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Tour de France: "départ parfait" pour Vingegaard, Pogacar et Seixas à l'affût
Premier maillot jaune du Tour de France, Jonas Vingegaard a réussi "un départ parfait" en remportant le chrono par équipes avec Visma samedi sur la colline de Montjuic, où Tadej Pogacar a également fait forte impression, malgré ses douze secondes concédées, tout comme Paul Seixas.
Comme l'a rappelé le Danois, "la route jusqu'à Paris est encore très longue". Mais le match entre les deux superstars, vainqueurs des six dernières éditions, est déjà lancé.
Et Seixas, le jeune Français de 19 ans qui rêve d'en être l'arbitre cette année, n'a en rien compromis ses chances, après avoir réussi ses grands débuts sur le Tour sous le chaud soleil de Barcelone.
Affûté comme une lame, Vingegaard a terminé lui l'excellent travail de son essaim de frelons dans la dernière bosse menant vers l'arrivée tracée devant le stade olympique.
Il a permis à son équipe de devancer de huit secondes la formation Netcompany Ineos, emmenée par l'Italien Filippo Ganna en leader de substitution puisque le Français Kévin Vauquelin, accablé par la poisse, avait crevé un peu plus tôt.
"Je ne pouvais pas rêver mieux, c'est un départ parfait. Mes coéquipiers ont fait un travail incroyable, je n'ai pas eu grand-chose à faire honnêtement", a exagéré Jonas Vingegaard, qui retrouve la tunique jaune trois ans après l'avoir portée pour la dernière fois, sur le podium final en 2023.
- "Je me voyais mourir" -
"J'ai connu quelques années difficiles pour des raisons évidentes, mais revenir sur le Tour, la plus grande course du monde, et porter le maillot jaune, c'est quelque chose de spécial et je vais en profiter pleinement", a insisté le Danois, largement dominé par Pogacar lors des deux dernières éditions et qui avait connu une terrible chute au Pays basque en 2024.
"Quand j'étais allongé par terre, je me voyais mourir. Ce n'était plus une question de cyclisme mais juste de survie. En retrouvant le maillot jaune, je sens que je peux désormais refermer ce chapitre", a-t-il expliqué samedi, aux bord des larmes, en conférence de presse.
Si Vingegaard a pris le meilleur départ, sur le plan strictement individuel, c'est Pogacar qui a été plus rapide dans la dernière montée – trois secondes de mieux que le Danois –, où il a facilement déposé son lieutenant mexicain Isaac del Toro.
"C'est une bonne nouvelle, les jambes tournent bien dans les côtes. Isaac a fait un super travail pour m'amener. Evidemment, on vise toujours la gagne, mais je pense qu'on a fait un super chrono", a réagi le leader d'UAE qui, en réalisant le meilleur finish, a hérité du maillot à pois de meilleur grimpeur.
- Seixas clinique -
Les deux rivaux devraient se retrouver dimanche sur cette même colline de Montjuic, mais par une route différente, encore plus raide, pour une nouvelle explication au sommet à laquelle pourraient se mêler des puncheurs comme Mathieu van der Poel et Romain Grégoire, impressionnants aussi samedi.
Paul Seixas a également l'intention d'en être après son final convaincant pour emmener son équipe Decathlon CMA CGM à la sixième place du chrono, à 39 secondes de Vingegaard.
"On s'attendait à avoir des écarts dans ces temps-là. On a bien limité la casse aujourd'hui, je suis content des sensations", a déclaré le Lyonnais, plus jeune coureur à participer au Tour depuis 1937.
"Franchement, c'était vraiment bien, je me sens bien, je suis bien frais comme il faut", a-t-il assuré en donnant des nouvelles rassurantes sur son état physique, trois semaines après sa chute lors du Tour Auvergne-Rhône-Alpes qui lui avait laissé des stigmates à une main.
Pour le reste, le phénomène est apparu clinique, pas du tout dépassé par les événements. "Les émotions, c'est compliqué sur un chrono par équipes, on est concentré, a-t-il dit. Je pense que ça sera plus demain sur la première étape en ligne qu'on verra ça."
R.Flueckiger--VB