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Les Etats-Unis affirment avoir "dévasté" le programme nucléaire iranien par des frappes sans précédent
Les frappes américaines sans précédent menées dimanche en Iran ont "dévasté" le programme nucléaire iranien, a affirmé dimanche le Pentagone, précisant qu'elles ne visaient pas à un changement de régime à Téhéran, tandis que Téhéran accusait Washington d'avoir franchi une "ligne rouge" majeure.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a condamné l'"agression" menée contre trois importants sites nucléaires iraniens et accusé les Etats-Unis d'être "derrière" l'opération militaire israélienne déclenchée le 13 juin contre l'Iran.
L'agence de presse iranienne Irna a fait état après ces raids du tir de 40 missiles sur Israël, qui ont fait de nombreux dégâts et 23 blessés, selon les secours israéliens.
Dissipant le doute qu'il avait laissé planer sur une intervention, réclamée par son allié israélien, le président américain, Donald Trump, a annoncé que les principales installations d'enrichissement nucléaire du pays, soupçonné par les Occidentaux et par Israël de vouloir se doter de l'arme atomique, avaient été "totalement détruites" par les frappes américaines.
Les raids américains n'ont fait aucune victime, selon le Croissant-Rouge iranien, mais l'ampleur exacte des dégâts reste inconnue.
Israël a annoncé vérifier la situation sur le site majeur de Fordo, une usine d'enrichissement d'uranium enfouie sous une montagne à 180 kilomètres au sud de Téhéran.
À Jérusalem, Claudio Hazan, un ingénieur en informatique de 62 ans, dit à l'AFP espérer que l'intervention américaine va "écourter" une guerre "inévitable".
- "Il ne reste rien" -
Les forces armées iraniennes ont elles dit avoir utilisé "pour la première fois" des missiles balistiques à têtes multiples. Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont menacé de recourir à des "options qui dépassent l'entendement".
Israël a relevé son niveau d'alerte sur tout le territoire et annoncé une nouvelle série de frappes en Iran ainsi que la poursuite de sa campagne militaire.
Une explosion "massive" a été entendue dimanche dans la province méridionale de Bouchehr, où est située une centrale nucléaire, a indiqué le quotidien iranien Shargh.
A Ramat Aviv, un quartier habité de Tel-Aviv, les habitants ont découvert au sortir des abris des bâtiments éventrés. "Il ne reste rien", a témoigné l'un d'eux, Aviad Chernichovsky. Un lotissement a aussi été touché à Ness Ziona, plus au sud.
"Les installations essentielles d'enrichissement nucléaire de l'Iran ont été intégralement et totalement détruites. L'Iran (...) doit maintenant faire la paix", a déclaré Donald Trump, menaçant sinon d'attaques "bien plus importantes".
Avant l'offensive massive lancée le 13 juin par Israël contre l'Iran, Téhéran et Washington menaient depuis avril des pourparlers via la médiation d'Oman pour un accord sur le nucléaire.
Les Etats-Unis et Israël "ont franchi une ligne rouge majeure" a fustigé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, en visite à Istanbul.
- "Dangereuse escalade" -
Il a affirmé que son pays, affaibli par des années de sanctions, dix jours d'offensive israélienne et les revers infligés par Israël à ses alliés, notamment du Hamas et du Hezbollah, se défendrait "par tous les moyens nécessaire", et décliné les appels européens à un retour à la table des négociations.
Alors que Moscou a condamné les frappes américaines, il a annoncé qu'il rencontrerait le président russe Vladimir Poutine lundi.
Le programme nucléaire iranien est "dévasté", a dit le ministre de la Défense américain, Pete Hegseth, précisant que les frappes ne visaient pas "un changement de régime".
Sept bombardiers furtifs B-2 ont mené ces raids, contre lesquels, a-t-il dit, la défense aérienne iranienne n'a pas réagi.
"Aucune hausse des niveaux de radiation n'a été signalée", a indiqué l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a annoncé une "réunion d'urgence" lundi.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est inquiété d'une "dangereuse escalade". Les pays arabes ont fermement condamné les frappes américaines, s'inquiétant de leurs retombées régionales.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a félicité M. Trump pour avoir imprimé un "tournant historique" pouvant "aider à conduire le Moyen-Orient" vers la paix.
Jusqu'à présent, les Etats-Unis s'étaient limités à une aide défensive à Israël mais, selon les experts, eux seuls avaient la capacité de détruire les sites iraniens profondément enfouis, comme Fordo.
- Rapatriements en France -
Donald Trump avait affirmé que l'Iran était "à quelques semaines, voire quelques mois" de l'arme atomique.
Les raids américains "n'arrêteront pas" le programme nucléaire, a réagi l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.
Israël a lancé le 13 juin une offensive d'une ampleur sans précédent sur l'Iran avec pour objectif affiché d'empêcher le pays de se doter de la bombe atomique.
Son armée a frappé des centaines de sites militaires ou liés au programme nucléaire iranien, décapité l'état-major général des forces armées et tué une dizaine de scientifiques du nucléaire.
L'Iran, qui dément vouloir se doter de l'arme atomique et défend son droit à un programme nucléaire civil, riposte par des salves de drones et missiles balistiques, la plupart interceptés par les systèmes de défense israéliens.
Côté iranien, la guerre a fait plus de 400 morts et 3.056 blessés, en majorité des civils, selon un bilan officiel. Les tirs iraniens sur Israël ont fait 25 morts, selon les autorités israéliennes.
La France a annoncé organiser des vols de Jordanie dimanche et lundi pour rapatrier d'Israël des ressortissants français.
Les rebelles Houthis au Yémen, qui avaient menacé de représailles en cas d'intervention américaine directe se sont dit prêts "à cibler les navires et les bâtiments de guerre américains en mer Rouge".
Israël, qui maintient l'ambiguïté sur sa possession de l'arme atomique, détient 90 ogives nucléaires, selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.
M.Schneider--VB