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Le PS "volontaire" pour remplacer Bayrou à Matignon
Les socialistes ne voteront pas la confiance à François Bayrou et sont "volontaires pour être les suivants" à Matignon, a affirmé vendredi Olivier Faure, renvoyant la balle à un Emmanuel Macron qui pense encore qu'un compromis sur le budget n'est "pas insurmontable" d'ici au 8 septembre.
C'est toujours non: "Nous n'accorderons pas notre confiance à ce gouvernement" et à son budget "inacceptable", a répété le patron du PS en clôture des universités d'été à Blois, se posant ouvertement en alternative.
Perche tendue au chef de l'Etat, à qui "il appartient désormais de répondre à cette proposition", car "c'est à lui seul de nommer un Premier ministre", a-t-il ajouté.
Un scénario qui écarte a priori l'hypothèse d'une nouvelle dissolution, que M. Macron a un peu plus tôt qualifié de "politique fiction", jugeant au contraire qu'un compromis sur le budget n'est "pas insurmontable" d'ici au 8 septembre.
Exhortant les partis politiques à trouver "des chemins d'accord", il a de nouveau apporté son soutien à M. Bayrou, qui a eu "raison de mettre en responsabilités les forces politiques face à l'endettement du pays".
A ceux qui anticipent la chute du Premier ministre et réclament déjà son départ, le locataire de l'Elysée a fermement exclu de démissionner: "Le mandat qui m'a été confié par les Français (...) sera exercé jusqu'à son terme", a-t-il prévenu.
- "Un autre chemin" -
Pendant ce temps, M. Bayrou multiplie les sorties pour tenter de sauver la sienne.
Inaugurant la Foire de Châlons-en-Champagne vendredi matin, il a livré un nouveau plaidoyer, au nom d'une jeunesse réduite en "esclavage" par la dette, pour justifier sa décision de demander la confiance de l'Assemblée sur l'état des finances publiques et l'ampleur de l'effort à accomplir en 2026.
Le Premier ministre, qui multiplie les prises de parole depuis le début de la semaine, donnera encore dimanche à 18H00 une interview aux quatre chaînes d'information en continu. Avec le mince espoir d'enrayer sa chute probable.
Car, outre le PS, les autres partis de gauche et le Rassemblement national ont déjà annoncé qu'ils voteraient contre la confiance.
C'est d'ailleurs "pour lui redire" qu'ils proposent "un autre chemin et une autre méthode" que les socialistes iront la semaine prochaine à Matignon, où M. Bayrou a invité tous les chefs de partis.
Mais La France insoumise et les Ecologistes ont refusé de se rendre à ces consultations de la dernière chance. Contrairement à Jordan Bardella et Marine Le Pen, qui seront reçus mardi matin.
D'autant que la rentrée sociale s'annonce agitée, avec le 10 septembre le mouvement "Bloquons tout" né sur les réseaux sociaux, puis la journée de mobilisation du 18 à l'appel des syndicats contre "le musée des horreurs du projet de budget".
- "Gouvernement de gauche" -
En réponse au discours alarmiste du Premier ministre, le PS doit dévoiler samedi ses propres pistes budgétaires, avec un effort budgétaire bien inférieur aux 44 milliards d'euros portés par M. Bayrou, et reposant d'abord sur les plus riches et les grandes entreprises.
Le parti à la rose espère bien "embarquer" avec lui ses partenaires: Ecologistes, communistes, ex-Insoumis, Générations, tous représentés à Blois.
A priori les Verts en seront, puisque leur cheffe Marine Tondelier répète à l'envi qu'Emmanuel Macron "n'a pas d'autre choix que de nous nommer".
En revanche, le patron de Place publique Raphaël Glucksmann semble vouloir jouer sa partition seul, avec pour objectif la présidentielle de 2027.
Quant aux Insoumis, avec qui les relations sont exécrables, les plus optimistes les voient en "soutien sans participation".
Ce qui est loin d'être acquis. Le député LFI Eric Coquerel a ainsi exclu vendredi de "faire un chèque en blanc à des gens dont on ne sait pas quelle politique ils vont adopter". Son leader Jean-Luc Mélenchon donnera le ton lors d'une conférence à Paris à 19h00.
caz-bpa-far-gbh/hr/cbn
R.Buehler--VB