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Paris-Nice: triomphe à domicile de la révélation Matteo Jorgenson
Matteo Jorgenson est devenu dimanche le troisième Américain de l'histoire à remporter Paris-Nice en devançant, à deux pas de sa maison, le grand favori belge Remco Evenepoel qui s'est consolé avec une victoire d'étape sur la Promenade des Anglais.
Avant cette 82e édition de la "Course au soleil", on attendait un duel entre Evenepoel et Primoz Roglic. On y a découvert un Californien polyglotte, résident niçois au teint pâle, qui signe, à 24 ans, le plus beau succès de sa carrière.
"Je n'aurais pas pu rêver plus belle semaine. Je ne pensais pas que c'était possible", a commenté Jorgenson, qui imite ses compatriotes Bobby Julich et Floyd Landis, vainqueurs successifs en 2005 et 2006, après une course parfaitement maîtrisée en tant que leader de l'armada Visma-Lease a bike.
"Je n'ai presque pas dormi la nuit dernière, je sentais la pression monter pour la première fois de ma vie. Mais ça s'est bien passé, c'était spécial de courir avec un champion comme Remco, pratiquement sur le pas de ma porte", a ajouté Jorgenson qui s'exprime couramment en français et en espagnol après une année de formation au Chambéry CF et quatre ans dans l'équipe Movistar.
Coureur très complet, capable de briller sur les classiques flandriennes comme sur les courses par étapes, Jorgenson termine avec trente secondes d'avance sur Evenepoel avec qui il est arrivé main dans la main à Nice dimanche, avec près de deux minutes d'avance sur les autres favoris, dont le précédent porteur du maillot jaune, Brandon McNulty.
- Les "erreurs" de Remco -
C'est de loin la plus belle victoire de la carrière de Jorgenson, vainqueur du Tour d'Oman en 2023. Elle illustre aussi une nouvelle fois la force de frappe de l'équipe Visma-Lease a bike dont le leader Jonas Vingegaard triomphait au même moment sur Tirreno-Adriatico dimanche.
A quatre mois du Tour de France, les deux grands favoris au départ, Remco Evenepoel et Primoz Roglic (9e du général à 5:33) ont souffert de la comparaison avec Vingegaard et Tadej Pogacar.
Des deux, Evenepoel s'est montré de loin le plus entreprenant et généreux dans l'effort et il a conclu sa semaine en beauté avec une victoire d'étape, une place sur le podium, le maillot vert, le maillot de meilleur grimpeur et le prix de la combativité.
Mais le Flamand a, de son propre aveu, fait "des erreurs" tactiques qui ne pardonnent pas dans une course au niveau supérieur au Tour de l'Algarve qu'il avait remporté en février.
Il a aussi connu un peu de malchance en terminant sous la pluie le chrono par équipes mardi à Auxerre, y perdant de précieuses secondes.
"J'avais dans un coin de ma tête l'arrivée en juillet du Tour de France ici. Je suis heureux de mes bons résultats cette semaine. J'ai roulé à un haut niveau et je pense que je peux repartir avec des sensations positives", a commenté le Belge qui doit rester quelques jours dans la région pour repérer les routes du prochain Tour qui arrivera à Nice le 21 juillet.
- Les Français invisibles -
Roglic, dont c'était la première course de la saison, n'a, lui, pratiquement pas existé et n'avait clairement pas les jambes, au point de se désintéresser de la lutte au classement général dès vendredi soir.
Les enseignements en vue du Tour de France restent cependant limités, d'autant que la météo a brouillé les cartes en perturbant le chrono par équipes et en rabotant l'étape-reine de samedi.
L'année dernière, Vingegaard avait terminé troisième de Paris-Nice derrière Pogacar mais aussi David Gaudu, ce qui ne l'avait pas empêché de survoler la Grande Boucle en juillet.
Côté français, on a assisté au chemin de croix de Gaudu qui n'a pas pris le départ dimanche alors qu'il figurait à une anonyme 34e place au général.
Hormis Aurélien Paret-Peintre, solide avant d'être gêné par une chute dimanche (14e au général finalement), les Français ont dans l'ensemble été invisibles, à commencer par les sprinteurs (Démare, Coquard,...), pour zéro victoire d'étape au bout.
Milan-Sanremo, le premier Monument de la saison samedi prochain, sera la prochaine occasion de s'illustrer au plus haut niveau.
Mais la présence annoncée de terreurs comme Pogacar et Mathieu van der Poel ne promet pas un sursaut immédiat.
R.Buehler--VB