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Russes, Ukrainiens et Américains se retrouvent à Genève pour discuter d'une fin de la guerre
Les négociateurs russes, ukrainiens et américains ont entamé mardi à Genève une nouvelle session de pourparlers destinée à trouver une issue à quatre ans de combats en Ukraine, visée pendant la nuit par des frappes russes massives sur des sites énergétiques.
Les trois délégations ont commencé les discussions à huis clos en début d'après-midi à l'hôtel InterContinental de Genève, ont annoncé le chef des négociateurs de Kiev et une source au sein de l'équipe russe.
"Les questions sécuritaires et humanitaires sont à l'ordre du jour", a indiqué l'ex-ministre ukrainien de la Défense Roustem Oumerov, disant travailler de "manière constructive" et "sans attentes excessives".
Interrogé sur les discussions à Genève, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué qu'il "ne faut pas s'attendre à des nouvelles aujourd'hui, car il est prévu que le travail se poursuive demain".
Les parties travaillent sur la base du plan américain dévoilé il y a plusieurs mois, qui prévoit notamment des concessions territoriales de la part de l'Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales.
Les négociations bloquent toutefois sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine : Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu'elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, avait prévenu que "les questions" restant à régler étaient "vastes" et que "personne ne se risquera à prédire" l'issue des discussions.
Il a répété que Moscou voulait obtenir non pas une simple pause dans les hostilités mais un accord "durable".
- "Autant de dégâts que possible" -
Quelques heures avant le début des entretiens à Genève, la Russie a mené de nouvelles frappes massives sur l'Ukraine, tirant 396 drones et 29 missiles au cours de la nuit, dont respectivement 367 et 25 ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.
"Il s'agissait d'une frappe combinée, délibérément calculée pour causer autant de dégâts que possible à notre secteur énergétique", a dénoncé le président Volodymyr Zelensky, évoquant le "mépris de la Russie pour les efforts de paix".
Selon lui, douze régions ont été visées dans cette attaque qui a fait neuf blessés et laissé "des dizaines de milliers de personnes" sans eau ni chauffage à Odessa, grand port situé dans le sud de l'Ukraine.
Pour faire pression sur Kiev, sur fond de négociations sous médiation américaine, la Russie multiplie depuis des semaines les frappes dévastatrices sur les infrastructures ukrainiennes, provoquant des coupures d'électricité, d'eau et de chauffage en plein hiver.
Une frappe de drone russe a par ailleurs tué mardi matin trois employés d'une centrale électrique à Sloviansk, dans l'est de l'Ukraine, ont annoncé les autorités.
Le ministère russe de la Défense a affirmé de son côté avoir intercepté plus de 150 drones ukrainiens au cours de la nuit, ciblant essentiellement la région de la mer Noire, la Crimée et la mer d'Azov.
Sur le terrain, l'armée ukrainienne a réalisé la semaine dernière de rares avancées grâce à des contre-attaques réussies, reprenant 201 km2 aux forces russes, d'après une analyse AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), basé aux Etats-Unis.
- "Exigences politiques" -
Les discussions de Genève font suite à deux sessions de pourparlers menés ces dernières semaines à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, qui n'avaient pas débouché sur de grandes avancées.
Le président américain Donald Trump, à l'origine des tractations, fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique du conflit déclenché par l'invasion russe de l'Ukraine, en février 2022.
"L'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement", a répété lundi soir le président américain, après avoir appelé la semaine dernière son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à "se bouger", assurant que la Russie voulait "conclure un accord".
Volodymyr Zelensky a de son côté mis en doute à de multiples reprises la volonté du Kremlin de négocier, tout en disant espérer des discussions "substantielles". Il a reproché aux Américains de "revenir trop souvent sur la question des concessions" demandées à Kiev.
Samedi, en marge de la Conférence sur la Sécurité de Munich, M. Zelensky a de nouveau écarté la possibilité de céder des territoires à la Russie, qui occupe mi-février 19,5% du territoire ukrainien.
Selon la politologue Tatiana Stanovaïa, le choix de l'historien nationaliste Vladimir Medinski pour mener la délégation russe à Genève montre le "retour des exigences politiques au centre des discussions".
Lors de précédentes négociations en Turquie en 2022, la Russie avait notamment réclamé une réduction de la taille de l'armée ukrainienne et un engagement de Kiev à ne pas intégrer l'Otan, alliance occidentale perçue par Moscou comme une menace existentielle.
R.Kloeti--VB