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Loi sur le 1er-Mai: CFDT et CGT refusent de négocier avec le gouvernement
"Pas de loi" sur le 1er-Mai : les deux principales organisations syndicales, CFDT et CGT, ont martelé lundi leur opposition à un texte qui permet d'élargir le travail ce jour férié et chômé, à leur arrivée au ministère du Travail pour une réunion censée trouver des pistes d'atterrissage.
Depuis vendredi et le rejet tactique de la proposition de loi portant sur le travail le 1er-Mai, voté largement par l'hémicycle des élus macronistes jusqu'à ceux du Rassemblement national, les rebondissements se succèdent.
Depuis 18H00, les cinq organisations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) sont réunies autour du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, pour travailler à "un périmètre très précis des commerces concernés par une ouverture au travail le 1er mai".
"Il ne faut pas de loi, ce qu'il faut c'est de la démocratie sociale", a exigé la leader de la CGT, Sophie Binet, à son arrivée au ministère.
"Le 1er mai (doit) rester une journée exceptionnelle où seuls les secteurs qui ne peuvent pas interrompre leur activité puissent travailler", a-t-elle encore insisté auprès de la presse.
Vivement dénoncée par les syndicats, la proposition de loi sur le 1er-Mai doit permettre d'autoriser le travail de salariés ce jour férié dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres).
Grâce à la motion de rejet, le texte pourrait être adopté sans que les députés ne l'aient examiné en première lecture, après une commission mixte paritaire (CMP) qui pourrait être très rapidement convoquée afin de le rendre applicable dès le 1er mai prochain, selon le souhait de l'exécutif.
Mais le gouvernement a choisi lundi de temporiser face à la bronca soulevée.
"Le Premier ministre n'a pas l'intention de convoquer la commission mixte paritaire à ce stade", a fait savoir plus tôt une source gouvernementale.
Dans ce contexte, cela rend "improbable" la "convocation pour demain (mardi) dans la précipitation" de ce conclave de 14 parlementaires, a encore ajouté la source gouvernementale.
"C'est un signe positif", a salué auprès de l'AFP, Cyril Chabanier (CFTC), qui se dit pour autant "assez pessimiste sur le fait qu'ils ne touchent pas au 1er-Mai".
- "Psychodrame calamiteux" -
La CFDT est venue, elle, obtenir "l'assurance que le projet de loi qui autorise le travail le 1er-Mai ne soit pas à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, ne soit pas adopté", a fait savoir son numéro 2, Yvan Ricordeau, sur place.
"Nous sommes venus ce soir chercher des réponses très claires et très fortes pour mettre fin à ce psychodrame calamiteux que nous vivons depuis quatre jours à cause de l'obstination et des mensonges de Gabriel Attal", a déclaré à son arrivée Sophie Binet, la leader de la CGT.
Car l'ancien Premier ministre et candidat putatif à la présidentielle n'a pas lésiné pour soutenir ce texte, à coups de pétition et de vidéos sur les réseaux sociaux.
Résultat : son successeur, Sébastien Lecornu "doit gérer une absence de concertation par les promoteurs de la proposition de loi" et "faire avec la situation au Parlement", regrette un conseiller de l'Exécutif.
Côté Renaissance, un cadre rejette, lui, la responsabilité d'un éventuel couac sur le gouvernement: "Ils ont eu un an" depuis les polémiques du 1er-Mai 2025 "pour recevoir les organisations syndicales! Et ils les reçoivent à l’arrache en leur disant d’avance qu’il n’y aura pas de CMP".
"On a commencé le macronisme par les ordonnances travail et on le finit comme ça?", avec "un manque d’anticipation", cingle-t-il encore.
Selon la loi, seul le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé et payé. Toutefois, le code du Travail admet aujourd'hui qu'un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là, mais il doit travailler seul ou presque.
Il peut en effet compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés. Au risque d'une amende de 750 euros par salarié concerné (1.500 euros s'il est mineur).
Le débat avait été relancé l'an dernier après que des boulangers se sont émus de contrôles inopinés.
mep-are-bat-bj-fff-vl/ito/abl
G.Haefliger--VB