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Brésil: Bolsonaro "stable" après son hospitalisation pour des douleurs abdominales
L'ex-président Jair Bolsonaro est hospitalisé dans un état "stable" à Natal, dans le nord-est du Brésil, après avoir ressenti vendredi des "douleurs insupportables" à l'abdomen héritées d'une attaque à l'arme blanche subie en 2018.
L'ancien chef d'Etat d'extrême droite (2019-2022), 70 ans, avait débuté dans la matinée une tournée pour mobiliser ses partisans dans cette région pauvre du pays, deux semaines après avoir été renvoyé en procès pour tentative présumée de coup d'Etat.
Déjà inéligible jusqu'en 2030, il risque une peine cumulée de plus de quarante ans de prison mais espère encore concourir au scrutin de 2026.
Selon le bulletin médical publié à la mi-journée par l'hôpital Rio Grande à Natal, capitale de l'Etat du Rio Grande do Norte, "les paramètres vitaux (de M. Bolsonaro) sont stables, il est hydraté par voie intraveineuse et il effectue des examens complémentaires".
"Le patient ne ressent plus de douleur après avoir reçu des analgésiques, et le résultat des examens permettra d'établir la nécessité éventuelle d'un transfert" vers un autre hôpital.
L'équipe médicale a précisé en conférence de presse qu'il pourrait être transféré vers Sao Paulo ou Brasilia, "selon les souhaits de sa famille".
Vêtu d'un maillot jaune et vert de l'équipe nationale brésilienne de football, M. Bolsonaro est arrivé à l'hôpital sur un brancard, une perfusion à un bras, selon des images d'un photographe de l'AFP.
Il venait d'être transféré en hélicoptère depuis un autre établissement médical situé à une centaine de kilomètres de là, dans la ville de Santa Cruz.
- "Douleurs insupportables" -
"Il a eu un malaise, lié à l'attentat à l'arme blanche de 2018", a rapporté à l'AFP une porte-parole du Parti libéral (PL), la formation politique de Jair Bolsonaro.
Cette année-là, l'ancien capitaine de l'armée avait été poignardé par un déséquilibré en plein bain de foule, à quelques semaines de l'élection présidentielle qu'il a finalement remportée.
Les séquelles ont valu à M. Bolsonaro plusieurs hospitalisations ces dernières années.
Le sénateur Rogerio Marinho, ancien ministre du gouvernement Bolsonaro et actuellement sénateur du Rio Grande do Norte, avait publié plus tôt dans la matinée sur les réseaux sociaux une vidéo montrant l'ex-chef d'Etat s'entretenir avec un groupe de sympathisants, vêtus comme lui aux couleurs du Brésil.
"Quand nous sommes arrivés dans la ville de Tangara, il a commencé à ressentir des douleurs insupportables et nous avons mis fin au programme prévu", a-t-il raconté.
"Espérons qu'il ne s'agit que d'un incident mineur et qu'il n'y aura pas besoin d'une intervention chirurgicale", a poursuivi M. Marinho, appelant à "prier" pour l'ex-président.
- "Persécution" -
M. Bolsonaro a été opéré du tube digestif en septembre 2023 à Sao Paulo, une intervention liée aux séquelles de l'attentat de 2018. Il avait également subi plusieurs autres opérations à l'abdomen tout au long de son mandat de quatre ans à la présidence du Brésil.
Fin mars, la Cour suprême a décidé d'ouvrir un procès contre lui pour une tentative présumée de coup d'Etat qu'il aurait ourdie pour conjurer sa défaite électorale de 2022 face à son rival de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.
Le parquet accuse M. Bolsonaro d'être le "leader d'une organisation criminelle" ayant conspiré de longue date pour "garantir son maintien au pouvoir".
L'ex-président a toujours clamé son innocence, se disant victime de "persécution" politique.
Déclaré inéligible jusqu'en 2030 pour ses attaques sans preuves sur la fiabilité du système d'urnes électroniques brésilien, il espère encore faire annuler ou réduire cette condamnation pour se présenter à la présidentielle de 2026.
Lula, dont la popularité est en berne, plombée par l'inflation des prix des aliments, laisse planer pour sa part le mystère sur une éventuelle candidature à la réélection.
Le président de gauche, âgé de 79 ans, a lui aussi connu des problèmes de santé récemment: il a dû être opéré en urgence en décembre pour résorber un hématome causée par une hémorragie près du cerveau liée à une chute.
R.Kloeti--VB