-
Frappe sur un hôpital à Kaboul: "des centaines de morts et de blessés", confirme une ONG
-
Le Venezuela prend sa revanche sur les Etats-Unis au baseball
-
A Dijon, sur les traces de Gaulois enterrés assis
-
Japon: le nombre de visiteurs chinois plonge à nouveau en février malgré le Nouvel An lunaire
-
Chili: les tranchées anti-migrants de Kast divisent à la frontière avec le Pérou
-
Un homme s'est introduit dans l'enclos d'une hippopotame star d'internet
-
NBA: le Thunder premier qualifié pour les play-offs, les Spurs sur leur lancée
-
L'Iran enterre son puissant chef de la sécurité Larijani et jure de le venger
-
La Colombie dénonce un bombardement sur son territoire par l'Equateur, Quito dément
-
La guerre ravive l'inflation et la perspective d'un gel des taux prolongé aux Etats-Unis
-
Avec EU Inc, Bruxelles déroule le tapis rouge aux entrepreneurs
-
Faste royal au premier jour de la visite d'Etat du président nigérian au Royaume-Uni
-
Climat: décision sur la responsabilité de TotalEnergies, poursuivi par un agriculteur belge
-
Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant
-
CAN: après les incidents de la finale, le Sénégal déchu de son titre qui échoit au Maroc
-
Au moins six morts dans des frappes israéliennes dans le centre de Beyrouth
-
Irak: attaques contre l'ambassade américaine à Bagdad
-
Cuba rétablit son réseau électrique, Washington accentue la pression
-
C1: le bijou d'Eze envoie Arsenal en quarts contre le Sporting
-
Ligue des champions: le Real Madrid éclipse Manchester City, encore
-
Ligue des champions: le PSG tout en talent et en maîtrise pour confirmer contre Chelsea
-
Washington accentue la pression sur Cuba qui rétablit l'électricité
-
L'Iran confirme la mort d'Ali Larijani, Israël promet le même sort à Mojtaba Khamenei
-
Le système ne "fera jamais partie" des discussions, dit une diplomate cubaine
-
Le Premier ministre irlandais tient courtoisement tête à Trump
-
Les marchés boursiers reprennent leur souffle, malgré la hausse du pétrole
-
Ligue des champions: le Sporting brise le rêve de Bodo Glimt
-
Poursuivi par sa soeur pour atteinte à la vie privée, Alain-Fabien Delon affirme avoir voulu "protéger son père"
-
"Pas de trêve contre le terrorisme", exhorte Milei en commémorant un attentat anti-israélien en Argentine
-
Sassou Nguesso, "l'Empereur" du Congo qui refuse de passer la main
-
Congo-Brazzaville: Denis Sassou Nguesso réélu pour un 5e mandat
-
Inquiétudes autour d'un vide juridique sur la pédocriminalité en Europe
-
L'Equateur nie avoir bombardé le territoire colombien
-
Washington accentue la pression sur Cuba qui rétablit peu à peu le courant
-
Gaza fête son premier Aïd en période de trêve, mais craint l'oubli face à la guerre en Iran
-
Liban: trois soldats tués par des frappes israéliennes dans le sud, centres d'accueil saturés
-
Les Bourses européennes clôturent en hausse, les yeux tournés vers les banques centrales
-
Protéger les pétroliers de l'Iran rime avec déploiement militaire massif, à Ormuz et au-delà
-
Opposé à la guerre en Iran, un haut responsable de l'antiterrorisme américain annonce sa démission
-
Visage des opérations anti-immigration de Trump, le policier Greg Bovino part à la retraite
-
Starmer appelle à "ne pas perdre de vue" l'Ukraine, en recevant Zelensky à Londres
-
Aux assises de Paris, le supplice des femmes yazidies traitées comme des "objets sexuels"
-
Etienne Davignon ou les tourments de l'histoire belge
-
Procès pour corruption en Argentine : "Je risque de mourir en prison" lance Mme Kirchner
-
La protection des sources des journalistes ne s'arrête pas aux portes du restaurant
-
Avec la guerre au Moyen-Orient, la crainte d'un choc pétrolier ressurgit
-
Logement: les expulsions ont atteint un niveau record en 2025
-
Assassinat de Lumumba : la justice ordonne le renvoi en procès d'un ex-diplomate belge
-
Financement libyen: Guéant "pas en capacité de comparaître" au procès en appel
-
Au tribunal, l'ex-leader du Sinn Fein Gerry Adams dément toute appartenance à l'IRA
Les enfances volées de la répression au Bélarus
Une nuit de septembre 2020, Hanna Kanavalava a fui la répression au Bélarus avec ses petits-enfants, Ivan et Anastassia. Ils ont franchi la frontière avec l'Ukraine, à pied, dans le noir.
"C'est là qu'Ivan m'a demandé +Mamie, est-ce que maman est en prison ?+ Et là, je lui ai dit la vérité", se souvient Hanna Kanavalava.
Depuis presque 4 ans, Ivan et Anastassia, 9 et 7 ans aujourd'hui, sont séparés de leur mère et leur père condamnés à 5 ans et demi et à 6 ans et trois mois d'emprisonnement pour s'être opposés au dirigeant bélarusse, Alexandre Loukachenko.
Leur grand-mère, Hanna Kanavalava, 60 ans, les a emmenés brièvement en Ukraine, puis à Varsovie, pour éviter qu'ils ne soient pris par les services sociaux et potentiellement utilisés comme moyen de pression contre leurs parents. La retraitée a également la charge de deux autres mineurs, orphelins de leur mère, opposante politique.
Comme eux, des centaines d'enfants sont les victimes par ricochet des persécutions au Bélarus.
Ce pays, allié au régime de Vladimir Poutine, compte environ 1.400 prisonniers politiques, selon l'ONG Viasna, elle-même interdite et dont le fondateur et co-lauréat du prix Nobel de la Paix 2022, Ales Bialiatski, est en prison.
Durant l'été 2020, des dizaines de milliers de personnes s'étaient mobilisées pour l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa, qui avait poursuivi le combat de son mari incarcéré en défiant Alexandre Loukachenko à la présidentielle.
Ce dernier, au pouvoir depuis 1994, avait toutefois revendiqué la victoire avec 80% des voix. Ont suivi des protestations d'une ampleur historique, puis la répression : arrestations, tortures, peines de prison.
- "Soigner maman" -
Le 6 septembre 2020, la mère d'Anastassia et Ivan, Antanina Kanavalava, collaboratrice de Svetlana Tikhanovskaïa, est arrêtée à Minsk.
Quatre jours plus tard, les enfants quittent le pays avec leur grand-mère. Leur père, Siarhei Iarachevitch, est arrêté le 2 octobre 2020.
Depuis, la famille communique par courrier, bien que la correspondance avec les prisonniers politiques soit limitée au Bélarus, fortement censurée, voire interdite pour certains.
Lors d'une rencontre avec l'AFP, fin juin, Anastassia s'applique à lire l'une de ses lettres : "Salut maman, comment ça va ? Moi, ça va bien. Je suis arrivée quatrième au tournoi d'échecs. Je t'embrasse très, très, très fort".
Avec leur mère, Ivan et Anastassia ont également droit à un appel vidéo de 5 minutes maximum, une fois par mois, sous surveillance.
Dans ces conditions, Hanna sent que ses petits-enfants, surtout Anastassia, plus jeune, oublient progressivement leurs parents.
La petite fille, pleine de vie, veut devenir "médecin ou vétérinaire" pour "gagner énormément d'argent". Sa grand-mère rigole, puis lui décoche un regard.
"Je veux dépenser tout cet argent pour soigner maman et papa", complète Anastassia, sa mère ayant développé en détention de graves problèmes de vue. "Et ce sera pour leur acheter un billet pour Varsovie quand ils seront relâchés."
Sa maman peut espérer être libérée fin 2025, à moins que sa peine ne soit alourdie.
Lorsqu'elle sortira, Hanna Kanavalava craint de la retrouver brisée. "Ma mission sera de l'aider à renaître, à se soigner... Et à renouer avec ses enfants", chuchote la grand-mère, pour éviter que ses petits-enfants ne l'entendent.
En attendant, elle les emmène régulièrement à des manifestations organisées par l'opposition en exil.
- "Ma mère est morte" -
Volha Vialitchka, une psychologue bélarusse ayant rencontré une soixantaine d'enfants de prisonniers politiques, a vu beaucoup "de douleur, désespoir et colère". Ces enfants ont dû devenir "prématurément adultes", observe-t-elle.
"Ils sont très sensibles aux moments qui leur rappellent cet instant où ils se sont dit +Je suis seul, sans maman et papa+", ajoute la spécialiste.
Quelques jours après une première interview, l'AFP retrouve Hanna Kanavalava et sa tribu en banlieue de Varsovie, devant leur nouvel appartement.
Elle n'a pas de logement stable, faute de revenus, et dépend de l'aide de la diaspora bélarusse, ukrainienne et de l'Etat polonais.
Ce nouveau déménagement a réveillé chez son petit-fils, Ivan, le traumatisme de sa fuite. Il fait, raconte Hanna, des cauchemars dans lesquels il voit "ses parents être emmenés par des soldats" et "un loup dans une forêt".
La grand-mère présente les deux autres enfants qui vivent avec eux depuis mai 2023, Marcel et Timour Jouravliov, 5 et 15 ans.
Leur mère, Olga Jouravliova, visée par des poursuites au Bélarus pour son opposition politique, avait aussi fui en Pologne. Tombée dans la dépression et l'addiction, elle est morte en avril 2024 d'une overdose.
"Ma mère est morte car personne n'était auprès d'elle", dit Timour. Derrière lui, son petit frère Marcel, casquette Spiderman sur la tête, joue au foot.
Selon Timour, Marcel a beaucoup pleuré en comprenant que sa maman ne reviendrait plus, puis a arrêté d'en parler.
Hanna affirme que Timour ressemblait lui à un "chaton effrayé" quand elle l'a recueilli. Aujourd'hui, l'adolescent s'exprime avec assurance.
La grand-mère, qui ne manque pas d'autorité, pense que "ses enfants" sont "plus solides" que d'autres, car elle leur apprend qu'il "faut former une équipe et être fort", même si, répète-t-elle calmement, "personne ne remplacera jamais leur maman".
G.Schmid--VB