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Japon: des "anges gardiens" pour contenir la criminalité
Teruko Nakazawa, 83 ans, se rappelle être intervenue dans une bagarre au couteau entre un ex-délinquant et sa mère: volontaire pour l'armée japonaise, elle œuvrait comme agent de probation, rôle clé dans un pays au taux de criminalité notoirement faible.
L'octogénaire, qui se qualifie en plaisantant de "punk" tout en tirant sur sa cigarette, a passé des décennies à aider des condamnés en libération conditionnelle à se réinsérer.
Mme Nakazawa, qui a mis fin à son bénévolat en 2018, les accueillait deux fois par mois à son domicile pour discuter de la vie autour d'un thé.
Et ce sans jamais avoir perçu un seul yen pour ses interventions, accomplies dans le cadre d'un programme public méconnu, mais dont certains estiment qu'il contribue à la faible criminalité enregistrée dans l'archipel.
"Je n'ai jamais voulu être récompensée, déclare-t-elle. Je l'ai fait parce que je le voulais".
Ces près de 47.000 bénévoles appelés "hogoshi" sont bien plus nombreux que les 1.000 agents de probation salariés au Japon.
A l'écoute des anciens délinquants, ils se rendent disponibles en cas d'urgence et pour des réunions, programmées deux fois par mois chez eux ou dans des lieux publics.
"Elle était comme une grand-mère. Je n'osais rien faire de mal sous sa surveillance: j'avais peur de me sentir coupable de l'avoir trahie", témoigne l'un de ses anciens protégés, qui préfère taire son nom en raison de son passé criminel.
Mme Nakazawa "m'a beaucoup aidé", notamment à présenter des excuses aux victimes, insiste l'homme de 34 ans.
- "Altruisme" -
Les "hogoshi" ont toujours vu leur mission comme un "symbole d'altruisme" prenant racine dans "l'amour de l'humanité", selon un rapport d'experts juridiques publié en octobre.
Le Japon "serait un tout autre pays sans les +hogoshi+", explique à l'AFP Carol Lawson, professeure de justice pénale à l'université de Tokyo, évoquant "l'extraordinaire absence de criminalité d'après-guerre."
Ce système altruiste inspiré d'un philanthrope au 19e siècle a été introduit au Japon en tant que programme gouvernemental après la Seconde Guerre mondiale.
Il arrive aussi que les "hogoshi" invitent des condamnés en liberté conditionnelle chez eux pour développer une relation de confiance, explique-t-elle.
Des pays comme les Philippines, la Thaïlande et le Kenya se sont inspirés de l'expertise nippone pour établir des programmes similaires.
Mais "il est difficile d'imaginer que le système +hogoshi+ puisse gagner du terrain" dans les juridictions anglo-américaines à l'état d'esprit plus "répressif", selon Mme Lawson.
- "Rien de mal à exister" -
Un point crucial pour ce programme reste toutefois le recrutement de nouveaux hogoshi puisque 80% sont âgés de 60 ans ou plus et la crainte de condamnés pour vols, délits sexuels ou meurtre peut dissuader.
Le danger de l'activité a d'ailleurs été mis en lumière en mai dernier, lorsqu'un "hogoshi" est mort poignardé par un homme qu'il supervisait.
Les "hogoshi" recrutent souvent d'autres bénévoles sur des critères de réputation, de revenus stables et de disponibilité.
Mieko Kami, professeure de composition florale à Tokyo, 74 ans, n'avait aucune expérience avec les condamnés lorsqu'elle a été sollicitée: "je me disais qu'il n'y avait aucune chance que je puisse faire cela", se souvient-elle.
Mais après trois ans, elle a changé d'avis et s'est mise à prendre le thé avec un yakuza (membre de la pègre nippone), ou s'est un jour précipitée en pleine nuit pour aider un jeune homme après une tentative de suicide dans un appartement sordide.
"En découvrant leur éducation, je me dis parfois qu'il est inévitable qu'ils soient devenus comme cela", confie Mieko Kami.
"J'ai l'impression qu'ils cherchent juste à être rassurés sur leur +droit à exister+", ajoute-t-elle, reconnaissant être "parfois maternelle". "Je les félicite, je les encourage... J'en viens à les aimer beaucoup".
- "Oreille attentive" -
Actuellement en liberté conditionnelle à Osaka, celui qui se fait appeler "Ueko" raconte avoir usé de substances illicites pour "se libérer de sa vie douloureuse" en tant qu'homosexuel.
Au début, il doutait que son hogoshi "puisse comprendre les sentiments d'un ex-prisonnier", confie cet homme âgé de 47 ans, depuis le centre de réadaptation pour toxicomanes DARC.
Or, cette personne "sait être une oreille attentive", assure Ueko.
Certes, il n'est pas rare que les libérés conditionnels ratent leur rendez-vous bimensuel avec le "hogoshi" ou échouent à tisser un lien durable.
Mais à l'inverse, des ex-condamnés de Teruko Nakazawa lui rendent parfois visite dans son café pour prendre de ses nouvelles.
"J'ai passé ma vie à me soucier des autres. Maintenant que je suis vieille et que je m'affaiblis, ils s'occupent de moi", ajoute-t-elle. "Ils sont devenus mes hogoshi."
S.Gantenbein--VB