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Après le cyclone, les Sri-Lankais exsangues font la queue pour être soignés
Bien avant le lever du soleil, une longue file se forme devant un camp médical d'urgence de la ville de Chilaw, sur la côte ouest du Sri Lanka: près de deux semaines après le passage dévastateur du cyclone Ditwah, les habitants cherchent plus que jamais à se faire soigner.
"Je n'ai pas pu accéder au camp hier, donc je suis revenu à 04H00 du matin pour être le premier de la queue", explique Prasantha Perera, un charpentier de 60 ans qui doit se faire retirer un éclat de bois au pied, avant de pouvoir enfin s'atteler au nettoyage.
Le cyclone Ditwah, le pire que l'île ait connu depuis le début du siècle, a tué fin novembre au moins 638 personnes et en a touché plus de deux millions, soit près de 10% de la population.
M. Perera est le premier patient de la journée à quitter le camp médical d'urgence, mis en place par des humanitaires japonais pour suppléer l'hôpital public de Chilaw, inondé.
Les crues n'ont pas épargné M. Perea non plus. "Il y a eu 1,5 mètre d'eau dans ma maison", explique le charpentier en récupérant des médicaments contre les infections. "Je ne pouvais pas nettoyer à cause de cette blessure, mais maintenant je peux commencer."
Derrière lui, des dizaines d'adultes et d'enfants se tiennent debout dans une file ordonnée, déjà si longue que les humanitaires demandent à certains patients de revenir le lendemain.
"Je reviendrai très tôt demain pour avoir des médicaments contre l'eczéma", se résigne Eva Kumari, 51 ans, déboutée car le centre a déjà atteint sa limite de 150 patients par jour.
- Aide internationale -
L'équipe médicale de 31 membres, déployée par l'Agence japonaise de coopération internationale (Jica), est arrivée quelques jours après la catastrophe, à la demande du gouvernement srilankais.
Abrités dans des tentes blanches, les humanitaires japonais sont venus avec leurs propose équipements, des trousses médicales aux générateurs électriques. Il sont épaulés par 16 traducteurs.
Parmi eux, un moine japonais qui vit sur l'île depuis 15 ans et parle le cinghalais, la langue du pays.
Près de deux semaines après le passage du cyclone, le principal hôpital de la ville vient tout juste de recommencer à admettre des patients, confie son directeur adjoint, Dinesh Koggalage.
En attendant qu'il puisse à nouveau fonctionner normalement, les équipes du centre d'urgence sont de plus en plus sollicitées, selon le professeur Taketo Kurozumi, spécialiste de la gestion médicale des catastrophes à l'université Teikyo de Tokyo.
"Les chiffres augmentent", décrit-il à l'AFP entre deux patients. Ceux-ci présentent généralement des problèmes de peau, des difficultés respiratoires ou des maladies transmises par les moustiques, comme la dengue et le chikungunya.
Devant le centre de Chilaw, la file d'attente continue à avancer, lentement. Les médecins écoutent les antécédents médicaux des patients et consacrent à chacun d'entre eux plus de temps que ne le permet généralement le système de santé srilankais, déjà surchargé en temps ordinaire.
Le cyclone Ditwah est la catastrophe naturelle la plus grave de l'histoire récente du Sri-Lanka, a rappelé le président Anura Kumara Dissanayake, qui a lancé un appel à l'aide internationale pour soutenir les efforts de reconstruction.
M.Schneider--VB