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Sarkozy protégé en prison "eu égard aux menaces qui pèsent sur lui", explique Nuñez
L'ancien président Nicolas Sarkozy, incarcéré depuis mardi à la prison de la Santé, est accompagné par deux officiers de sécurité "eu égard à son statut et aux menaces qui pèsent sur lui", a expliqué mercredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
L'ancien chef de l'Etat bénéficie en temps normal "d'un dispositif de protection eu égard à son statut et aux menaces qui pèsent sur lui" et "ce dispositif a effectivement été maintenu en détention", a indiqué Laurent Nuñez sur CNews/Europe 1.
Deux officiers de sécurité ont été installés à la prison de la Santé, dans la cellule voisine à celle de Nicolas Sarkozy au quartier d'isolement.
Ce dispositif restera en place "tant que nous le jugerons utile", a indiqué le ministre de l'Intérieur.
Nicolas Sarkozy, 70 ans, a été condamné le 25 septembre pour association de malfaiteurs dans le procès libyen à cinq ans de prison, une détention inédite dans l'histoire de la République. Il a fait appel de cette décision.
"C'est évidemment un citoyen comme les autres mais il y a des menaces un peu plus importantes qui pèsent sur l'ancien président de la République qu'est Nicolas Sarkozy. La décision a été prise et donc elle a été appliquée immédiatement", a précisé M. Nuñez.
Salué par les vivats de ses supporters quand il a quitté son domicile de l'ouest parisien vers 09H15 mardi matin, l'ancien président est arrivé une vingtaine de minutes plus tard à la Santé.
Trois Français sur quatre estiment que l'ancien président est "un justiciable comme un autre, qui ne doit pas être traité différemment des autres personnes condamnées", selon un sondage RTL-Toluna Harris Interactive publié mercredi matin.
Un chiffre qui tombe à 52% chez les sympathisants des Républicains, ajoute le sondage.
Nicolas Sarkozy devrait rester "un minimum de trois semaines ou d'un mois" en prison, avait indiqué mardi son avocat Christophe Ingrain devant les portes de la prison parisienne. La cour d'appel de Paris a deux mois pour statuer sur la demande de mise en liberté déposée après l'incarcération.
Reçu par le président Emmanuel Macron vendredi dernier à l'Elysée, l'ex-chef de l'Etat pourrait aussi recevoir la visite en prison du ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
Des visites désapprouvées par "une majorité de Français", tout comme le rassemblement de soutien qui s'est tenu mardi matin devant le domicile de Nicolas Sarkozy, d'après le sondage RTL-Toluna Harris Interactive.
Ils sont ainsi 53% à désapprouver ce rassemblement, et 57% la visite annoncée de Gérald Darmanin, selon cette enquête réalisée en ligne mardi auprès d'un échantillon de 1.025 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
Le garde des Sceaux avait déclaré lundi qu'il irait "voir en prison" Nicolas Sarkozy, assurant qu'en tant que ministre de la Justice il pouvait "aller voir n'importe quelle prison et n'importe quel détenu".
Ce projet a été désapprouvé par le plus haut parquetier de France, le procureur général près la Cour de cassation Rémi Heitz, qui y a vu un risque "d'atteinte à l'indépendance des magistrats".
T.Ziegler--VB