est pas l'ouverture" des commerces.
Aux débats sur ce jour traditionnellement chômé, s'ajoute l'inquiétude sur le pouvoir d'achat sapé par la hausse des prix des carburants.
Les cortèges en seront-ils gonflés malgré ce week-end de trois jours et les vacances scolaires encore en cours, notamment à Paris ?
Trois cent vingt manifestations sont prévues en France, avec un peu plus de 100.000 personnes attendues, a précisé jeudi le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez sur France Info TV.
A Paris, le cortège partira de la place de la République à 14H00, direction Nation, avec Marylise Léon et son homologue de la CGT, Sophie Binet.
"Il faut que le Smic puisse être augmenté parce qu'il y a une inflation aujourd'hui" estimée à plus de 2%, a souligné Marylise Léon, proposant "en parallèle des négociations dans les différentes branches professionnelles".
Dans une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu, Sophie Binet demande, elle, une hausse du Smic de 5% et une indexation des salaires sur les prix.
"Le problème des boulangers, ce n'est pas d'ouvrir le 1er-Mai, c'est leur facture d'énergie qui explose, c'est le prix des matières premières et du blé qui augmente considérablement", estime-t-elle.
Devant le rejet unanime des syndicats, le gouvernement a écarté une proposition de loi, portée notamment par l'ancien Premier ministre Gabriel Attal et prévoyant la possibilité de faire travailler des salariés le 1er-Mai dans les commerces de bouche, les fleuristes et les établissements culturels.
Le gouvernement veut recentrer cette possibilité sur les seuls artisans boulangers et fleuristes, mais les cinq confédérations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) sont aussi opposées à ce projet de loi, craignant de futurs élargissements.
- "Pas vu, pas pris" -
Dans l'attente d'une nouvelle loi, le flou règne pour ce vendredi.
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a assuré n'avoir donné aucune instruction aux inspecteurs du travail mais appelé à "l'intelligence collective" pour que les boulangers et fleuristes qui font travailler leurs salariés sur la base du volontariat, en les payant double, ne soient pas pénalisés.
La Direction générale du Travail a de son côté rappelé dans une lettre aux agents chargés des contrôles le "contexte" particulier de cette année.
"70% des boulangeries vont être ouvertes" ce 1er-Mai, affirme Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie et de la boulangerie-pâtisserie française.
A Lille, la boulangère Marianne Chevalier fait travailler ses salariés, estimant que "ça ne dérange personne": "tout le monde est content de travailler, 10 heures ou cinq heures, sachant qu'on est payé double."
"On n'a pas hésité une seule seconde à ouvrir. Il n'y a aucune logique à ce que des fast-food puissent ouvrir et les boulangeries non", témoigne de son côté Morgane, responsable d'une boulangerie à Mérignac, près de Bordeaux, qui n'a pas voulu donner son nom complet, ni celui de son établissement.
L'ambigüité réglementaire fait craindre à l'inspectrice du travail Cécile Clamme, secrétaire générale de la CGT-TEFP (Travail, Emploi, Formation professionnelle) "qu'un agent de contrôle soit agressé par un artisan boulanger".
"De toute façon, avec 1.800 agents rapportés au nombre de boulangeries et de fleuristes, on ne s'attend pas à ce qu'il y ait des centaines de milliers de contrôles", ironise-t-elle, regrettant que "le débat actuel (fasse) oublier que toute une série d'entreprises, par exemple des supermarchés, se permettent d'ouvrir en misant sur le +pas vu, pas pris+."
Ce 1er-Mai n'est pas férié non plus pour les politiques.
Gabriel Attal, qui veut faire de la "liberté de travailler" un "enjeu majeur de la présidentielle" sera dans une boulangerie à Vanves près de Paris quand Sébastien Lecornu, accueilli par le député LR Laurent Wauquiez, rencontrera artisans et boulangers en Haute-Loire.
De son coté, le candidat LR à l’Élysée Bruno Retailleau sera à Cholet (Maine-et-Loire) sur le thème du "travail gagnant".
bj-boc-max-mer-avr/rap/bow
M.Betschart--VB