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Grève: pas de cohue malgré des métros perturbés, des manifs dans plusieurs villes
La cohue a été évitée jeudi matin sur une bonne partie des quais des métros et des RER parisiens, dont la circulation était fortement perturbée par une grève à l'appel de tous les syndicats de la RATP, en parallèle à une journée d'action nationale organisée par la seule CGT.
En Ile-de-France, beaucoup de salariés avaient visiblement opté pour le télétravail ou une journée de congé avant un week-end de trois jours en raison du 11 Novembre.
Cinq lignes sont entièrement fermées (2, 8, 10, 11 et 12), les autres ne roulant qu'aux heures de pointe, avec un service fortement dégradé. Mais "à part quelques usagers en colère, la plupart se montrent plutôt calmes et patients", relevait en matinée Nolwenn, 21 ans, agente de médiation RATP à Saint-Lazare.
A la SNCF, le mouvement soutenu par la seule CGT-Cheminots ne causait guère de perturbations. Sur les lignes TER, neuf trains sur dix circulaient en moyenne.
Une manifestation parisienne à l'appel de la CGT s'est ébranlée à la mi-journée de la place de la République, vers Opéra. "Il y a énormément de mobilisation dans beaucoup d'entreprises. Les syndicats que j'ai rencontrés n'ont jamais enregistré autant de conflits dans des entreprises, des PME, des petites boîtes", a déclaré Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.
Il regrette par ailleurs que "l'on ne soit pas tous ensemble ici". "Unissons-nous, soyons le plus nombreux possible, quitte à retrouver les ronds-points", a-t-il ajouté, quatre ans après le début du mouvement des gilets jaunes.
A Lyon, parmi le millier de manifestants, Patricia Champ, 67 ans, retraitée, qui veut "l'indexation des bas salaires ou des retraites". "Un gros salaire n'a pas besoins d'être indexé. S'il est gros, il est gros. Il sera toujours gros quand même. (...) Moi, c'est surtout pour les légumes. J'aime bien cuisiner mes légumes mais alors les salades, les tomates, les courgettes, ça a presque doublé".
L'ensemble des syndicats (CGT, FO, Unsa, Solidaires) de la RATP avaient appelé de longue date à la mobilisation pour demander des hausses de salaires et une amélioration des conditions de travail.
- "Gros coup de semonce" -
Les syndicats représentatifs (CGT, FO et Unsa) revendiquent en priorité des hausses de salaires (300 euros brut en plus pour tous demande la CGT) mais aussi une amélioration des conditions de travail et des recrutements.
"Aujourd'hui c'est un gros coup de semonce et on espère qu'ils vont l'entendre", a prévenu le secrétaire général de la CGT-RATP, Bertrand Hammache. Le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, avait fait le déplacement pour soutenir ses troupes majoritaires parmi les conducteurs. Il a salué "une mobilisation pleine et entière".
La RATP n'envisage pas de nouvelle hausse de salaire dans l'immédiat (+5,2% en 2022 selon la direction) mais Jean Castex, dont la nomination à la tête de la régie a été validée par le Parlement mercredi, a fait savoir qu'il ouvrirait des négociations dès le mois de décembre.
Autre motif de mobilisation: la future réforme des retraites avec un report possible de l'âge légal de départ et la fin des régimes spéciaux.
FO ne participe en revanche pas à la manifestation à Paris, qui s'inscrit dans le cadre d'une journée nationale de mobilisation interprofessionnelle à l'appel de la seule CGT, même si dans certains départements elle était rejointe par la FSU et Solidaires.
"Cette journée s'inscrit dans les journées précédentes avec la question centrale de l'augmentation des salaires sur laquelle on ne lâchera pas", a déclaré au début de la manifestation Nathalie Verdeil, secrétaire confédérale de la CGT, s'exprimant à la place de Philippe Martinez qui défilait à Nîmes.
La précédente journée à l'appel de la seule CGT, le 27 octobre, en pleines vacances scolaires, avait peu mobilisé: la police avait recensé 14.000 manifestants en province et 1.360 à Paris.
Les autorités parient sur 50 à 60.000 manifestants au niveau national.
D.Schneider--BTB