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Présidentielle ivoirienne: Laurent Gbagbo dénonce un "coup d'Etat civil" et "un braquage électoral"
A trois jours de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, désormais opposant et dont la candidature a été rejetée, a qualifié mercredi le scrutin de "coup d'Etat civil", exprimant son "soutien" à ceux qui "manifestent contre ce braquage électoral".
Alors que le président sortant Alassane Ouattara (au pouvoir depuis 2011) est le grand favori, le climat politique s'est tendu ces dernières semaines en Côte d'Ivoire.
L'opposition dénonce l'exclusion du scrutin de ses deux principaux leaders, M. Gbagbo et Tidjane Thiam, ainsi que la candidature à un quatrième mandat du président Alassane Ouattara, 83 ans, au pouvoir depuis 2011.
Dans une interview au média panafricain AFO Media, M. Gbagbo, 80 ans, a affirmé son "soutien" à ceux qui "manifestent contre ce braquage électoral".
Le PPA-CI de M. Gbagbo et le PDCI de Tidjane Thiam ont appelé à des manifestations que le pouvoir a interdites, arguant de risques de troubles à l'ordre public.
Mercredi, Laurent Gbagbo a toutefois précisé qu'il n'appelait pas ses partisans à "descendre dans la rue". Aucun cadre d'opposition n'a été vu dans des manifestations ces derniers jours.
- "Je n'accepte pas ça" -
"On a écarté ma candidature, de même qu'on a écarté la candidature de Tidjane Thiam. Ceux qui peuvent gagner ces élections ont été écartés. Je n'accepte pas ça", a-t-il souligné.
Sa candidature et celle de M. Thiam ont été rejetées par le Conseil constitutionnel, en raison de leur radiation de la liste électorale.
M. Gbagbo en est absent pour une condamnation pénale liée à la crise post-électorale de 2010-2011 et M. Thiam pour des questions de nationalité.
Au total, quatre personnes sont mortes depuis mi-octobre en marge de manifestations ou de blocages, dont un gendarme, tué dans une embuscade dans le sud.
La dernière victime en date, un homme de 46 ans a reçu une "pierre à la tête" en aidant des gendarmes à démanteler des barricades érigées sur la voie publique, près de la capitale politique Yamoussoukro, selon le Procureur de Toumodi (centre).
Des mouvements de protestations sont sporadiquement observés depuis quelques jours dans certaines localités du pays, notamment dans le sud et l'ouest, mais aussi dans le centre à Yamoussoukro, des zones où l'opposition était historiquement forte.
Plus de 700 personnes ont été arrêtées dans le pays, certaines pour des actes assimilables à des "actes de terrorisme", selon le procureur Oumar Braman Koné, et au moins une soixantaine condamnées à trois ans de prison ferme pour troubles à l'ordre public.
Si MM. Gbagbo et Thiam sont exclus par la justice du scrutin, quatre candidats défient le président Ouattara au 1er tour samedi.
Il s'agit de l'ex-ministre du Commerce Jean-Louis Billon, dissident du PDCI; deux anciens compagnons de route de Laurent Gbagbo en rupture avec lui, son ex-épouse Simone Ehivet Gbagbo et l'ex-ministre Ahoua Don Mello ; et enfin Henriette Lagou, déjà candidate en 2015.
Mercredi, Laurent Gbagbo a par ailleurs affirmé qu'il ne soutiendrait aucun candidat à l'élection. "On ne soutient personne. Et on ne soutient même pas la dynamique électorale", a-t-il lancé.
Il a évoqué également son avenir politique en affirmant qu'après les législatives de décembre, il "ne sera plus candidat à la direction" de son parti.
"Je vais prendre mon temps pour moi-même et pour ma petite famille. Enfin, je vais vivre un peu, écrire. Il y a des moments où il faut arrêter certaines choses", a-t-il dit.
"Je n'irai pas à la retraite, mais je m'interdirai d'occuper des fonctions politiques, aussi bien à l'intérieur de mon parti (...) qu'à l'extérieur", a-t-il ajouté.
R.Kloeti--VB