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Trump rencontre des chefs démocrates à la veille d'une paralysie de l'Etat fédéral
Donald Trump reçoit lundi à la Maison Blanche les principaux responsables républicains et démocrates du Congrès américain, au moment où les négociations entre les deux camps sont au point mort avant la paralysie mardi soir de l'Etat fédéral.
A minuit dans la nuit de mardi à mercredi, sans adoption d'un texte budgétaire même temporaire, les Etats-Unis se trouveront en situation de "shutdown", avec pour conséquence la mise à l'arrêt de la plupart des services fédéraux.
Des centaines de milliers de fonctionnaires seront alors au chômage technique, le trafic aérien pourrait être affecté, tandis que le versement de nombreuses aides sociales devrait être fortement perturbé.
Une situation très impopulaire donc, que démocrates comme républicains tentent traditionnellement d'éviter tout en rejetant la responsabilité sur le camp rival. D'autant plus dans la perspective des élections législatives de mi-mandat en novembre 2026, lors de laquelle la majorité présidentielle au Congrès sera remise en question.
A moins de 48 heures de la date limite, chacun campe cependant dans ses retranchements.
D'un côté, les républicains proposent une extension du budget actuel jusque fin novembre. De l'autre, les démocrates veulent obtenir le rétablissement de centaines de milliards de dollars en dépenses de santé, notamment dans le programme d'assurance santé "Obamacare" pour les ménages des classes populaires, que l'administration Trump a prévu de supprimer avec sa "grande et belle loi" budgétaire adoptée en juillet.
- "De bonne foi" -
Si les républicains disposent de la majorité aux deux chambres du Congrès, le règlement du Sénat fait qu'un texte budgétaire devra être adopté à 60 voix sur 100, nécessitant donc sept voix démocrates.
Le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a assuré dimanche à la chaîne Fox News que Donald Trump était "ouvert à la discussion" et voulait "agir de bonne foi", avant la rencontre à la Maison Blanche à laquelle il participera, aux côtés du chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, et des responsables démocrates Chuck Schumer et Hakeem Jeffries.
Pour Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, cette rencontre n'est qu'une "première étape", évoquant sur NBC News dimanche le besoin d'une "négociation sérieuse".
Son homologue à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a lui déclaré vouloir trouver "un terrain d'entente" qui réponde "réellement aux besoins des Américains sur la santé, la sécurité, et le bien-être économique".
"J'espère que nous éviterons le +shutdown+", a-t-il déclaré à ABC News.
Rien n'est moins sûr, la Maison Blanche semblant ne pas vouloir céder un pouce de terrain à l'opposition.
"Tout ceci est de la faute des démocrates. Ils nous ont demandé de faire des choses déraisonnables", avait pesté Donald Trump la semaine dernière.
- "Politicard malfaisant" -
Pour tenter de faire plier les démocrates, son directeur du Bureau du budget à la Maison Blanche, Russell Vought, a aussi brandi la menace de rendre permanente la réduction des effectifs de fonctionnaires qui seraient mis au chômage technique lors du "shutdown".
Si le Congrès adopte un projet de loi budgétaire avant la date limite, "les étapes supplémentaires décrites dans cet e-mail ne seront pas nécessaires", indique le mémo de l'OMB, dont l'AFP a obtenu une copie.
Hakeem Jeffries avait dans la foulée qualifié Russell Vought de "politicard malfaisant" et déclaré sur X: "Nous ne nous laisserons pas intimider".
En mars, alors que la menace d'un "shutdown" planait déjà, les républicains avaient refusé d'engager le dialogue sur les énormes coupes budgétaires et le licenciement de milliers de fonctionnaires.
Dix sénateurs démocrates, dont Chuck Schumer, avaient alors décidé à contrecoeur de voter pour le texte des républicains, afin d'éviter la paralysie fédérale.
Leur choix avait provoqué de vifs remous dans le camp démocrate, de nombreux militants et sympathisants les accusant de plier face à Donald Trump et son programme jugé radical.
Cette fois-ci, le sénateur septuagénaire semble bien décidé à engager la confrontation avec le président républicain.
J.Marty--VB