-
Logement: les expulsions ont atteint un niveau record en 2025
-
Assassinat de Lumumba : la justice ordonne le renvoi en procès d'un ex-diplomate belge
-
Financement libyen: Guéant "pas en capacité de comparaître" au procès en appel
-
Au tribunal, l'ex-leader du Sinn Fein Gerry Adams dément toute appartenance à l'IRA
-
Allemagne: des Ukrainiens suspectés de préparer des sabotages pour Moscou devant la justice
-
Municipales: Delogu se retire à Marseille, Knafo pourrait l'imiter à Paris
-
Israël annonce avoir tué le chef de la sécurité en Iran
-
Hôpitaux publics: l'activité est restée "très dynamique" en 2025
-
En Suède, une prison se prépare à accueillir des enfants de 13 ans, malgré les critiques
-
À Sao Paulo, un "Big Brother" boosté à l'IA cible les délinquants, et des innocents
-
Un survivant de la bombe atomique d’Hiroshima, enlacé par Obama en 2016, meurt à 88 an
-
Ali Larijani, le chef de la sécurité iranienne parvenu au sommet du pouvoir iranien avec la guerre
-
Policier condamné à planter des arbres: la Turquie épinglée à la CEDH
-
Près des trois quarts des Français disent avoir renoncé à un soin ces 5 dernières années
-
Procès Zepeda: le Chilien maintient qu'il n'a pas tué son ex-petite amie japonaise
-
Municipales: le PS critiqué pour ses alliances avec LFI, les dés bientôt jetés en vue du second tour
-
L'exode de dizaines de millions d'Indonésiens pour la fin du ramadan
-
Israël affirme avoir éliminé le chef de la sécurité en Iran
-
Liban: nouvel ordre d'évacuation israélien dans le sud, frappes sur la banlieue de Beyrouth
-
La nouvelle version de la série "Buffy contre les vampires" annulée
-
Un Chilien jugé pour la 3e fois pour l'assassinat de son ex-petite amie japonaise
-
La Bourse de Paris stable face à la remontée du prix du pétrole brut et avant la BCE
-
"Le toit m'est tombé sur la tête", raconte un médecin après une frappe à Kaboul
-
Assassinat de Lumumba: vers un procès historique en Belgique?
-
Images dénudées par l'IA Grok: trois adolescentes américaines assignent xAI
-
Australie: menaces de mort contre la mère de l'assaillant présumé de la plage de Bondi
-
Des centaines de morts et blessés dans un hôpital de Kaboul après une frappe pakistanaise, selon l'Afghanistan
-
Nvidia présente des puces conçues pour les centres de données dans l'espace
-
NBA: 50e succès pour Wembanyama et les Spurs
-
Ligue des champions: Manchester City au pied de la montagne Real Madrid
-
Ligue des champions: à Londres, le PSG doit assurer et confirmer
-
Israël bombarde Téhéran et le Liban, vague d'attaques en Irak
-
Désolation après des frappes pakistanaises sur Kaboul
-
Municipales: les dés bientôt jetés en vue du second tour, le PS ciblé pour ses alliances avec LFI
-
Trump insiste auprès d'alliés réticents pour aider les Etats-Unis à sécuriser le détroit d'Ormuz
-
Nombreux morts et blessés après des frappes pakistanaises sur Kaboul
-
Un juge suspend la refonte de la politique vaccinale américaine par l'administration Trump
-
Trump déplore le manque d'enthousiasme de ses alliés à venir sécuriser le détroit d'Ormuz
-
Liban: plus d'un million de déplacés, Israël annonce des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah
-
Liban: le président israélien appelle l'Europe à soutenir "tout effort visant à éradiquer le Hezbollah"
-
Pris à son tour par la fièvre OpenClaw, Nvidia lance sa plateforme d'agents IA
-
Michaël Arnoult, le sacre d'un chef discret au service du terroir
-
Cuba annonce que sa diaspora pourra investir sur l'île
-
Wall Street reprend des couleurs avec le recul du pétrole
-
Ligue des champions: le Real Madrid est-il vraiment meilleur sans ses stars ?
-
Trump parle un peu de guerre, beaucoup de marbre et de peinture
-
Les dugongs, tortues et poissons du Golfe menacés par la guerre
-
Le Michelin décerne 62 nouvelles étoiles et célèbre le "terroir"
-
La Bourse de Paris respire grâce au répit sur le marché pétrolier
-
Cuba annonce que ses émigrés, notamment résidant aux Etats-Unis, vont pouvoir investir
Bala Amarasekaran, une vie au chevet des chimpanzés de Sierra Leone
"Depuis 30 ans, je n'ai jamais l'impression d'aller au travail, parce que les chimpanzés c'est ma vie, ma passion, c'est ma famille que je vais voir tous les jours...", lance à l'AFP Bala Amarasekaran, qui a fondé en 1995 en Sierra Leone un sanctuaire réputé mondialement pour chimpanzés orphelins.
Par amour pour nos plus proches cousins, l'homme et ses équipes se battent depuis 30 ans pour préserver cet oasis.
Le sanctuaire de Tacugama est devenu la destination d'écotourisme numéro un du pays et un modèle de conservation en Afrique de l'Ouest.
Lors de la visite d'une équipe de l'AFP, Bala désigne un enclos où de jeunes orphelins nouvellement arrivés après avoir vécu des traumatismes, et "encore timides", sont regroupés en attendant d'être intégrés à un plus grand groupe.
D'un geste tendre, il tapote le nez et caresse la joue d'un jeune, lui murmurant quelques mots. Juste à côté, un chimpanzé adolescent, visiblement jaloux, réclame sa main pour le saluer, le fixant avec intensité.
Le sanctuaire, proche de la capitale Freetown, est plongé dans la touffeur du parc national de la Péninsule de la Région Ouest.
Ces orphelins y arrivent mal-nourris, ou blessés par balle ou à la machette, souvent après avoir été vendus par des braconniers.
Le chimpanzé d'Afrique de l'Ouest est considéré comme une espèce "en danger critique d'extinction". Les orphelins vivent dans les dizaines d'hectares sauvages protégés du sanctuaire, qui abrite 123 primates.
Rien ne prédestinait Bala Amarasekaran, 64 ans, à ce destin: immigrant du Sri Lanka arrivé à 17 ans avec sa mère venue enseigner en Sierra Leone, comptable de profession, il est devenu une figure de la défense de l'environnement de ce pays à la biodiversité remarquable mais très menacée par la déforestation et les activités humaines illégales.
- "Comme notre enfant" -
"Tout est arrivé par accident", raconte Bala, yeux verts pétillants, un charisme tout en discrétion.
En 1988, alors qu'il voyageait dans une région rurale avec son épouse Sharmila, ils découvrent dans un village un bébé chimpanzé attaché à un arbre, en état de malnutrition. "Il serait mort là-bas, alors nous l'avons ramené à la maison..."
"Nous étions jeunes mariés, sans encore d'enfants. On s'est occupé de lui comme notre enfant... et il a vécu avec nous près de sept ans".
Il dit avoir découvert la "remarquable ressemblance de caractère et de comportement" entre l'homme et le chimpanzé en faisant l'expérience de la vie commune. "Ils avaient les mêmes besoins en termes d'affection que nous; ils faisaient preuve de jalousie, d'amour...", sourit Bala.
La cohabitation - la famille a accueilli jusqu'à sept chimpanzés en même temps avant l'ouverture du sanctuaire - fut loin d'être un long fleuve tranquille.
"Dans notre famille, nous adorions tous Bruno, voir une telle intelligence!"
Mais les chimpanzés s'échappaient parfois, causant des dégâts dans les propriétés des voisins, volant le pain de passants dans la rue...
"J'étais devenu l'ennemi public numéro un du quartier!", en rit-il.
A l'issue d'une rencontre avec la célèbre primatologue Jane Goodall, invitée en 1993 en Sierra Leone, Bala parvient à trouver des fonds auprès de l'Union européenne et le feu vert du gouvernement sierraléonais pour ouvrir le premier sanctuaire pour chimpanzés rescapés du pays.
- Lien extraordinaire -
"J'ai dû faire le choix existentiel de démissionner de mon travail. Je pensais m'engager un ou deux ans, puis passer la main, mais ça n'est jamais arrivé...".
Bala passait alors huit heures par jour dans la forêt avec les chimpanzés. "Je ne réalisais pas qu'ils deviendraient une partie si importante de ma vie...", dit-il, très ému. "C'est difficile de faire une distinction entre ma famille humaine et les chimpanzés..."
Pendant la terrifiante guerre civile qui a pris fin en 2002, le sanctuaire a été attaqué deux fois par les rebelles et pillé. "Nous avons réussi à parlementer avec eux et ils n'ont tué personne."
L'épidémie d'Ebola a été une menace existentielle pour les hommes comme pour les chimpanzés. Le centre a fermé pendant un an, et les soignants s'y sont installés toute cette période.
Bala et ses équipes sont impliqués dans la défense de l'environnement à travers le pays, auprès d'une centaine de communautés.
Leur mission est aujourd'hui de protéger les chimpanzés dans leur état sauvage et "d'empêcher qu'ils arrivent au sanctuaire".
Mais face à l'augmentation de la déforestation et de l'empiètement illégal au sein même du parc national où se situe Tacugama, l'infatigable défenseur a lancé un cri d'alarme et pris une décision financière difficile: depuis le 26 mai, le sanctuaire est fermé aux visiteurs, pour tenter d'infliger un électrochoc au gouvernement.
Si Bala s'efface parfois pour laisser les équipes créer des liens spéciaux avec les chimpanzés, il a toujours ses affinités, citant Bruno, Julie, Philipp, depuis décédés.
Il aime aujourd'hui aller saluer "Mac, Mortes, Abu"... "Ce sont mes amis!"
Quand l'équipe de l'AFP progresse dans le sanctuaire, une clameur de cris et d'excitation monte en effet d'un enclos où sont réunis des chimpanzés adultes quand Bala s'approche d'eux, preuve du lien extraordinaire né entre cet homme et ces chimpanzés dans ce coin d'Afrique.
B.Wyler--VB