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Mondial-2026: insubmersible, l'Argentine défendra son titre contre l'Espagne
À croire que l'Argentine n'est jamais aussi forte qu'en étant dos au mur : menée par l'Angleterre, l'Albiceleste d'un Lionel Messi double passeur décisif s'est transcendée pour renverser la situation en fin de match et rallier la finale du Mondial où l'attend l'Espagne.
Ce sera la première fois que ces deux grandes nations du foot vont s'opposer à ce stade de la Coupe du monde, la Roja championne d'Europe ayant elle surclassé la France (2-0) lors de la première demi-finale disputée mardi à Dallas.
. Les Argentins, rois du twist and shout
Le duel historique s'annonçait électrique, il l'a été et son épilogue renversant a été épique, dans le bruit et la fureur du stade d'Atlanta. Quarante ans après la "main de Dieu" et "le but du siècle" inscrits en quatre minutes par Diego Maradona et 24 ans après le penalty de David Beckham qui a contribué à sortir l'Albiceleste dès le premier tour du Mondial-2002, Argentins et Anglais ont écrit un trépidant sixième chapitre de la longue rivalité qui les oppose sur la grande scène.
Pourtant leur première période a ressemblé à tout sauf du foot, avec des coups bas, des provocations en veux-tu en voilà et des accrochages incessants. Et il a fallu l’ouverture du score d'Anthony Gordon (55e) pour provoquer le réveil des Sud-Américains qui ont enfin montré leur meilleur visage, la peur de perdre au ventre, en courant après le score avec le mors aux dents.
Ces frissons les ont parcourus en 16es face au novice capverdien qui les a poussé à une prolongation, puis face à l'Égypte (3-2) en 8es et contre la Suisse encore dans l'extra-time en quarts (3-1 a.p.). Et leur cœur de champion en titre doublé d'un talent indéniable pour forcer le destin a encore fait la différence face aux Anglais, qui ont eu le grand tort de s'arrêter de jouer à 1-0 en leur faveur et l'ont payé très cher.
Lionel Messi, incontestable meilleur joueur de ce Mondial à 39 ans, a encore été déterminant en offrant deux caviars, d'abord un subtil décalage à Enzo Fernandez auteur d'une superbe frappe lointaine pour égaliser (85e), ensuite un centre parfait du pied droit, lui le gaucher ultime, sur la tête de Lautaro Martinez (90+2). Et voilà comment l'Argentine a mis KO en sept minutes les Three Lions de Harry Kane et Jude Bellignham bien transparents.
À l'issue de la rencontre, en célébrant leur victoire devant leurs supporteurs pendant que les fans anglais étaient réduits au silence, les joueurs ont agité une banderole avec inscrit "Les Malouines sont Argentines", preuve que 44 ans après, la Guerre des Malouines reste une de source de motivation supplémentaire pour l'Albiceleste. Ce contexte qui infuse chacune de leurs retrouvailles n'a néanmoins pas créé de débordements à Atlanta, où la police avait renforcé son dispositif de sécurité dans toute la ville.
Sacrée en 2022, l'Argentine n'est plus qu'à un match de réussir un doublé plus réussi depuis une éternité, quand le Brésil de Pelé et Garrincha avait été titré en 1958 puis 1962. Mais pour que Messi puisse soulever une deuxième fois le trophée suprême et ajouter une quatrième étoile au maillot ciel et blanc, il faudra se montrer plus fort que l'Espagne, impressionnante de maîtrise, dimanche à East Rutherford près de New York.
. La Roja a éteint les Bleus
À Dallas, la première demi-finale a été une démonstration de force collective de la part des Espagnols, récompensés par un penalty de Mikel Oyarzabal (22e) et un but de Pedro Porro (58e).
Supérieure sur tous les plans, l'équipe de Luis de la Fuente, championne d'Europe en 2024, a remporté la bataille du milieu et sa défense a éteint le trio d'attaque Mbappé-Dembélé-Olise. "Nous affrontions l'une des meilleures sélections du monde, mais celle-ci avait en face d'elle la meilleure équipe du monde", a résumé le sélectionneur.
Ils joueront dimanche sous les yeux de leur monarque, le roi Felipe VI, qui fera le voyage en compagnie de son épouse et de leurs deux filles.
Les Français, eux, disputeront la veille à Miami la "petite finale", un match à la portée purement symbolique mais qui ne sera pas dénué d'enjeux. La rencontre face à l'Angleterre sera aussi la dernière de Didier Deschamps en tant que sélectionneur des Bleus.
T.Ziegler--VB