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Aux Canaries, le pape réitère son soutien aux migrants et les appelle à s'intégrer
"Nous sommes tous des migrants": le pape a renouvelé vendredi aux Canaries ses marques de soutien envers les migrants, tout en les incitant à faire leur partie du "chemin réciproque" de l'intégration, au dernier jour d'un voyage en Espagne largement consacré à la question migratoire.
La question de l'accueil des migrants est chère à Léon XIV, à l'instar de son prédécesseur François, à un moment où les politiques migratoires se durcissent dans de nombreux pays d'Europe et où l'Espagne fait, elle, justement figure d'exception avec des mesures beaucoup plus libérales.
Depuis l'île de Tenerife sur l'archipel des Canaries, l'une des portes d'entrée en Europe des migrants en situation irrégulière, le pape a de nouveau exprimé vendredi un soutien appuyé envers les migrants, assurant devant plusieurs centaines d'entre eux réunis dans un centre d'accueil que "nous sommes tous, d'une certaine manière, des migrants".
Ainsi, le souverain pontife a-t-il appelé les migrants, sans "effacer (leur) histoire", à "apprendre la langue" du pays d'accueil, "respecter ses lois, connaître ses coutumes", tout en rappelant aux sociétés qui les accueillent leurs "devoirs", notamment celui d'aider autrui à "se sentir partie vivante d'une communauté".
Tout cela, selon lui, dans le but d'éviter la formation de "mondes parallèles fermés les uns aux autres, où les gens vivent ensemble sans vraiment se rencontrer".
- "Vies perdues" -
"Intégrer, c'est empêcher (un) deuxième naufrage", a encore déclaré Léon XIV, en référence à la traversée périlleuse de l'Atlantique durant laquelle 1.172 migrants ont péri en direction des Canaries, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
D'après le ministère espagnol de l'Intérieur, près de 18.000 autres ont pu arriver sur l'archipel à bord d'embarcations de fortune l'an passé, loin toutefois des près de 50.000 entrées irrégulières de 2024.
A l'instar de ses propos de jeudi prononcés sur l'île voisine de Grande Canarie, au large des côtes africaines, Léon XIV a une nouvelle fois déploré "chaque vie perdue" sur les routes migratoires, "un échec pour la famille humaine".
Aliu Ceesay, 16 ans, arrivé de Gambie il y a un mois, se félicite de la position de ce pape "si gentil": "Il ne se soucie pas de savoir si nous sommes noirs ou blancs, musulmans ou chrétiens. Il veut nous aider".
- "Enfants d'immigrés" -
Rencontrée par l'AFP, Jessica Lopez, une employée administrative de 43 ans, dit, elle, "comprendre et défendre" le message de Léon XIV: "Ce sont des gens qui ont laissé leur vie derrière eux", défend-elle, rappelant que "nous, la plupart de nos familles, nous sommes enfants d'immigrés".
Elle note toutefois que "cela a des conséquences, dans l'espace public, au centre de santé, sur les listes d'attente".
Venue avec sa mère, Claudia De Las Casas, une adolescente de 17 ans, pense aussi que c'est "très bien qu'une figure aussi importante que le pape rende le problème visible".
Son frère aîné de deux ans, Jorge, acquiesce, tout en estimant qu'"en Espagne, la question des migrants est un sujet compliqué", polarisant le débat public ces dernières années entre la gauche au pouvoir central à Madrid et l'opposition de droite et d'extrême droite.
Le pape doit célébrer vendredi en milieu de journée une messe en plein air sur le port de Santa Cruz devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles, avant de repartir dans l'après-midi vers Rome.
Avant les Canaries, Léon XIV s'était rendu à Madrid et Barcelone au cours de ce voyage en Espagne entamé samedi dernier et durant lequel une foule immense a suivi la plupart de ses déplacements.
T.Ziegler--VB