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Starmer promet d'"affronter" l'extrême droite au Royaume-Uni, avant un congrès travailliste à haut risque
Les travaillistes britanniques commencent à se réunir dimanche à Liverpool pour un congrès annuel à haut risque pour le Premier ministre Keir Starmer, de plus en plus contesté dans son camp, qui tentera de convaincre qu'il est capable de mener le "combat" contre l'extrême droite.
Quinze mois seulement après son arrivée au pouvoir, le chef du gouvernement accumule les déboires. L'économie est au ralenti, le chômage à son plus haut en quatre ans, l'immigration illégale bat des records, l'inflation reste plus élevée qu'ailleurs en Europe.
En parallèle, la formation d'extrême droite de Nigel Farage, Reform UK, poursuit son ascension dans les sondages, capitalisant sur le rejet de l'immigration d'une partie des Britanniques.
"Nous avons devant nous le combat de notre vie, nous devons affronter Reform, nous devons les battre", a martelé M. Starmer dimanche dans une interview à la BBC.
"Ils veulent déchirer ce pays", a-t-il ajouté, jugeant "raciste" et "immoral" leur projet projet d'obliger les migrants non-européens régularisés à refaire une demande à des conditions plus strictes.
Le Premier ministre, qui s'exprimera mardi au congrès de Liverpool (nord de l'Angleterre), entend présenter les prochaines législatives, prévues en 2029, comme un choix entre le "renouveau patriotique" qu'il défend et la "division toxique" prônée par Reform UK.
Mais certains s'interrogent sur le fait de savoir si Keir Starmer parviendra à rester à Downing Street au-delà des prochains mois.
Ces dernières semaines, le dirigeant a fait face à la démission de sa vice-Première ministre, Angela Rayner, emportée par une erreur fiscale, au départ de plusieurs conseillers de Downing Street, et au limogeage de son ambassadeur aux Etats-Unis, Peter Mandelson, rattrapé par ses liens avec le délinquant sexuel et financier américain Jeffrey Epstein.
Dans ce contexte, le congrès sera l'occasion pour les militants "d'exprimer leur mécontentement à l'égard de Keir Starmer", dit à l'AFP Steven Fielding, professeur de sciences politiques.
"Il a le parti et le pays contre lui", ajoute-t-il, alors que le peu charismatique locataire de Downing Street n'a que 27% d'opinions favorables, selon l'institut YouGov.
Certes, M. Starmer a enregistré des succès incontestables à l'international, comme la bonne relation qu'il a pu développer avec Donald Trump, la coordination de l'effort européen de soutien à l'Ukraine, et le rapprochement avec l'Union européenne (UE).
Samedi, sa ministre des Finances Rachel Reeves a plaidé dans le Times en faveur d'un accord "ambitieux" avec l'UE permettant la mobilité des jeunes travailleurs après le Brexit.
- Renverser la situation -
Mais au niveau national, le bilan de M. Starmer est moins glorieux.
Sa réforme des aides sociales au printemps, finalement avortée après une fronde dans son parti, et le gel des aides au chauffage pour les retraités ont alimenté la colère des Britanniques et de l'aile gauche du Labour.
Et en matière d'immigration, la politique et le discours de fermeté du travailliste ne semblent pas convaincre les Britanniques, et "mettent mal à l'aise" beaucoup de membres du Labour, souligne Steven Fielding.
L'intervention de M. Starmer mardi "ne sera pas le discours de la dernière chance" mais "un moment crucial" pour "exposer clairement sa vision de l'avenir", juge Patrick Diamond, professeur en sciences politiques à l'Université Queen Mary de Londres.
Déjà, les spéculations vont bon train sur les ambitions du maire du Grand Manchester, Andy Burnham, pour reprendre le parti en main.
Ce dernier a appelé M. Starmer à adopter une ligne plus à gauche, et affirmé avoir reçu des appels du pied de députés pour se porter candidat à la direction du parti.
Le Premier ministre ne semble pas menacé dans l'immédiat, fort de sa puissante majorité et des règles en vigueur au sein du Labour qui rendent difficile un éventuel remplacement.
"Il a encore le temps de renverser la situation", estime à l'AFP Patrick Diamond. Au moins jusqu'aux prochaines élections locales, prévues en mai 2026.
Mais ce sera encore plus compliqué si les membres du Labour élisent en octobre comme numéro 2 du parti la députée Lucy Powell, tout juste évincée du gouvernement.
Elle est candidate contre la ministre de l'Education Bridget Phillipson, réputée proche du Premier ministre, et une défaire de cette dernière pourrait être vue "comme un vote de défiance contre Keir Starmer", prévient M. Fielding.
K.Hofmann--VB