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SpaceX décolle au Nasdaq après la clôture en hausse des Bourses en Europe
La cotation de SpaceX a commencé vendredi à New York, au moment où les Bourses d'Europe clôturaient en hausse en misant encore une fois sur un accord au Moyen-Orient, avec le pétrole revenu sous le seuil des 90 dollars le baril.
Les deux informations se sont télescopées peu après 15H30 GMT. L'action de la société aérospatiale d'Elon Musk a commencé à s'échanger à 150 dollars au Nasdaq, gagnant 11%, tandis qu'en Europe, les Bourses terminaient en progression (Paris +1,83%, Francfort +1,76%, Londres +1,63% et Milan +1,97%).
"SpaceX souhaite pouvoir vous emmener sur la Lune, sur Mars (...)", a promis Elon Musk, dont la fortune a passé la barre des 1.000 milliards de dollars avec la ruée vers les titres SpaceX (satellites, fusée, rampe de lancement, fournisseur d'internet en orbite avec Starlink...).
SpaceX symbolise l'enthousiasme des investisseurs pour la chaîne de l'intelligence artificielle (IA), qui a permis aux marchés asiatiques et américain de battre des records malgré le coût de la guerre lancée par Donald Trump contre l'Iran le 28 février (hausse du pétrole, inflation, tension sur les taux).
"Qu'achetez-vous si vous achetez SpaceX? Des centres de données d'IA dans l'espace, des colonies sur Mars", a tenté de décrypter l'analyste Neil Wilson de la plate-forme Saxo, qui a proposé des titres SpaceX à ses clients. "C'est une entreprise d'infrastructures d'IA avec des fusées greffées dessus", a-t-il résumé.
"Cela crée à la fois des opportunités et des risques", a relevé Matt Britzman, analyste senior du marché des actions pour Hargreaves Lansdown. "Les investisseurs feraient mieux de voir les deux faces de la pièce", a-t-il souligné.
Quelques minutes après le lancement de sa cotation, le titre SpaceX gagnait 20% mais ne pesait pas encore sur l'indice Nasdaq, qui était à l'équilibre (+0,02%). Le Dow Jones (+0,54%) et le S&P 500 (+0,35%) progressaient comme à l'ordinaire.
En Europe, une autre information a tiré les marchés vers l'optimisme et la prise de risques: l'Iran a jugé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche". Médiateur, le Premier ministre du Pakistan a affirmé qu'un accord sur un texte de paix a même été "atteint".
Donald Trump, qui a déjà annoncé par 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, avait auparavant évoqué la possibilité d'une possible signature dès ce week-end.
"Et le marché a aimé ça, et donc il a bondi", a commenté auprès de l'AFP Antoine Andreani, analyste de XTB, au sujet du énième "deal" annoncé par M. Trump après des menaces de frapper l'Iran.
"Quand Trump fait des grosses déclarations, il les fait vraiment quand techniquement les indices doivent monter. Je pense que Trump est entouré de gens qui s'y connaissent en trading et dans la finance parce qu'à chaque fois qu'il intervient, c'est vraiment fait avec minutie, avec un timing quasi parfait", a ajouté M. Andreani.
En attendant, le marché pétrolier a parié sur une réouverture du détroit d'Ormuz, où est bloqué l'écoulement de 20% de la production mondiale de pétrole.
- Le pétrole en baisse -
Vers 16H30 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence du brut, s'échangeait à 87,15 dollars le baril, en baisse de 3,57% par rapport au jour précédent. Le WTI américain baissait dans des proportions similaires (-3,41% à 84,72 dollars le baril).
"Le pétrole repasse sous 90 dollars, et c'est peut-être l'élément le plus important de la semaine", a noté Florian Ielpo, analyste de la banque privée Lombard Odier.
"Le marché ne croit pas forcément à une paix durable, mais il commence à croire que le pire scénario énergétique devient moins central et c'est déjà beaucoup (...) Si le pétrole baisse, la transmission des prix de l'énergie vers l'inflation peut se calmer", a-t-il ajouté.
La baisse du pétrole a soutenu la prise de risque sur les marchés boursiers européens. Dans l'espoir d'une fin de la guerre en Iran, le secteur du tourisme-transport a nettement progressé en Allemagne, par exemple, en particulier le voyagiste TUI (+8,69%), le groupe aérien Lufthansa (+5,18%) et l'exploitant d'aéroports Fraport (+5,86%).
Les taux se relâchaient sur le marché obligataire au lendemain du relèvement des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) face à l'inflation.
Le rendement du "Bund" allemand à dix ans affichait 2,99%, contre 3,03% la veille, et son équivalent français baissait encore davantage" (3,74% contre 3,80%).
F.Stadler--VB