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Tour de France: Waerenskjold, à fond la caisse
Toujours plus vite: vainqueur surprise à Nevers, le bison norvégien Soren Waerenskjold a remporté mercredi l'étape la plus rapide de l'histoire du Tour de France, avec une moyenne de 50,91 km/h.
Après dix jours de canicule, les quelques gouttes de pluie au départ à Vichy ont donné le coup d'envoi d'une journée supersonique pour effacer des tablettes le précédent record s'agissant d'une étape en ligne (50,36 km/h), en 1999 entre Laval et Blois, où l'Italien Mario Cippolini s'était imposé.
Depuis l'époque de "Super Mario", le matériel et le niveau général des coureurs ont beaucoup progressé et ces dernières années les records de vitesse sur les classiques, de Paris-Roubaix au Tour des Flandres, sont tombés comme des mouches.
Rien d'étonnant donc que le Tour y succombe, dès lors que les conditions étaient réunies comme mercredi avec du vent de dos sur une étape plate et courte - 161 km avalés en 3h10.
"Dans le cyclisme moderne, ça va de plus en plus vite, on y est habitués maintenant", a souligné le vainqueur du jour qui s'est même dit "surpris" que le record ait été battu parce que "l'étape n'a pas été si dure que ça".
Tadej Pogacar, qui a passé une journée tranquille comme tous les favoris, s'est rendu compte que ça allait vite, quand même, lorsqu'il s'est arrêté pour satisfaire un besoin naturel. "On a eu un mal fou à revenir dans le peloton", a raconté le maillot jaune avant de lister les raisons de ce nouveau record.
"D'abord, l'étape était courte et puis il y a eu une belle échappée qui avait une vraie chance d'aller au bout. Les équipes de sprinteurs ont dû s'employer pour les rattraper et ça a forcément joué sur la moyenne. Mais la principale raison, c'est le vent dans le dos."
- Waerenskjold "premier surpris" -
Waerenskjold était d'accord. "Le peloton ne laisse plus beaucoup de marge aux échappés et la moyenne s'en ressent", a souligné le colosse d'Uno-X, un beau bébé de 1,95 m pour 92 kg, après avoir décroché, à 26 ans, "la plus belle victoire" de sa carrière.
Le Norvégien, vainqueur du Het Nieuwsblad l'an dernier, s'est imposé au terme d'un sprint décousu en suivant Cees Bol, le lanceur d'Olav Kooij, qui avait pris quelques mètres d'avance, pour créer la surprise devant Kooij et Jasper Philipsen, déclassé puis reclassé à la troisième place.
Car Waerenskjold a beau avoir un gabarit démesuré qui n'est pas un cadeau dans le Tourmalet ou l'Alpe d'Huez, ce n'est pas un pur sprinteur. "Son grand objectif est de gagner Paris-Roubaix et son entraînement n'est axé qu'en partie sur le sprint", a expliqué son directeur sportif Stig Kristiansen, décrivant un homme très à l'écoute des autres, "peut-être parce que sa mère est infirmière et son père policier".
"Je suis le premier surpris, a avoué Waerenskjold lui-même. En venant sur le Tour, je savais qu'il y avait deux ou trois gars plus rapides que moi mais aussi que c'était possible avec un peu de réussite. C'est juste dingue que ça se produise aujourd'hui parce que je suis tombé hier (il a même fini dernier de l'étape vers Le Lioran, ndlr) et que je me sentais vraiment +merdique+ au départ."
- Alaphilippe à l'attaque puis lâché -
Pour réaliser son "rêve", encore fallait-il rattraper l'échappée, ce qui fut fait lorsque Mathis Le Berre, Anthon Charmig et Nelson Oliveira ont rendu les armes à 5,5 km de l'arrivée.
"On a roulé à fond", a rapporté Le Berre, pas étonné d'avoir été un acteur de l'étape la plus rapide de l'histoire: "j'avais (un braquet de) 56x11 quasiment toute la journée."
Au départ, ils étaient quatre avec aussi Julian Alaphilippe. Mais le double champion du monde (2020 et 2021) a, dans une scène qui faisait peine à voir, été le premier à lâcher prise dans la petite côte de Billy-Chevannes à 36 km de l'arrivée, symbole de ses difficultés dans ce Tour et depuis le début de la saison.
Pour ajouter à la déception, "Alaf" a ensuite perdu contact avec le peloton pour franchir la ligne en dernière position, à plus de sept minutes du vainqueur.
"Je me sentais vraiment bien au début de l'étape. Mais sur le final ça m'a lâché, un peu comme les derniers jours. Je fais un peu avec les jambes que j'ai en ce moment", a déclaré le Français avant de lâcher: "c'était tellement rapide".
O.Schlaepfer--VB