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Moyen-Orient: les marchés suspendus aux pourparlers au Pakistan
Les Bourses mondiales ont terminé sur une note prudente vendredi et le pétrole a poursuivi sa baisse, à quelques heures de négociations de paix qui doivent se tenir entre les Etats-Unis et l'Iran au Pakistan.
A Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,56%, l'indice Nasdaq a gagné 0,35% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,12%.
En Europe, Londres (-0,03%) et Francfort (-0,01%) ont terminé à l'équilibre et Paris a progressé de 0,17%. Seule Milan a tiré son épingle du jeu en avançant de 0,59%.
Sur la semaine, les indices boursiers sont toutefois en forte progression.
Alors que des doutes ont émergé dans la journée sur la tenue, ou non, de ces discussions, le Premier ministre pakistanais a assuré que des représentants des deux pays se rendraient à Islamabad "où des négociations se tiendront pour instaurer la paix".
Mais des conditions posées par Téhéran continuent d'alimenter les incertitudes.
"Le volume des échanges recule depuis quelques jours, ce qui reflète également l'attentisme des investisseurs", relève Andreas Lipkow, de CMC Markets.
Pour Kathleen Brooks, directrice de recherche pour la plateforme d'investissements en ligne XTB, "les marchés ont envie de donner une chance à la paix".
- "Signaux contradictoires" -
Signe de l'espoir des investisseurs sur cette rencontre, les cours du pétrole ont à nouveau reculé vendredi.
Le baril de Brent de la mer du Nord a cédé 0,75% à 95,20 dollars et son équivalent américain, le baril de WTI a perdu 1,33% à 96,57 dollars.
Sur la semaine, ils ont même chuté d'environ 13%.
Pour les investisseurs, "la question centrale est de savoir si le pic des craintes liées à la sécurité maritime est désormais derrière nous", assure Elias Haddad, de Brown Brothers Harriman (BBH).
La navigation reste largement entravée dans le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le pétrole, quasi bloquée par l'Iran depuis le début de la guerre, alors que sa réouverture était une condition du cessez-le-feu.
"Le marché (du pétrole) reste pris entre des signaux contradictoires", résume Ole Hansen, responsable de la stratégie des matières premières pour la plate-forme d'investissement en ligne Saxo.
"Malgré des mesures prudentes vers la désescalade, le détroit (d'Ormuz) est resté effectivement contraint depuis fin février, avec un trafic maritime limité", développe-t-il.
Donald Trump a mis en garde l'Iran contre la mise en place de tout péage pour les navires souhaitant traverser le détroit.
"Même si cette trêve tient et débouche sur une cessation plus durable des hostilités, nous prévoyons que les prix du pétrole ne baisseront que progressivement", prévient Nancy Vanden Houten, d'Oxford Economics.
- L'inflation américaine ne surprend pas -
Les marchés boursiers ont à peine réagi à la publication des chiffres de l'inflation aux Etats-Unis pour le mois de mars, premières données officielles à mettre en exergue les conséquences de la flambée des prix de l'énergie.
L'indice CPI a progressé de 3,3% sur un an en mars, contre 2,4% le mois précédent, mais ce bond était largement attendu.
Le bond des prix à la pompe entre février et mars (+21,2%), conséquence directe du conflit au Moyen-Orient est le plus forte hausse mensuelle jamais enregistrée depuis la création d'un indice pour l'essence, en 1967, a souligné le service statistique américain BLS.
- La Chine, grande gagnante de la séquence? -
"La Chine est sans doute le gagnant de cette crise, notamment parce qu'elle avait fait de fortes réserves de pétrole avant le début de cette crise", affirme à l'AFP Vincent Juvyns, chef des stratégies d'investissements pour la banque belge ING.
"Chaque crise énergétique entraîne un grand engouement pour les énergies renouvelables. La Chine est le leader mondial des énergies renouvelables", ajoute-t-il, soulignant également la bonne santé des exportations de véhicules électriques chinois.
C.Stoecklin--VB