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Hantavirus: le navire en route pour les Canaries
Le navire MV Hondius, avec à son bord des passagers et membres d'équipage confinés à cause d'un foyer d'hantavirus, a pris la route Tenerife dans l'archipel espagnol des Canaries où il est attendu samedi, avant une évacuation des passagers prévue en début de semaine prochaine.
Le bateau a dépassé l'archipel du Cap-Vert, selon le site de suivi maritime Marine Traffic.
"Tous les passagers resteront à bord du navire de croisière jusqu'à l'arrivée" des avions chargés de les rapatrier, a indiqué le ministère espagnol de l'Intérieur. Le navire doit accoster à Granadilla, à Tenerife, malgré l'opposition des autorités locales.
"Un dispositif conjoint d'évaluation sanitaire et d'évacuation sera mis en place pour rapatrier tous les passagers, à moins que leur état de santé ne l'empêche", a souligné la ministre espagnole de la Santé, Mónica García Gómez.
Les pays de l'UE doivent prendre en charge leurs ressortissants, éventuellement aidés par la Commission européenne, tandis que l'évacuation des passagers extra-européens est toujours en préparation.
Le navire, avec 23 nationalités différentes à bord, a quitté la baie de Praia, au Cap-Vert, à 17H15 GMT.
"Trois professionnels de santé supplémentaires sont montés à bord (...), afin d'assurer des soins médicaux optimaux pendant la traversée", a précisé le voyagiste Oceanwide Expeditions dans un communiqué.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et Oceanwide, trois personnes, deux membres d'équipage malades et une personne ayant cas contact, ont été évacuées du bateau puis embarquées à bord de vols médicalisés depuis Praia.
"Tous trois (sont) dans un état stable et l'un d'eux est asymptomatique", selon Ann Lindstrand, représentante de l'OMS au Cap-Vert.
- Changement d'avion -
Le premier avion a atterri mercredi soir à Amsterdam. Le centre médical universitaire de Leyde (LUMC), aux Pays-Bas, a déclaré dans un communiqué que des médecins se préparaient à admettre un patient, et l'hôpital universitaire de Düsseldorf (ouest de l'Allemagne) doit prendre en charge un cas contact.
Le second avion a atterri dans l'après-midi à l'aéroport de Grande Canarie, et le patient à bord devra changer d'appareil pour poursuivre son voyage à cause d'une panne technique, a annoncé le ministère espagnol de la Santé.
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué à l'AFP qu'il "ne pens(ait) pas" que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19.
"Pour l'instant, le risque pour le reste du monde est faible", selon lui.
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), estime que de "nombreuses incertitudes subsistent" sur l'épidémie, appelant à "adopter une approche de précaution, afin de réduire la probabilité de nouvelles transmissions".
Pour l'agence sanitaire américaine, le risque pour les Américains de contracter l'hantavirus est "extrêmement faible".
- Souche des Andes -
La souche du virus détectée sur l'un des passagers de la croisière évacué en Afrique du Sud est celle des Andes, transmissible entre humains, a déclaré le ministre sud-africain de la Santé. L'hôpital universitaire de Genève a confirmé avoir identifié la même souche.
La compagnie néerlandaise KLM a par ailleurs signalé mercredi qu'une personne décédée après avoir voyagé à bord du MV Hondius, était montée "brièvement" à bord d'un de ses avions reliant Johannesburg à Amsterdam, mais débarquée avant le décollage, sans détailler sur un éventuel malaise.
Trois personnes - un couple de Néerlandais et une Allemande qui ont voyagé à bord du MV Hondius - sont mortes depuis le début de la croisière, selon l'OMS. Le circuit allait d'Ushuaïa, en Argentine au Cap-Vert, au large de la côte ouest-africaine.
Une homme est hospitalisé à Johannesburg, un autre à Zurich (Suisse), et trois cas suspects ont été évacués du navire vers l'Europe.
Le ministère suisse de la Santé n’a pas précisé sur quelle période ce ressortissant, de retour d'un voyage en Amérique latine, s'est trouvé à bord du navire, avant d’indiquer à l’AFP qu’il était "rentré en Suisse depuis Sainte‑Hélène", une île britannique de l’océan Atlantique où le bateau a fait escale entre le 22 et le 24 avril.
A ce stade, l'OMS suppose qu'un ou plusieurs premiers cas "ont été infectés en dehors du navire" avant "une transmission interhumaine".
Le couple de Néerlandais décédés, selon l'itinéraire reconstitué par les autorités argentines, était en Amérique du Sud depuis fin novembre, et a voyagé plusieurs mois entre Argentine, Chili, Uruguay et de nouveau Argentine fin mars, avant d'embarquer sur le navire à Ushuaïa le 1er avril.
L'hantavirus est par contre endémique dans certaines régions d'Argentine, andines notamment, avec au moins une soixantaine de cas par an ces dernières années. Le ministère argentin de la Santé a indiqué vouloir envoyer aux pays concernés (Espagne, Sénégal, Afrique du Sud, Pays-Bas et Royaume-Uni) l'ARN de la souche "Andes" de l'hantavirus pour en faciliter la détection ainsi que "des guides de diagnostic et des protocoles de traitement".
bur-rbj-clv-emp/juf/clr
K.Sutter--VB