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Présidentielle au Pérou: la droite en tête dans un scrutin prolongé après des défaillances
Présidentielle au Pérou: la droite en tête dans un scrutin prolongé après des défaillances / Photo: © AFP

Présidentielle au Pérou: la droite en tête dans un scrutin prolongé après des défaillances

La présidentielle se poursuit lundi au Pérou, après des défaillances logistiques qui ont empêché des dizaines de milliers d'électeurs de voter la veille, des résultats partiels plaçant Keiko Fujimori en tête en vue d'un second tour, dans une tendance favorable aux conservateurs.

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Selon plus de la moitié des suffrages dépouillés, la candidate de droite recueille près de 17%, contre environ 15% pour l'ancien maire ultraconservateur de Lima, Rafael Lopez Aliaga.

Le candidat social-démocrate Jorge Nieto suit avec près de 13%, dans ce scrutin serré opposant un nombre record de 35 candidats. Des millions de votes restent toutefois à dépouiller, et plusieurs candidats pourraient encore créer la surprise.

L'élection se tient dans un climat d'insécurité croissante et de profonde défiance envers la classe politique, avec huit présidents depuis 2016 dont la moitié ont été destitués par le Parlement.

Keiko Fujimori, fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori (1990-2000) âgée de 50 ans, a salué tôt lundi une victoire sur l'"ennemi" de gauche, alors que les premiers décomptes la plaçaient déjà en position d'accéder au second tour.

La prolongation du vote devrait être sans effet sur sa première place dans les résultats du premier tour, en vue du second prévu le 7 juin.

Plus de 27 millions d'électeurs avaient été appelés aux urnes dimanche pour élire président et parlementaires lors de ce vote obligatoire, qui marque le retour d'un Parlement bicaméral pour la première fois depuis 1990.

Des problèmes dans l'acheminement du matériel électoral ont perturbé le scrutin, contraignant les autorités à le prolonger sur une deuxième journée.

La police péruvienne a annoncé lundi sur X l'arrestation d'un responsable de l'Office national des processus électoraux (ONPE), accusé "d'omission, de refus ou de retard dans l'exercice de ses fonctions".

Mécontents et découragés, les électeurs empêchés de voter ont été appelés à se présenter à partir de 07H00 locales (12H00 GMT) dans treize bureaux de vote de la capitale, mais ces derniers ont ouvert en retard.

"Je fais la queue depuis 06H00 et je dois aller travailler", s'est plainte auprès de l'AFP Cenaida Ramos, 62 ans, dans un bureau de vote du district de San Juan de Miraflores.

"Les autorités sont tellement incompétentes", a dénoncé Nancy Gomez, 56 ans, alors que des électeurs excédés faisaient la queue sur tout un pâté de maisons.

La journée de dimanche avait déjà été marquée par de longues files d'électeurs à cran devant des bureaux de vote fermés.

- "Rétablir l'ordre" -

La police et des enquêteurs s'étaient rendus dimanche dans les locaux de l'ONPE pour enquêter sur ces dysfonctionnements. Des investigations sont aussi menées auprès d'un sous-traitant chargé de livrer le matériel électoral.

Des accusations de fraude ont été lancées, immédiatement rejetées par l'ONPE. "Il n'y a aucune possibilité de fraude", a déclaré son chef Piero Corvetto.

En toile de fond de ce scrutin inédit figure la question de l'insécurité, principale préoccupation des Péruviens.

Les homicides ont plus que doublé depuis 2018, atteignant environ 2.600 par an, tandis que les plaintes pour racket ont été multipliées par huit, selon des chiffres de la police.

Face à cette insécurité, les candidats ont rivalisé de propositions radicales, allant de la construction de prisons dans la jungle à des primes pour les policiers tuant des criminels ou au rétablissement de la peine de mort.

Keiko Fujimori, candidate pour la quatrième fois, s'est engagée dans un entretien à l'AFP à "rétablir l'ordre" dès ses 100 premiers jours, promettant d'expulser les migrants en situation illégale. Comme d'autres candidats, elle associe l'immigration irrégulière à la montée de la criminalité.

Rafael Lopez Aliaga, qui incarne une droite radicale imprégnée de conservatisme religieux, promet lui aussi une ligne dure avec des expulsions.

"A chaque élection, ils promettent et promettent encore, mais ne tiennent pas leurs engagements comme ils le devraient", soupire Carmen Garcia, une commerçante de 63 ans à Lima.

Un duel avec Rafael Lopez Aliaga "constituerait un scénario inédit", dans la mesure où Mme Fujimori affronterait pour la première fois quelqu'un à sa droite, ce qui pourrait jouer en sa faveur, note auprès de l'AFP le politologue Carlos Melendez.

L'actuel président de gauche par intérim, José Maria Balcazar, ne pouvait pas se présenter. Son successeur doit être investi le 28 juillet.

S.Leonhard--VB