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Mondial-2026: Deschamps, une sortie amère au bout de 14 années exceptionnelles
Didier Deschamps ne quittera pas ses habits de sélectionneur de l'équipe de France sur un troisième titre de champion du monde mais cette sortie au goût amer n'éclipsera pas 14 années exceptionnelles à la tête des Bleus.
Le technicien de 57 ans fera ses adieux aux Tricolores à l'issue du match pour la troisième place, samedi à Miami contre le perdant d'Angleterre-Argentine. Quel que soit le résultat de cette partie, il sera à jamais associé au deuxième sacre tricolore en 2018 et aura su replacer sur le devant de la scène une formation au fond du trou après le fiasco de la Coupe du monde 2010 et la fameuse grève de l'entraînement à Knysna.
Arrivé aux commandes en 2012, il a patiemment rebâti l'édifice bleu pierre par pierre avec une progression constante: un quart de finale prometteur au Mondial-2014 au Brésil, une finale frustrante à l'Euro-2016 à domicile, la victoire au Mondial-2018 en Russie avant de passer tout près du doublé en 2022 au Qatar. Une liste à laquelle il faut aussi ajouter une Ligue des nations glanée en 2021 et une demi-finale à l'Euro-2024. Une incroyable constance au sommet du football international.
La sortie de route en 8e de finale à l'Euro-2021, aux tirs au but contre la Suisse, est ainsi la seule véritable contre-performance de l'ère Deschamps.
- Armada offensive -
Alors qu'il voulait laisser les Bleus tout en haut, sa quatrième Coupe du monde s'est toutefois terminée dans le dernier carré face à l'Espagne (2-0), sa bête noire, le seul pays contre qui il n'aura pas trouvé de solution pour gagner. Mais il aura la consolation d'avoir maintenu durant ces longues années la France dans le gratin des meilleures nations.
Durant le Mondial nord-américain, le pragmatique sélectionneur, adepte du contrôle permanent, a misé sur une armada offensive à nulle autre pareille avec le trio magique Mbappé-Dembélé-Olise et accordé une liberté inhabituelle à ses attaquants.
Ne souhaitant se priver ni de sa superstar Kylian Mbappé, ni de son Ballon d'Or Ousmane Dembélé, ni de sa pépite Michael Olise, échaudé par les critiques qui ont suivi l'élimination face à l'Espagne (2-1) en demi-finale de l'Euro-2024 en Allemagne où l'animation offensive avait été indigente (4 buts inscrits en six matches dont un sur penalty et deux contre son camp), le boss des Bleus a repensé son organisation.
Deschamps a pris le temps d'ajuster ce qui n'allait plus et a régénéré son groupe en y intégrant notamment six vice-champions olympiques de Paris-2024, Olise en tête de gondole. Quitte à sacrifier l'équilibre de son équipe, un aspect avec lequel il n'a que très rarement transigé au cours de sa carrière d'entraîneur, en bon disciple d'Aimé Jacquet, le sélectionneur des champions du monde 1998.
- Le plus beau palmarès -
"On peut jouer avec quatre offensifs, si on a le ballon, il n'y a pas de soucis. L'objectif est de créer le plus de problèmes à l'adversaire", avait-il déclaré le 25 mars.
"L'équipe de France est une équipe offensive. Elle a cette capacité à se créer des occasions. C'est quelque chose d'important. Il faudra garder cette capacité que l'on a à mettre l'adversaire en difficulté et à pouvoir marquer des buts", a-t-il également souligné durant le Mondial.
Candidat naturel au titre suprême, Deschamps n'étoffera pas son palmarès d'une troisième étoile mais celui-ci reste le plus beau du football français.
Sa dernière campagne a aussi été marquée par le décès de sa mère le lendemain du succès contre l'Irak (3-0) à Philadelphie, un deuil qui l'a obligé à quitter les Etats-Unis pour assister aux obsèques en France. Un événement qui a encore plus soudé le groupe comme l'a affirmé Adrien Rabiot, la veille de la demi-finale.
"En dehors du terrain, ça fonctionne très bien et je pense que c'est une grande part de cette réussite. Il y a aussi des choses qui nous ont rapprochés, par exemple les difficultés qu'a connues le coach aussi, sachant que c'est également sa dernière compétition à la tête de l'équipe de France", a-t-il expliqué.
La page Deschamps très bientôt refermée, c'est désormais vers Zinédine Zidane que tous les yeux convergent. L'icône du sport français, devenu avec le Real Madrid un entraîneur à succès (trois Ligues de champions de 2016 à 2018), devrait rapidement être intronisé pour reprendre le flambeau et occuper un poste dont il rêve depuis si longtemps. Avec la lourde charge de ne pas dilapider le formidable héritage laissé par son illustre prédécesseur.
T.Ziegler--VB