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Moscou appelle à quitter Kiev avant des frappes, Washington dit rester prêt à servir de médiateur
Les Etats-Unis restent prêts à servir de médiateur entre Russie et Ukraine, a fait savoir Marco Rubio mardi après avoir échangé le chef de la diplomatie russe, qui a appelé les ambassades à évacuer Kiev en prévision de nouveaux bombardements.
Les négociations sous médiation américaine pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale sont au point mort depuis l'éclatement le 28 février de la guerre au Moyen-Orient.
La diplomatie russe a appelé lundi les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements russes. Ce qu'a répété son chef Sergueï Lavrov à son homologue américain Marco Rubio lors d'un rare appel.
De nouvelles "frappes seront menées sur des centres de décision" et des "entreprises du complexe militaro-industriel" à Kiev, a mis en garde son ministère, sans donner de délai précis avant ces attaques.
"Nous avertissons les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des représentations d'organisations internationales, de la nécessité de quitter la ville dès que possible, et les habitants de la capitale ukrainienne de ne pas s'approcher des infrastructures militaires et administratives", a-t-il ajouté.
Malgré cette mise en garde sur Kiev, le secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui effectue un déplacement en Inde, a souligné mardi que "les Etats-Unis (étaient) prêts et disposés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faciliter la fin de cette guerre, et nous espérons que l'occasion se présentera à un moment donné".
L'administration du président américain Donald Trump a poussé à la fin des combats en organisant des cycles de négociations entre les deux camps à Abou Dhabi, ainsi qu'en février à Genève.
Mais depuis, les discussions tripartites sont de facto gelées même si Moscou et Kiev se disent tous deux prêts à les reprendre. Les progrès vers une fin du conflit sont lents, notamment en raison de divergences sur la question territoriale.
- Chantage russe -
L'annonce de bombardements russes à venir dans la capitale ukrainienne intervient après des frappes russes particulièrement massives ayant visé l'Ukraine pendant le week-end, notamment la capitale, faisant au moins quatre morts et une centaine de blessés. La Russie a tiré un missile de dernière génération, l'Orechnik, pour la troisième fois depuis le début du conflit.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a pour sa part appelé les partenaires de Kiev à "ne pas céder au chantage russe" et à fournir davantage d'aide et d'armements à l'Ukraine. L'Ukraine où, dans la nuit de lundi à mardi, des frappes russes ont visé Odessa et tué un homme de 45 ans, selon un responsable de l'administration militaire de cette ville du sud du pays.
La France a de son côté balayé l'avertissement russe. "On a l'habitude des menaces de Poutine. Hors de question d'évacuer" nos diplomates, a commenté le ministère des Affaires étrangères français, interrogé par des journalistes.
La diplomatie russe évoque dans son communiqué la frappe de drones ukrainiens ayant visé dans la nuit de jeudi à vendredi le dortoir d'un lycée à Starobilsk (Starobelsk en russe), dans la région de Lougansk occupée par Moscou dans l'est de l'Ukraine.
Selon Moscou, cette frappe a détruit un dortoir où dormaient des dizaines d'adolescents, tuant 21 personnes et blessant plus de 40 autres.
Cette "attaque sanglante" et "délibérée" est "la goutte d'eau qui fait déborder le vase", a justifié le ministère russe.
L'état-major de l'armée ukrainienne a affirmé que ses forces avaient bombardé cette nuit-là plusieurs sites militaires russes, dont un "quartier général" d'une unité située "dans la zone" de Starobilsk.
La presse russe a de son côté publié les témoignages des rescapés et des proches des adolescents tués dans cette attaque.
La Russie avait déjà appelé le personnel diplomatique étranger à quitter la capitale ukrainienne avant le défilé du 9-Mai sur la place Rouge à Moscou, menaçant l'Ukraine de représailles si elle venait à perturber les commémorations de la victoire sur l'Allemagne nazie.
Le président américain Donald Trump avait alors annoncé in extremis un cessez-le-feu temporaire entre les deux pays.
P.Vogel--VB