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Washington mobilise contre la violence d'extrême gauche
Les Etats-Unis de Donald Trump ont sonné la charge jeudi contre l'extrémisme de gauche visant notamment le mouvement Antifa lors d'une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique" aux relents idéologiques.
"Depuis bien trop longtemps, notre doctrine antiterroriste présente un angle mort: celui de la violence extrémiste issue de la gauche politique", a déclaré le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, hôte de cette réunion ministérielle à Washington.
Il a appelé à renforcer la coopération internationale à l'image de ce qui a été entrepris contre la violence jihadiste pour lutter contre ce qu'il a qualifié de "rancœur venimeuse dissimulée sous le couvert de l'égalité et de la justice".
"Aujourd'hui encore, l'idée même que le terrorisme d'extrême gauche puisse constituer une menace sérieuse est considérée comme un délire de la droite, ou pire encore, comme un dangereux complot fasciste", a-t-il dit en relevant que le "gauchisme radical" tire son inspiration d'une "haine de l'Occident" et qu'il s'agissait d'un "combat civilisationnel".
Plus d'une soixantaine de délégations sont représentées à cette réunion à laquelle participent également le ministre américain des Finances Scott Bessent et le secrétaire général adjoint de la Maison Blanche Stephen Miller, considéré comme le doctrinaire du président américain.
Le moment choisi peut surprendre alors que les Etats-Unis sont englués dans la guerre avec l'Iran.
Mais, a poursuivi M. Rubio, "vous êtes ici parce que vos dirigeants politiques sont attaqués, poignardés et abattus dans vos rues (...). Que la situation empire, qu'on ne peut plus le nier ni l'ignorer, et qu'il est temps d'éradiquer ce mal".
Une analyse du centre de réflexion américain Center for Strategic and International Studies (CSIS) publiée l'année dernière a relevé une augmentation de la violence d'extrême gauche aux Etats-Unis au cours des dix dernières années, soit depuis l'élection de Donald Trump en 2016.
Mais, ajoutaient les auteurs de l'étude, "elle a augmenté par rapport à des niveaux très bas, et reste bien inférieure aux niveaux historiques de violence perpétrée par des auteurs d'attaques d'extrême droite et jihadistes".
- L'Europe visée -
M. Rubio a cité l'Europe en exemple, évoquant notamment le sabotage du réseau ferroviaire français pour l'ouverture des Jeux olympiques en 2024, ou encore la mort du militant nationaliste Quentin Deranque en février à Lyon, imputée à des antifascistes.
Mais aussi des attaques attribuées à l'extrême gauche en Italie en 2024 et en Allemagne en début d'année.
Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump s'en est pris à l'Europe, qualifiée d'"incubateur de menaces terroristes".
Ce document définit trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".
Une rupture avec la précédente administration du démocrate Joe Biden, qui avait au contraire désigné les groupuscules d'extrême droite, en particulier ceux se revendiquant du suprémacisme blanc, comme une menace majeure.
- Groupuscules anarchistes -
Le mouvement "Antifa", pour "antifasciste", est particulièrement dans le viseur.
Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.
Le président américain l'a désigné comme "organisation terroriste intérieure" l'an dernier, après l'assassinat de l'influenceur ultraconservateur Charlie Kirk.
A l'étranger, Washington a sanctionné des groupuscules en Europe dont "Antifa Ost", basé en Allemagne, ainsi que trois autres groupes anarchistes en Italie et en Grèce.
M. Rubio a annoncé jeudi que d'autres groupuscules seraient "prochainement" sanctionnés sans préciser lesquels.
S'exprimant devant la conférence, Stephen Miller s'en est pris de façon virulente aux "gauchistes", parlant d'un "cancer" et reprenant la thématique d'un supposé "ennemi" de l'intérieur.
Parlant des manifestants antifa, il a dit qu'ils étaient "déformés". "Aucun d'entre eux n'a l'air normal", a-t-il lancé.
Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite et accusent le dirigeant républicain d'attiser les violences.
Dès son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump a gracié plus d'un millier de ses partisans qui avaient pris d'assaut le Capitole le 6 janvier 2021, pour empêcher la certification de la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle de 2020.
S.Spengler--VB