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L'Iran annonce que le manifestant Erfan Soltani ne sera pas exécuté
L'Iran a annoncé jeudi qu'un manifestant dont le sort inquiète Washington et les défenseurs des droits humains ne serait pas condamné à mort après sa récente arrestation, tandis que Donald Trump a dit "observer" la situation dans le pays où il a menacé d'intervenir militairement.
Les défenseurs des droits humains ont accusé ces derniers jours l'Iran de mener à huis clos une répression qui aurait fait des milliers de morts, dans un pays de près de 86 millions d'habitants privé depuis une semaine de communications par internet et largement coupé du monde.
Les manifestations initialement liées au coût de la vie avaient commencé le 28 décembre avant de s'étendre à travers le pays, visant ouvertement le pouvoir, dans un mouvement de contestation parmi les plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979.
Face aux informations sur la répression brutale menée par les autorités, notamment depuis la coupure de l'internet le 8 janvier, le président américain a brandi des menaces répétées d'intervention militaire.
Mercredi, Donald Trump a cependant affirmé avoir été informé "par des sources très importantes" que "les tueries ont pris fin" et que les exécutions prévues de manifestants n'auraient finalement "pas lieu".
Les Etats-Unis de même que des organisations de défense des droits de l'homme s'inquiétaient en particulier du sort d'Erfan Soltani, un manifestant de 26 ans dont ils craignaient l'exécution, dans un pays qui applique largement la peine capitale par pendaison.
L'Iran a démenti jeudi que le manifestant arrêté samedi ait été condamné à mort et puisse être exécuté.
Erfan Soltani est incarcéré à la prison de Karaj, près de Téhéran, et accusé de rassemblements contre la sécurité nationale et de propagande contre le système, a déclaré le pouvoir judiciaire iranien, précisant que la loi ne prévoyait pas la peine capitale pour ces chefs d'accusation.
"S'il est reconnu coupable il sera condamné à une peine de prison", a ajouté le pouvoir judiciaire.
- "Minimum absolu" -
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait affirmé qu'il n'y aurait "pas de pendaison" mercredi ou jeudi, dans une interview à la chaîne américaine Fox News.
"Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel", a pour sa part lancé mercredi le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi.
Selon le dernier bilan de l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 3.428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement. "Ce chiffre est un minimum absolu", avertit l'organisation, qui fait aussi état de plus de 10.000 arrestations.
Le Conseil de sécurité des Nations unies prévoit de se réunir jeudi, à la demande des Etats-Unis, pour "un briefing sur la situation en Iran", selon sa présidence.
Après un pic de manifestations en fin de semaine dernière, les autorités ont tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant mercredi à Téhéran une "marche de résistance nationale" et les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres "martyrs" tués.
Des banderoles proclamant "Mort à l'Amérique" et des photos du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, émergeaient de la foule, selon un journaliste de l'AFP, de même qu'une photo montrant Donald Trump, le visage ensanglanté, lors d'une tentative d'assassinat dont il a été victime en 2024, avec la légende: "Cette fois il ne manquera pas sa cible".
- Procès "rapides" -
Selon le chef de la diplomatie iranienne, "le calme règne" à présent dans le pays et les autorités ont le "contrôle total" de la situation.
Si le ministre a dit que Téhéran était ouvert à la diplomatie, d'autres responsables ont durci le ton mercredi envers les Etats-Unis et Israël.
L'Iran est prêt à riposter "de manière décisive" à toute attaque, a notamment averti le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour.
Face à ces "tensions régionales", le Qatar a fait état du départ d'une partie du personnel de la base américaine d'Al-Udeid, la plus importante au Moyen-Orient.
En parallèle, le Royaume-Uni a annoncé avoir "fermé temporairement" son ambassade à Téhéran, tandis que l'Espagne et l'Inde ont appelé leurs ressortissants à quitter l'Iran.
A Téhéran, le pouvoir judiciaire a promis des procès "rapides" et "publics".
"Toute société peut s'attendre à des manifestations, mais nous ne tolérerons pas la violence", a insisté mercredi un responsable gouvernemental, affirmant qu'aucune nouvelle "émeute" n'avait eu lieu depuis lundi.
Les autorités ne fournissent pas de bilan officiel à ce stade, l'identification des victimes étant toujours en cours, a précisé un autre haut responsable.
L.Wyss--VB