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Aux Bermudes, Charles III confronté à l'histoire de l'esclavage
Le roi Charles III a consacré vendredi une partie de sa visite aux Bermudes, territoire britannique dans l'océan Atlantique, à la douloureuse mémoire de l'esclavage, une question sensible pour la monarchie britannique.
La famille royale britannique a été invitée à plusieurs reprises par des pays victimes de la traite des esclaves, dont le Royaume-Uni a profité pendant des siècles, à présenter des excuses. Qu'elle n'a pour l'heure jamais formulées.
Sans aborder ces revendications explicitement, Charles III a été confronté à la question lors de plusieurs parties du programme de sa première visite dans un territoire ultramarin britannique en tant que roi.
"En fait, on m'a dit, à ma grande surprise, que c'est aussi la première fois, en 400 ans d'histoire des Bermudes, que les îles accueillent un roi régnant", a souligné le souverain pendant une réception organisée à la résidence du gouverneur.
"Je suis terriblement désolé que cela ait pris autant de temps", s'est-il excusé, déclenchant les rires de l'assistance.
Sa mère, Elizabeth II, s'était rendue dans l'archipel à plusieurs reprises durant son règne.
"Il y a des années, quand la reine est venue, mes parents ont eu la chance de la rencontrer, alors je suis vraiment ravie d'être ici pour voir le roi. C'est un honneur que ce soit le premier territoire (ultramarin) où il se déplace", apprécie auprès de l'AFP Judith Alexander, ex-directrice d'école à la retraite.
- Colliers de fer -
Charles a assisté, dans le sud-ouest de l'archipel, à des danses traditionnelles. Des danseurs masqués aux costumes colorés et aux couvre-chefs à plumes tout en hauteur perpétuent un folklore aux influences africaines, amérindiennes et caribéennes.
Les masques peints viennent du temps de l'esclavage, quand il était interdit aux esclaves de danser en public et qu'ils dissimulaient ainsi leur identité. Les tenues portent aussi des clochettes symbolisant les chaînes qui les entravaient.
Le monarque a aussi visité une exposition du musée national des Bermudes retraçant l'histoire sombre de l'île lors de la traite des esclaves. Elle présente notamment des colliers de fer des années 1500.
De nombreuses nations d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique souhaitent que le Royaume-Uni et d'autres puissances européennes versent une compensation financière pour l'esclavage ou qu'elles fassent au moins amende honorable sur le plan politique.
Lors d'un sommet du Commonwealth aux Samoa en octobre 2024, Charles III, qui reste chef d'Etat de plusieurs pays concernés, s'était abstenu de présenter des excuses. Il avait demandé aux participants de "rejeter le langage de la division".
- Whisky écossais -
Le roi repartira samedi pour l'Angleterre, après une tournée dominée par son passage aux Etats-Unis, très attendu en pleines tensions entre Londres et Washington et qui a été largement salué comme un succès.
Peu avant le départ de Charles III des Etats-Unis jeudi, Donald Trump, fasciné par la monarchie et son faste, a salué "le plus formidable des rois".
Le président américain a annoncé supprimer les droits de douane sur le whisky écossais "en l'honneur du roi et de la reine du Royaume‑Uni".
Le temps fort de cette visite d'Etat de quatre jours, entre Washington et New York essentiellement, a été le discours de Charles III devant le Congrès américain mardi. Il est seulement le deuxième souverain britannique à s'y être exprimé après Elizabeth II en 1991.
Le discours du roi a été chaleureusement reçu, même s'il a abordé des sujets sensibles pour les soutiens républicains de Donald Trump, en appelant à faire preuve d'une "détermination sans faille" pour la défense de l'Ukraine ou encore en évoquant l'équilibre des pouvoirs et le changement climatique.
Charles III a exhorté Londres et Washington, froissés au sujet de la guerre en Iran, à défendre leurs valeurs communes et à résister aux appels à se replier "toujours davantage sur eux-mêmes".
E.Gasser--VB