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Moyen-Orient: faux départ des émissaires américains
Donald Trump a annulé samedi le déplacement prévu à Islamabad de ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner pour des pourparlers avec l'Iran, éloignant la perspective d'un rapprochement, tandis qu'Israël a ordonné de nouvelles frappes contre le Hezbollah au Liban.
La capitale pakistanaise a été le cadre de discussions irano-américaines il y a deux semaines et l'espoir d'une reprise avait été suscité par l'arrivée sur place vendredi du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. La Maison Blanche annonçait dans la foulée le départ pour Islamabad de l'émissaire particulier du président, Steve Witkoff, et de son gendre Jared Kushner.
Mais sans les attendre, le ministre iranien a conclu samedi sa visite au Pakistan et Donald Trump a annulé le voyage par un message sur son réseau Truth Social, se refusant à ce que ses émissaires fassent "15, 16 heures" d'avion pour des discussions qui peuvent très bien selon lui se tenir par téléphone.
Interrogé par le média Axios pour savoir si cette annulation signifiait qu'il allait reprendre la guerre, M. Trump a répondu: "Non. Cela ne signifie pas cela. Nous n'y avons pas encore réfléchi".
Il a répété sa théorie selon laquelle les divisions au sommet de l'appareil iranien empêchaient Téhéran de négocier. "Personne ne sait qui est aux commandes, pas même eux", a-t-il ajouté.
"S'ils veulent discuter, il leur suffit de nous appeler", a affirmé le dirigeant républicain.
Déclenché par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, le conflit régional a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale, avec notamment le blocage par l'Iran du stratégique détroit d'Ormuz.
- Sérieux? -
S'exprimant un peu plus tard sur le tarmac de l'aéroport de Palm Beach, en Floride, le président américain a évoqué une réunion avec les Iraniens prévue "mardi" à Islamabad.
Revenant sur l'annulation du voyage de ses émissaires, il a assuré que "dès que j'ai annulé, en moins de dix minutes", les Iraniens ont soumis un nouveau document de négociation "bien meilleur".
De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, qui était parti pour Oman, sera de retour à Islamabad dimanche, selon un média public iranien.
Samedi, il a déclaré ne pas savoir si les Etats-Unis étaient "réellement sérieux" en matière de diplomatie, selon son ministère.
A Islamabad, il s'est entretenu avec le puissant chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, et le Premier ministre, Shehbaz Sharif.
Selon son ministère, il a exposé à ses interlocuteurs "les positions de principe" de son pays s'agissant de "la fin complète de la guerre imposée à l'Iran".
Il doit se rendre ensuite en visite à Moscou.
Le Pakistan reste pour sa part "engagé à servir de médiateur honnête et sincère" entre l'Iran et les Etats-Unis, a assuré M. Sharif dans un coup de fil au président iranien Massoud Pezeshkian, selon un message diffusé sur X.
- Riposte à la "piraterie" américaine -
Le trafic maritime reste lui à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, soumis à un double blocus iranien et américain.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont affirmé samedi que le contrôle du détroit constituait la "stratégie définitive" de Téhéran dans son conflit avec les Etats-Unis.
Le commandement des forces armées iraniennes a pour sa part menacé les Etats-Unis d'une réponse militaire, en cas de poursuite du blocus américain des ports iraniens, dénonçant des actes de "piraterie".
Entre-temps, l'aéroport international de Téhéran a rouvert samedi, a annoncé la télévision iranienne d'Etat, avec de premiers départs notamment vers Médine, Mascate et Istanbul.
Mais le président Pezeshkian a appelé la population à économiser l'électricité, avertissant que, s'il n'y avait pas de pénurie pour l'instant, les Etats-Unis et Israël cherchaient à semer le "mécontentement" parmi les Iraniens.
"Nous n'avons pas besoin que les gens se sacrifient pour le moment, mais nous devons maîtriser la consommation. Au lieu de dix lumières, deux suffisent dans une maison. Qu'y a-t-il de mal à cela?", a-t-il ajouté.
- Six morts au Liban -
Sur le front libanais, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à l'armée de frapper "avec force" le Hezbollah pro-iranien, à la suite de ce que l'armée a qualifié de série de violations du cessez-le-feu.
La trêve entre Israël et le Hezbollah, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par le président américain après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est à rude épreuve.
Le ministère libanais de la Santé a fait état de six personnes tuées par des frappes israéliennes dans le sud du Liban.
Près de 2.500 personnes ont été tuées au Liban par des attaques israéliennes depuis que le mouvement chiite a rouvert les hostilités avec Israël le 2 mars, selon les autorités libanaises.
burx-bar/eml
R.Kloeti--VB