Volkswacht Bodensee - Face à la crise du BTP, Legrand se réorganise et supprime 178 postes en France d’ici 2028

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Face à la crise du BTP, Legrand se réorganise et supprime 178 postes en France d’ici 2028

Face à la crise du BTP, Legrand se réorganise et supprime 178 postes en France d’ici 2028

Confronté à la crise durable du BTP, le fabricant de matériel électrique Legrand se réorganise dans l'Hexagone en fermant quatre sites qui seront agrégés à d'autres et en supprimant 178 postes d'ici 2028 afin d'alléger ses coûts.

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Il compte aussi investir "plus de 80 millions" d'euros en France, a-t-il annoncé à l'AFP.

Le groupe basé à Limoges (Haute-Vienne) proposera des solutions de reclassement en interne ainsi qu'un plan de départs volontaires à la retraite, a-t-il expliqué.

Son objectif: "renforcer la spécialisation des sites français dans des gammes et technologies clés" et "accroître leur compétitivité" entre autres, afin de "consolider ses positions historiques tout en se donnant les moyens d'accélérer dans les solutions au service de la transition énergétique et numérique".

Le projet, qui fait l'objet d'une procédure d'information-consultation des instances représentatives du personnel à compter du 23 juin, prévoit que les sites de Pont-en-Royans (Isère), Lagord (Charente-Maritime), Confolens (Charente) et Châlus (Haute-Vienne) seront fermés progressivement et 178 postes supprimés d'ici fin 2028, avec leurs activités redéployées vers d'autres usines du groupe en France.

"On a beaucoup de petits sites, on va les regrouper pour créer des centres de compétences", afin de "continuer à être compétitifs avec cette ambition du fabriqué en France", a expliqué à l'AFP Morgan Malecotte, directeur de Legrand France.

"On va investir 20 millions d'euros sur ces sites afin de pouvoir accueillir les activités", a-t-il ajouté. "En parallèle, on investit 60 millions d'euros dans les activités de la transition numérique et énergétique".

L'Hexagone, où le fabricant de matériels et d'équipements électriques disposera de 14 sites fin 2028 contre 20 aujourd'hui, représente 10% de son chiffre d'affaires, 30% de ses fonctions recherche et développement et 30% d'investissement industriel, selon lui.

Les sites qui accueilleront les activités de ceux qui fermeront sont Magré (Haute-Vienne), Sitel (Haute-Vienne), Sillé-le-Guillaume (Sarthe) et l'ensemble des activités et des salariés de l'usine de Pont-en-Royans (Isère) sera transféré sur le site voisin de Saint-Marcellin.

Concernant le plan social, "on est dans le cadre juridique d'un PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi, NDLR), donc il peut, théoriquement, y avoir des licenciements si des personnes ne souhaitent pas être reclassés", a souligné Morgan Malecotte.

- "Pas de places pour tout le monde" -

"Il y aura obligatoirement des licenciements, parce qu'il n'y aura pas de places pour tout le monde et les salariés concernés vont avoir des contraintes logistiques, au niveau de leur situation géographique", a estimé Michel Robert, délégué syndical central CFDT.

Il a fait part de sa "stupéfaction" quant à cette "rupture totale avec les pratiques habituelles" de Legrand.

"On va pouvoir proposer des solutions de reclassement à tout ceux qui le souhaitent", a assuré Morgan Malecotte, en soulignant qu'il y aurait aussi "une attrition naturelle" avec des départs en retraite d'ici 2028.

Selon lui, ce plan répond aux besoins d'investissements de Legrand dans le numérique et les centres de données, moteur de sa croissance, alors que le marché de la construction souffre depuis plusieurs années, à des niveaux "bien en deçà de l'avant-Covid".

Compte tenu de ce "marché historique très dégradé", d'une "compétition forte" de l'Asie, de coûts qui ont "augmenté fortement", le groupe doit "investir fortement dans des solutions qui permettront d'intervenir dans la transition énergétique et numérique", a-t-il affirmé.

"On a un domaine d'activité très, très large (...) entre l'arrivée de l'électricité et la consommation d'électricité. (...) Il n'y a pas forcément de groupes qui couvrent tout ce spectre là", mais "une multitudes d'acteurs sur des domaines bien définis, qui nous attaquent", a commenté Michel Robert.

Selon Morgan Malecotte, Legrand emploie 5.000 personnes en France. La moitié de la production du groupe dans l'Hexagone est exportée vers l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique.

Legrand a déjà procédé à une réorganisation de sites en France, fin 2024, déjà en réponse à la crise du bâtiment, en Haute-Vienne, dans l'Aisne et en Normandie, sans licenciement.

Legrand a réalisé un bénéfice net de 1,2 milliard d'euros en 2025 (6,7%) et un chiffre d'affaires de 9,5 milliards (9,6%). Il table pour 2026 une croissance de 10% à 15% de son activité.

D.Schaer--VB