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Au ralenti, les usines automobiles allemandes songent aux constructeurs chinois et l'armement
En crise, des constructeurs automobiles allemands cherchent des solutions pour leurs usines sous-utilisées. Parmi les pistes envisagées, les ouvrir à des concurrents chinois ou à des groupes d’armement.
En Allemagne, comme ailleurs en Europe, le secteur est plombé par une transition chaotique vers l'électrique et la concurrence de marques chinoises comme BYD ou MG, qui proposent des véhicules de qualité à plus bas prix.
Celles-ci représentent désormais environ 9% des ventes totales sur le Vieux Continent, selon le cabinet de conseil Dataforce. Pour accroître cette part de marché et contourner les taxes douanières, ces groupes sont désireux de produire en Europe.
Pour des entreprises européennes en difficulté, ouvrir leurs chaînes de production qui tournent au ralenti à ces concurrents peut s'avérer tentant, à l'instar du géant Stellantis, maison mère de Peugeot, Jeep et Fiat, qui a passé un accord en ce sens avec Dongfeng.
- "Assurer l'avenir" -
Volkswagen, premier constructeur européen, a indiqué en avril être disposé à de tels "partenariats", au moment où il supprime les emplois par dizaines de milliers et cherche à réduire d'environ un million de véhicules ses capacités de production mondiales.
Si en Allemagne aucun constructeur n'a encore sauté le pas, dans les régions abritant des usines tournant au ralenti, des politiques disent préférer l'arrivée de partenaires chinois à la fermeture des usines.
"Pour assurer l'avenir de l'industrie automobile en Saxe et en Allemagne, il est essentiel de ne pas ignorer cette réalité", dit à l'AFP Dirk Panter, ministre de l’Économie du Land de Saxe, où le site VW de Zwickau est menacé.
Selon le quotidien économique Handelsblatt, Volkswagen, qui compte dix marques, d'Audi à Seat en passant par Skoda et VW, avait engagé dès 2024 des discussions avec des constructeurs chinois, mais elles n'ont pas abouti.
Un porte-parole du groupe a dit à l'AFP qu'aucune "discussion concernant la production de véhicules chinois dans les usines allemandes du groupe Volkswagen" n'était "actuellement" en cours.
Des analystes évoquent d'une part les réticences des constructeurs et des autorités allemandes à faciliter l'accès au marché européen à des groupes chinois. D'autres soulignent que les fabricants asiatiques hésiteraient aussi à venir en raison des coûts élevés en Allemagne par rapport à d'autres pays européens.
Les partenariats annoncés par Stellantis se concentrent d'ailleurs sur l'Espagne et la France.
- Fabriquer des blindés? -
Alors parallèlement, des industriels allemands étudient une autre piste: ouvrir leurs sites à des entreprises de défense.
Car le secteur est en pleine expansion sur fond d'envolée des dépenses publiques en Allemagne dans le cadre d'un grand plan de réarmement pour faire face aux ambitions d'une Russie belliqueuse et à un allié américain toujours plus imprévisible.
Selon l’hebdomadaire Der Spiegel, le groupe franco-allemand KNDS serait ainsi en discussions pour reprendre une usine Mercedes-Benz à Ludwigsfelde, au sud de Berlin, pour y produire des véhicules blindés.
Un porte-parole n'a pas voulu confirmer ces informatisions, mais il a dit à l'AFP que l’entreprise "recherchait des partenaires industriels adaptés pour accompagner la montée en puissance prévue dans le secteur de la défense".
Mercedes a admis chercher "une solution pérenne pour l’avenir du site de Ludwigsfelde".
Volkswagen a pour sa part confirmé être en discussions avec des entreprises de défense en vue de la reprise d'un site à Osnabrück, où la production d'automobiles doit cesser dans le cadre d'un plan d’économies.
Selon la presse, des discussions sont en cours avec l'israélien Rafael Advanced Defence Systems pour y produire des camions et des générateurs pour le système de défense antimissile Iron Dome.
Reste que l’entrée de Volkswagen dans le secteur de la défense pourrait susciter des controverses. Le groupe, fondé à l'époque nazie, a fabriqué des équipements militaires pendant la Seconde Guerre mondiale et recouru au travail forcé.
"Historiquement, ce n’est pas un sujet simple pour Volkswagen que de partager ses sites avec des entreprises de défense", souligne Stefan Bratzel, expert du secteur au Center of Automotive Management en Allemagne.
G.Schmid--VB