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Premiers hommages devant la dépouille du guide suprême Khamenei
Des responsables iraniens et étrangers se sont recueillis vendredi devant le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei, exposé dans un complexe religieux de Téhéran pour des funérailles nationales, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.
Les autorités ont affirmé attendre entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national qui commence officiellement samedi.
L'événement se veut une démonstration de force après la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine, et six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.
La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppée dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla.
Les murs de ce complexe sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance, selon des images de l'AFP.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, s'est recueilli devant la dépouille avec des membres du gouvernement dont l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement et chef de l'équipe de négociation iranienne.
Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est aussi venu lui rendre hommage.
En pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran après des mois de guerre, ces funérailles revêtent aussi une dimension diplomatique, avec la visite des soutiens de Téhéran.
Quelques responsables étrangers se sont ainsi recueillis vendredi devant la dépouille d'Ali Khamenei, comme le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif, dont le pays sert de médiateur entre Téhéran et Washington, ou l'ancien président russe Dmitri Medvedev. Le ministre taliban des Affaires étrangères, ainsi que des délégations du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien, ont aussi fait le déplacement.
- Affiches et slogans -
Des Iraniens devraient faire la queue dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes au public, à 06H00 samedi (02H30 GMT).
Un grand parc de la capitale s'est transformé en camping pour l'occasion, avec plus de 400 tentes du Croissant-Rouge iranien alignées, a constaté l'AFP. Des camions-citernes ont été prépositionnés, prêts à rafraîchir la foule sous des températures qui doivent dépasser les 35°C.
"Nous avons préparé nos maisons à Téhéran pour accueillir ceux qui viennent de l'extérieur (...) Si Dieu le veut, après avoir accueilli nos invités, nous irons ensemble pour dire un adieu à notre cher dirigeant", raconte Ezzat Shoaï, enseignante de 61 ans.
Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous des bombardements israélo-américains contre sa résidence le 28 février.
D'une durée totale de six jours, avec un passage dans deux sanctuaires chiites en Irak, ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.
Aux côtés de son cercueil sont exposés ceux de ses proches tués avec lui au premier jour de la guerre: une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille de trois ans.
Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.
- Sous haute surveillance -
La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.
Si des responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, aucun dirigeant européen n'a été convié.
"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant un soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.
Ces funérailles se déroulent dans un contexte de fragile cessez-le-feu, après la signature le 17 juin d'un protocole d'accord entre Téhéran et Washington.
Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.
Son aéroport est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises ont été mises au repos forcé.
Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.
K.Hofmann--VB