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Nucléaire iranien: les Européens laissent un mois à l'Iran pour négocier.
Les puissances européennes ont laissé vendredi un mois à l'Iran pour négocier sur son programme nucléaire et éviter ainsi le rétablissement de sanctions levées il y a dix ans, une offre que Téhéran a rejetée.
Le trio composé du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, qu'on appelle E3, a déclenché jeudi un mécanisme nommé "snapback". Celui-ci permet de rétablir les sanctions de l'ONU contre la République islamique en vertu de l'accord international sur le contrôle du programme nucléaire iranien, signé en juillet 2015 et endossé à l'époque par une résolution du Conseil de sécurité.
Le texte de 2015 expire en octobre.
En juillet, "nous avions proposé à l'Iran une prolongation (de la suspension des sanctions) si l'Iran prenait des mesures spécifiques pour répondre à nos inquiétudes les plus pressantes", telles que le respect de ses obligations avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et la question des stocks d'uranium enrichi, a dit vendredi au siège de l'ONU à New York l'ambassadrice britannique Barbara Woodward.
Elle s'exprimait avant une réunion à huis clos du Conseil de sécurité, aux côtés de ses homologues allemand et français.
Mais Téhéran avait rejeté cette offre, jugeant que les Européens n'avaient pas le droit de rétablir les sanctions de l'ONU levées il y a dix ans.
Et "à ce jour l'Iran n'a montré aucun signe de vouloir répondre" aux demandes de l'E3, a déploré l'ambassadrice britannique.
- La diplomatie n'est pas finie -
Mais, a insisté Mme Woodward, le déclenchement du rétablissement des sanctions "ne marque pas la fin de la diplomatie".
"Notre offre de prolongation est toujours sur la table", a-t-elle proposé.
"Nous appelons l'Iran à revoir sa position, à accepter un accord fondé sur notre offre et à aider à créer un espace pour une solution diplomatique à cette question sur le long terme", a exhorté la diplomate britannique.
En visite vendredi à Copenhague, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas a, elle aussi, laissé la porte ouverte à la négociation pendant un mois.
"Nous entrons dans une nouvelle phase de 30 jours (...) que nous devons vraiment utiliser pour trouver des solutions diplomatiques", a-t-elle déclaré avant le début d'une réunion de l'UE dans la capitale danoise.
Le "snapback", différent des décisions habituelles du Conseil de sécurité, prévoit que les sanctions soient rétablies à l'issue des 30 jours, à moins que le Conseil n'adopte une résolution confirmant la levée des sanctions.
Signé en juillet 2015 par le E3, l'Iran, les Etats-Unis, la Chine et la Russie - sous la présidence de Barack Obama qui cherchait à rapprocher Washington de Téhéran - l'accord suspend diverses sanctions économiques prises par l'ONU.
- Retrait de Trump -
Les Etats-Unis, sous le premier mandat du président Donald Trump, avaient décidé en 2018 de s'en retirer et avaient rétabli leurs propres sanctions.
Mais, sous son second mandat commencé le 20 janvier, le milliardaire républicain avait commencé à renouer le dialogue avec l'Iran, avant qu'Israël ne le convainque de l'aider à frapper les installations atomiques iraniennes lors d'une guerre de 12 jours en juin.
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a toutefois répété jeudi que Washington restait ouvert à des pourparlers directs avec Téhéran avec qui les relations diplomatiques sont rompues depuis 1980.
Son homologue iranien Abbas Araghchi a encore rétorqué vendredi que "la décision du E3 aura des effets préjudiciables importants sur la diplomatie".
Les pays occidentaux soupçonnent la République islamique chiite de vouloir se doter de l'arme atomique. Elle dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.
Du côté de la Russie, signataire du texte de 2015 mais alliée de l'Iran, le président Vladimir Poutine "discutera" lundi du programme nucléaire avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian, à l'occasion d'une rencontre en Chine, selon le Kremlin.
La diplomatie russe a exhorté les Européens "à réviser leurs décisions erronées avant que celles-ci n'aboutissent à des conséquences irréparables et à une nouvelle tragédie".
S.Gantenbein--VB